• L’imposture du quiétisme prophétique : coup double sur Adrien Abauzit et abbé Rolland (pour la revue Cana & Unam Sanctam)



    Quand les marchands d’orviétan de la théologie au rabais qualifient d’apostasie la recherche des voies catholiques pour le rétablissement du Souverain Pontificat

  • L’impasse sédé-miraculeuse miraculée

    ⁂ 𝔄rène du droit canonique et de la Sainte Église

    Triste spectacle, 𝔬̂ lecteur, que celui que nous donnent à contempler ces docteurs d’aventure et ces clercs froids qui, depuis leurs estrades virtuelles, prétendent régenter l’avenir de l’Église universelle, en tentant d’arrêter sa marche de piété.

    Il ne se passe désormais plus un seul jour sans qu’un orateur en mal de notoriété ne vienne expliquer aux fidèles déboussolés que vouloir sortir de la crise de l’autorité par les moyens que la Sainte Église a elle-même prévus relèverait du crime de lèse-majesté divine. Nous assistons au triomphe d’un défaitisme savamment entretenu, où la résignation est érigée en vertu théologale et où le mépris du droit public ecclésiastique tient lieu de (soi-disant) profondeur doctrinale.

    Synthèse liminaire :

    🎯 Considérer l’impuissance organisée comme un devoir chrétien relève d’un aveuglement criminel ; l’Église militante ne saurait abdiquer sa mission d’élection au profit de chimères apparitionnistes. 📌 Concile général imparfait – Quiétisme – Adrien Abauzit – Abbé Rolland – Apparitionnisme – Revue Cana – Églises en désolation

    Résumé global : À l’heure où les ruines de la cité catholique s’amoncellent sous le martèlement continu des hérésies modernistes, une singulière paralysie s’empare des volontés de ceux-là mêmes qui se pavanent en défenseurs de la Tradition. Sous prétexte de préserver la pureté du dogme, des orateurs de tréteau et des théologiens de circonstance s’évertuent à condamner toute tentative à visée canonique et voulant pourvoir au Siège vacatif. Mettant sur le même plan les extravagances des sectes illuminées et l’action légitime des évêques fidèles, ils accusent sans vergogne d’apostasie quiconque ose rappeler les voies traditionnelles de la suppléance et de l’urgence écclésiale.

    En vérité, cette posture dissimule mal un quiétisme honteux et un prophétisme de bazar. Préférant abandonner la restauration du Souverain Pontificat à des spéculations kabbalistiques ou à des attentes divinatoires d’alchimiste foldingue, ces esprits chagrins fabriquent une théologie paralytique et post-guérardienne qui condamnerait le troupeau du Christ à une passivité perpétuelle. Face à ces dérivations d’inspiration para-palmarienne et à ces arguties de cuistres, il devient impérieux de réaffirmer la seule voie méthodique et rationnelle léguée par la grande scolastique : la tenue d’un Concile général imparfait.

    Rien de l’actualité entourant la controverse sur le Concile Général Imparfait — qu’il s’agisse de ses fondements ou des objections formulées par ses contradicteurs — ne doit échapper à notre analyse.
    La rigueur théorique est la condition préalable à toute restauration.

    Pas l’un pour rattraper l’autre : l’un laïc accuse de faire perdre la foi, l’autre ensoutané dit que c’est là l’envoyé du Diable !

    Lefebvrisme : « Reconnaître et résister »
    Guérardisme : « Ne pas reconnaître mais dépendre »
    Totalisme autocéphal : « Pas bouger ! ».
    -> Les trois doctrines modernes débouchent sur un « pas bouger » in fine.

