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Publié le par Florian Rouanet
n°3724 du 30 septembre 2026 (Papier)
Editorial
Antisémitisme : Bardella dans la tempête !
JORDAN Bardella est dans la tempête. Le 28 septembre, à moins d’un mois du congrès à Orléans du Rassemblement national qui doit le réélire pour trois ans à la présidence du mouvement, le sémillant trentenaire que Marine Le Pen a choisi comme Premier ministre si elle accédait à l’Elysée en mai 2027, doit faire face à des révélations — vraies ou fausses, l’avenir le dira — de Mediapart selon lesquelles le jeune homme, alors âgé de 17 ans, aurait tenu des propos jugés violemment antisémites ce qui, dans le monde actuel, est le pire des crimes, la pire des infamies. Le media fondé par Edwy Plenel dit s’appuyer sur des « dizaines de conversations écrites », authentifiées « de manière indépendante » et débutant à l’été 2013. Selon le média d’investigation (ou plutôt de délation) en ligne, Jordan Bardella écrit notamment dans une conversation : « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. » Il affirmerait, par ailleurs, que « toutes les banques sont détenues par des juifs » et que les ministères « les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts Français », en ciblant trois ministres du quinquennat de François Hollande : Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls. Il dirait aussi toute sa sympathie pour Alain Soral qui ne ferait que dire la vérité sur le pouvoir juif.
Il n’en fallait pas davantage pour que la classe politique réclamât la démission toutes affaires cessantes du coupable. Et bien que le juvénile président (en sursis ?) du Rassemblement national ait dénoncé des « faux grossiers » et une « opération de barbouzerie » et chargé son avocat de porter plainte contre Mediapart — « C’est une dinguerie », a réagi, pour sa part, Marine Le Pen. « Ça paraît tellement dingue que ça ne peut être qu’un faux, qu’une manip, qu’une barbouzerie », a-t-elle encore estimé —, il se retrouve dans une situation très délicate. Lui qui était pourtant allé à Jérusalem en mars 2025 pour participer à une conférence contre l’antisémitisme organisée par le gouvernement israélien, s’incliner piteusement au mémorial de la Shoah et faire allégeance au criminel de guerre Netanyahu. Sans surprise le président du CRIF, Yonathan Arfi, a dégainé parmi les premiers : « C’est une illustration des limites de la dédiabolisation du Rassemblement national. Je suis comme chacun stupéfait par la violence des propos antisémites attribués à Jordan Bardella, que même la jeunesse ne saurait évidemment expliquer ». La LICRA de Mario Stasi n’a pas tardé non plus à réagir : « Le socle idéologique du RN n’a pas changé », ce parti « n’a jamais fait partie de l’arc républicain et n’en fera jamais partie » tranche la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. Le ministre chargé de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, heureuse de faire oublier la polémique dans laquelle elle est engluée depuis qu’elle a déclaré sur CNews que parler de grand remplacement n’est pas en soi raciste, a estimé que « ces écrits, s’ils sont avérés, sont d’une immense gravité. Leur nature antisémite et complotiste rappelle, à ceux qui voudraient l’oublier, la nature profonde de l’extrême droite. » Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui devrait pourtant avoir d’autres priorités, surtout en ce moment, a lui aussi fait la leçon : « À tous ceux qui auraient la mémoire courte : l’antisémitisme n’est pas un accident de parcours pour le RN, c’est l’histoire de ce parti ».LA GAUCHE n’est évidemment pas en reste : Mélenchon, soulagé de voir que, pour un temps, l’accusation d’antisémitisme concerne un autre politicien que lui, a condamné “formellement” des considérations qui « relèvent du complotisme et de l’antisémitisme le plus absurde ». Il faudrait toutefois démontrer en quoi c’est absurde, il ne suffit pas de le dire. Quant au communiste Fabien Roussel, il assène péremptoirement : « Les enfants spirituels de Le Pen ne changeront jamais. Depuis le FN, fondé par des Waffen-SS, jusqu’au RN d’aujourd’hui, ils resteront les mêmes : antisémites, racistes, complotistes ». Un député écologiste des Hauts-de-Seine, Sabrina Sebaihi, bien que les supposés propos incriminés datent de 2013, et qu’ils soient donc prescrits, et de surcroît privés, annonce saisir le Parquet, au titre de l’article 40, de faits « susceptibles de recevoir une qualification pénale en raison de leur caractère antisémite », et notamment de propos allégués « prêtant aux personnes juives une volonté de domination politique, financière et internationale ». Enfin, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a ironisé à sa manière : « On comprend mieux aujourd’hui pourquoi Bardella a pu dire que Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite ». De fait, Marine Le Pen, en excluant en 2015 son père du parti qu’il a fondé et dirigé pendant près de quarante ans et en s’alignant inconditionnellement sur l’Etat d’Israël au point de justifier la politique d’anéantissement des Palestiniens, pensait s’être débarrassée définitivement de la tunique de Nessus de l’antisémitisme. Patatras ! Tout est à refaire ! Le jeune homme qu’elle a choisi et imposé à la tête du Rassemblement national et qu’elle a déjà désigné comme chef de son futur gouvernement a tenu, semble-t-il, des propos encore plus sulfureux et radicaux que Jean-Marie Le Pen sur ce que l’on appelait autrefois la question juive.