    📽️ Documentation audiovisuelle

    Humour.MOV

    « Le CGI pour élire le pape », abbé Rolland, Groupe Saint-Antoine (MP3)

    𝔏exique martial

    Afin d’armer l’intelligence du lecteur face aux sophismes ambiants, nous extrayons de notre arsenal terminologique les trois pièces fondamentales que voici :

    « QUIÉTISME », masculin, Domaine : Doctrine spirituelle. Doctrine mystique enseignant que la perfection chrétienne consiste dans une passivité absolue de l’âme et dans l’anéantissement de la volonté propre, conduisant à l’inertie spirituelle et morale. — CNRTL

    « APPARITIONNISME », masculin, Domaine : Sociologie religieuse / Droit canon. Tendance désordonnée à faire dépendre la foi, la discipline ou la conduite des affaires ecclésiastiques de visions, révélations privées ou manifestations prétendument extraordinaires, au détriment de la Révélation close et du droit écrit. — CNRTL

    « Repli armoricain », repli (militaire, religieux, stratégique ou symbolique) dans / vers la région armoricaine (Bretagne et Ouest de la France)

    ᛟ 𝔄ncienne école

    Écoutons ce que nous enseignent les autorités éprouvées des siècles de foi, dont la sagesse sévère dissipe les brumes des docteurs improvisés :

    Homélie de Mgr Roy – 14 janvier 2026 – Ce qu’est un concile général imparfait – LCREM

    Ce concile général imparfait de l’Église, qu’est-ce que c’est ? C’est un rassemblement général de tous ceux qui ont gardé la foi catholique. Un rassemblement général de tous ceux qui ont gardé la foi catholique. Cela nécessitera, comme je vous le dis, cela nécessitera une intervention divine. Cela nécessitera, que Dieu nous réunisse, évidemment. Mais cela nécessitera d’abord que les évêques et les prêtres catholiques commencent à parler de cela, commencent à mentionner cela et commencent à dire aux gens que oui, en effet, une solution peut être trouvée.

    La solution peut être trouvée et elle n’est pas à attendre des modernistes, et ce n’est pas non plus la pratique de l’Église d’attendre une intervention divine directe.

    Monseigneur Vigano a écrit quelque chose à l’occasion de Noël, et dans cet écrit, il a dit que l’un des objectifs des mondialistes, l’un des objectifs des ennemis de Dieu, est de nous faire croire qu’aucune solution ne peut être trouvée à nos problèmes. Que ce soit au niveau de l’État, que ce soit au niveau de l’Église, que ce soit au niveau du monde en général, leur intention est de nous amener dans la situation où nous perdrons tout espoir, tout espoir humain, et où nous n’aurons plus aucune volonté de marcher dans la bonne direction.

    Je ne suis pas en charge de l’État. Je ne suis pas non plus en charge de l’Église dans son ensemble. Mais en tant qu’évêque catholique, et j’ai été surpris au cours des derniers mois — cela se passait évidemment en arrière-plan depuis de nombreux mois — j’ai été surpris en discutant avec divers membres du clergé de voir avec quelle facilité le clergé arrivait également à cette conclusion. Mais cela a été pendant de nombreuses années une question taboue, quelque chose dont vous n’êtes pas autorisé à parler. Vous savez, dès que vous mentionnez que la solution pourrait venir du rassemblement de tous ceux qui ont gardé la vraie foi, tous ceux qui ont été fidèles à la foi catholique, vous devenez, quelqu’un qui veut élire un type dans son garage, et vous savez, on se moque de vous, on vous ridiculise.

    Mais ce que nous savons par les théologiens du passé, ce que nous savons, c’est que oui, en effet, si toute l’Église, ou au moins l’unité morale, un grand rassemblement de clergé dans le monde se réunissait, considérait la situation de l’Église et disait : nous sommes en situation de vacance du Siège de Pierre, nous devons faire quelque chose à ce sujet, eh bien, cette assemblée serait légitime. Cette assemblée serait, rassemblée dans le Saint-Esprit.

    Σ 𝔓lan d’attaque

    Sommaire
    Ⅰ. 🧭 De la calomnie d’apostasie au défaitisme des prétendus docteurs
    Ⅱ. ⚔️ Le quiétisme de Molinos habillé de prophétisme et de cabale chiffrée
    Ⅲ. 🛡️ L’illusion para-palmarienne et le repli armoricain
    Ⅳ. ⚜️ L’impératif canonique du Concile général imparfait et la riposte doctrinale


    Des divagations arithmétiques de Me Abauzit à la résignation des clercs congelés

    Ⅰ. 🧭 De la calomnie d’apostasie au défaitisme des prétendus docteurs

    Il nous fallut repaître notre esprit de bien d’amères lectures pour mesurer l’étendue de la confusion qui règne chez nos contemporains. Un essayiste péremptoire, prompt à distribuer les excommunications morales du haut de son piédestal numérique, s’en vint récemment qualifier d’apostasie le simple désir de voir l’Église militante pourvoir à la vacance du Siège apostolique.
    Par un amalgame grossier qui trahit une méconnaissance crasse des traités théologiques, l’intervenant tenta d’assimiler les démarches rigoureuses fondées sur le droit public ecclésiastique aux dérives ridicules de sectes « conclavistes » du siècle dernier. Que l’on osât proposer l’application des sentences de Cajetan ou de Bellarmin, et voilà que le tribun vous étiquetait sur-le-champ parmi les apostats.

    Cette manœuvre d’intimidation ne manque point de piquant lorsque l’on observe la discrétion prudente des organismes de presse qui l’hébergent.
    Si la plateforme Catholiques de France crut bon d’offrir une tribune à cet orateur, elle se garda bien de patronner publiquement la diffusion de ses logogriphes, abandonnant l’entreprise aux seules éditions L’Estocade. On comprend aisément ce recul : accuser de défection de la foi ceux qui étudient la légitimité d’un Concile général imparfait relevait de la calomnie la plus caractérisée. L’Église n’a jamais enseigné que la passivité fût une marque d’orthodoxie, ni que le constat d’une crise d’autorité dût paralyser à jamais l’exercice de la l’Autorité du dernier reste, du troupeau fidèle, de ses évêques.

    Ⅱ. ⚔️ Le quiétisme de Molinos habillé de prophétisme et de cabale chiffrée

    En analysant la posture de ces contradicteurs, on découvre vite la matrice commune qui rassemble les tenants des théories les plus divergentes. D’un côté, les partisans d’une attente indéfinie espèrent la conversion spontanée d’un occupant d’appareil qu’ils reconnaissent pourtant comme hérétique ; de l’autre, des clercs glaciaux prétendent que Dieu interviendra directement, par un coup de majesté céleste, sans qu’aucun intermédiaire humain, visible, ni aucune structure hiérarchique ne soient requis.
    Dans un cas comme dans l’autre, nous retrouvons la marque indélébile du quiétisme de Molinos : l’anéantissement de la volonté, le refus de l’action apostolique, et l’abandon de l’ordre ecclésiastique aux modernistes, sous couvert de piété résignée.

    C’est ainsi que nous entendîmes un ecclésiastique, ici l’abbé Xavier Rolland, se livrer dans des enregistrements confidentiels à de singulières vaticinations chronologiques. Promenant ses auditeurs dans les méandres d’une arithmétique divinatoire, il laissa entendre que soixante-dix années d’épreuve, comptées depuis le décès du pape Pie XII en 1958, nous mèneraient inéluctablement à l’année 2028 pour la résolution du mystère d’iniquité
    De telles formules rappellent fâcheusement les sermons d’un célèbre rabbin cabaliste annonçant la venue de son messie à date fixe !!! Avant de repousser l’échéance d’une décennie une fois l’an fatidique écoulé évidemment. Cette manie d’assujettir le gouvernement de l’Église à des supputations de calendrier constitue une insulte à la droite raison et à la théologie dogmatique.

    Quand Nostradamus enfile une soutane et s’inscrit au RSA !

    Ⅲ. 🛡️ L’illusion para-palmarienne et le repli armoricain

    À mesure que s’effondrent leurs constructions théoriques, ces marchands d’orviétan glissent inexorablement vers une mystique de bazar que l’on ne saurait qualifier autrement que de para-palmarienne – cela fut un mysticisme papal et appartitionniste également. À les entendre, un archange viendra du ciel désigner nommément le nouveau pape, ou bien une apparition providentielle dictera l’élection en contournant toutes les lois statutaires de la Sainte Église. Cette théologie de la facilité transforme le mystère de l’Église en un conte d’enfants, voisin des illuminations de Palmar de Troya. Il est navrant de voir des esprits qui se piquent de rigueur historique sombrer dans ces fadaises pour éviter d’avoir à affronter le labeur d’Autorité et de reconstruction.