Car Mediapart a beau être un media partial, gauchiste et délateur tout à fait détestable, en général les informations qu’il donne sont relativement sérieuses et étayées, comme on l’avait vu notamment sur ses révélations concernant le financement libyen de la campagne présidentielle de Sarkozy ou l’affaire Cahuzac, d’autant que ce media bénéficie de rapports de police et de précieux informateurs dans les rouages de l’Etat et des partis. Dans le cas de Bardella, il semblerait d’ailleurs que ce soient d’anciens proches du président du RN qui l’aient “balancé”, sans doute par basse vengeance, en faisant ces révélations explosives à Mediapart. Il est donc tout à fait plausible (quoique non formellement prouvé à ce stade) que Bardella, surtout âgé de 17 ans et dans le cadre de conversations privées, ait pu tenir des propos de ce type, très courants, reconnaissons-le, dans l’ancien Front national tant chez les cadres intermédiaires que chez les militants de base. Reste que si Mediapart peut apporter à ces révélations des preuves irréfutables, ce serait une déflagration politique de grande ampleur à quelques mois de la présidentielle, qui serait peut-être de nature à rebattre les cartes sur le plan électoral tant la question juive est taboue et tant l’accusation d’antisémitisme sous nos latitudes conduit inexorablement à un isolement total voire à une mort sociale et politique.
MALGRÉ son indéniable succès aux sénatoriales du 26 septembre — pour la première fois de son histoire le RN aura un groupe au Sénat avec ses alliés ciottistes (15 sénateurs en tout) grâce à ses excellents résultats aux municipales du printemps dernier — et les sondages qui promettent actuellement à Marine Le Pen une nette victoire au second tour de la présidentielle, quelles que soient les configurations, le Rassemblement national est encore loin d’avoir décroché la timbale. Avant même ce “scandale” Bardella, c’était un autre dirigeant du RN, Jean-Philippe Tanguy, qui était attaqué par la gauche, pour avoir déclaré lors d’une réunion publique il y a quelques jours que « le travail rend libre ». Une formule inscrite au-dessus du portail d’Auschwitz ! Il n’en fallait pas davantage pour que la mécanique de la diabolisation se remît en route malgré les professions de foi anti-national-socialistes de Tanguy et le fait qu’il ait publiquement présenté ses excuses aux personnes blessées par ses propos.
Le terrorisme intellectuel ne s’exerce toutefois pas uniquement contre les dirigeants du Rassemblement national. Martine Vassal, la candidate LR à la mairie de Marseille, avait été violemment attaquée, on s’en souvient, au printemps dernier pour avoir repris, sans y avoir prêté attention, la devise de l’Etat français « Travail Famille Patrie » lors d’un débat télévisé entre candidats. La polémique l’avait totalement tétanisée et avait précipité sa déconfiture électorale qui avait certes aussi d’autres causes. Ségolène Royal a également été attaquée ces derniers jours par le lobby juif et par ses deux concurrents communautaires piqués au vif, Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann, pour avoir encouragé, lors d’un débat télévisé entre candidats à la primaire socialiste, « des voix juives et israéliennes » à se faire entendre contre le génocide à Gaza. Que n’avait-elle dit là ? Elle essentialisait les Juifs, les forçait à se prononcer sur la politique de Netanyahu. C’était honteux, inadmissible, inacceptable. En réalité, ce qui lui était reproché, c’était de dénoncer les horreurs quotidiennes commises en Palestine occupée car, comme nous l’avons souvent écrit, au nom d’un génocide qu’on n’a pas le droit de contester se commet un génocide qu’on n’a pas le droit de dénoncer ni de faire cesser.
En revanche, dans leur monde, il est parfaitement licite et moral de poursuivre un vieillard de 105 ans — oui, 105 ans ! —. Soupçonné d’avoir été gardien au Stalag 326 entre 1941 et 1945, ce centenaire allemand est aujourd’hui visé par une enquête du parquet de Dortmund ainsi qu’on l’apprenait le 27 septembre. Simple conscrit et non officier SS, il peut désormais être jugé pour complicité de meurtre du fait de l’évolution de la jurisprudence allemande. Quelle infamie ! En revanche Netanyahu et ses sbires, eux, sont toujours en liberté et continuent leurs crimes de masse en toute impunité. Non, décidément, leur justice n’est pas la nôtre ! Leur monde n’est pas le nôtre !A PROPOS de Thémis, votre serviteur a été condamné le mardi 22 septembre par la XVIIe chambre du tribunal judiciaire de Paris à six mois de prison ferme à exécuter sous bracelet électronique pour avoir publié dans RIVAROL en 2024 et 2025 trois articles de Vincent Reynouard, lui-même condamné à 8 mois ferme sans aménagement de peine ab initio. Par ailleurs, nous sommes condamnés à verser la coquette somme de 9200 euros de dommages et intérêts et de remboursement de frais d’avocats aux quatre associations parties civiles habituelles : la LICRA, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, l’Organisation juive européenne et l’Observatoire juif de France.
Mais à part ça bien sûr la coterie juive n’a aucun pouvoir, aucune existence, aucune influence, aucune réalité. C’est une invention des antisémites. Et les propos prêtés à Bardella n’ont non plus aucun sens. Le lobby juif, la puissance juive, la domination juive, ça n’existe pas. Ça ne se discute même pas. Comme le dit le vieux dicton : t’as qu’à croire, Grégoire !RIVAROL,<jeromebourbon@yahoo.fr>.


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