    Le ridicule atteint son paroxysme lorsque ces théories sont colportées dans des conférences tenues en terre bretonne, notamment du côté de Rennes. Il ne manque pas de saveur de voir ces prophètes de salon s’imaginer qu’un sursaut spirituel miraculeux émergera spontanément d’une province qui vote aujourd’hui massivement pour la gauche libertaire et la technocratie contemporaine.
    Croire que le salut de la chrétienté viendra de rêveries mystiques données dans des contrées en pleine déchéance spirituelle relève de l’hallucination grave. L’histoire ecclésiastique ne s’est jamais faite avec des songes, mais avec la doctrine, le sang des martyrs et le droit des Conciles.

    Ⅳ. ⚜️ L’impératif canonique du Concile général imparfait et la riposte doctrinale

    Devant ce déferlement de sornettes, il est impératif pour les catholiques conscients de leurs devoirs de maintenir la ligne du droit public de l’Église. Le Concile général imparfait n’est ni une invention moderniste, ni une tentative de coup d’État spirituel, mais le moyen légitime et traditionnel prévu par les théologiens contre-révolutionnaires pour remédier à la vacance prolongée du Siège romain. Que cela plaise ou non aux rhétoriciens en mal de public, la convocation d’un tel concile par les évêques possédant la foi intégrale demeure la seule voie organique pour restituer à la catholicité son chef visible.

    C’est précisément cette rigueur que nous retrouvons dans les publications les plus sérieuses de notre temps. Nous saluons à ce titre le travail remarquable accompli par la revue Cana, dont le premier numéro traite avec une clarté décapante de ces enjeux vitaux, notamment à travers la réponse de Mgr Rodrigo da Silva aux objections paralytiques et l’analyse sans concession des dangers de l’apparitionnisme par Charles Verne. Rien de ce qui touche à l’actualité du Concile général imparfait et aux attaques de ses détracteurs ne doit échapper à la vigilance de nos réseaux.
    Les pages et dossiers produits par Unam Sanctam constituent à ce sujet un arsenal doctrinal indispensable pour balayer les sophismes des faux docteurs.

    📄 Nota Bene : La position d’Intégralisme Organique demeure strictement ancrée dans la tradition thomiste et le droit public ecclésiastique : nulle solution miraculeuse ne saurait dispenser l’Église de l’usage de sa raison et de sa foi.

    ☩ ℭoup de grâce

    Le coup de timbre retentit et renvoie définitivement au vestiaire ces pugilistes de salon qui préféraient les charmes empoisonnés de la passivité aux exigences de la lutte ecclésiastique.

    Mr. AA

    En qualifiant d’apostasie la recherche ardente d’une issue catholique, Adrien Abauzit et ses émetteurs ont signé leur propre faillite intellectuelle, révélant au grand jour la nature quiétiste de leur engagement. L’Église n’a que faire de ces prophètes de malheur qui calculent les dates de la fin des temps sur leur boulier tout en contemplant l’effondrement des autels d’un œil satisfait.

    C’est assez faux, grave, calomnieux, d’utiliser des mots comme apostasie pour qualifier l’idée que tout catholique désire voir un pape légitime, et qu’il soit criminel et apostat de croire que l’Église militante peut et doit s’en préoccuper. Il s’agit juste de suivre le mode opératoire de l’Église pour sortir de cette crise de l’autorité. Ça prendra le temps qu’il faudra, mais tôt ou tard le CGI aura lieu, si Dieu veut.
    De l’autre côté, il faudrait attendre la conversion au catholicisme du pape matériel / formel, mais suspect d’hérésie ou hérétique


    Abbé 95D, ex Grossin

    Que les bavards continuent de débiter leur galimatias en ces cercles restreints ; les catholiques de bon aloi sauront où trouver la vérité des principes. La restauration de l’ordre chrétien ne passera ni par des apparitions sur mesure, ni par des sommations arithmétiques, mais par le rétablissement implacable du droit et de la doctrine. Le fouet de la critique a parlé : qu’ils se taisent ou qu’ils apprennent enfin leur catéchisme et leur ecclésiologie.

    Pour l’abbé Rolland les pro-Cassiciacum ça n’est pas bien, mais les « conclavistes » c’est quand même pire !

    À savoir

    • Le droit public ecclésiastique prévoit le recours au Concile général imparfait lorsque le collège cardinalice est éteint ou incapacité.
    • L’attente d’une intervention divine directe hors des structures canoniques relève de la dérive quiétiste et de l’apparitionnisme.
    • La revue Cana et les travaux d’Unam Sanctam fournissent les rédactions doctrinales indispensables face aux calomnies anti-conclaviaires.

    📚 Pour approfondir

    🥊 𝔑𝔬𝔰 𝔞𝔯𝔱𝔦𝔠𝔩𝔢𝔰 𝔡𝔢 𝔩𝔞 𝔖𝔱𝔯𝔞ß𝔢

    • Revue Cana, N°1 (Juillet 2026) : Gédéon – Dieu ne s’appuie pas sur le nombre, [https://cana-international.org/].

    • Unam Sanctam : Dossier documentaire et canonique sur la suppléance ecclésiastique, [https://www.unam-sanctam.org].

    • Les 2 premières vidéos d’Adrien ABAUZIT sur le sujet : 16 janvier 2023 : https://youtu.be/1XQxl_Rab-c?t=1848 & 28 janvier 2026 : https://m.youtube.com/watch?v=nti8IY_Abdc&pp=ygULQ29uY2xhdmlzbWU%3D
    • Réponse de Brice Michel de LCREM à l’abbé Rolland *

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    *Réponse de Brice Michel de la CREM à l’abbé Xavier Rolland, ex Grossin.

    C’est intéressant. Je remarque que l’argumentaire de l’abbé Rolland a évolué depuis la dernière fois, en réalité.
    Au début de la vidéo (sans doute la meilleure partie de la vidéo) l’abbé Rolland se contente de faire des remarques qui sont pertinentes d’ailleurs. Il a raison à mon sens de critiquer l’argument du Père Jacques selon lequel Pierre était à Antioche avant Rome car en effet ce n’est pas le bon argument. Comme l’abbé Rolland le rappelle justement, le pape doit toujours être l’évêque de Rome, ce qui n’empêche pas qu’il réside ou soit élu ailleurs qu’à Rome. Par ailleurs, il a raison de rappeler qu’un laïc peut être élu pape. En effet, le Père Jacques aurait sans doute dû être plus clair en précisant qu’une fois qu’un pape élu ne peut pas rester laïc et doit être consacré évêque. Là où l’abbé Rolland va un peu trop loin c’est de prêter de mauvaises intentions au Père Jacques quand il dit cela. Cela nous enseigne qu’il faut faire très attention quand on défend la solution du concile général imparfait. La moindre imprécision conforte les personnes hostiles à cette solution dans l’idée que les gens qui portent cette solution ne sont pas sérieux, ne sont pas formés, « ne connaissent pas le droit canon » comme le dit l’abbé Rolland etc…
    Sur le fond, le gros de l’argumentation de l’abbé Rolland reste le même, et consiste à dire que c’est une « tentation sous apparence de bien ». Cependant, alors qu’à l’époque il disait que le concile général imparfait était « une théorie nouvelle » ou que les évêques non una cum n’aveint aucune juridiction, je remarque qu’à aucun moment dans son exposé, cette fois-ci, il n’a attaqué la solution du CGI sur le plan des principes. Non seulement, il ne l’attaque pas mais il souligne à plusieurs reprises que les arguments exposés sur Unam Sanctam pour défendre cette position lui semblent valides :
    « Il y a beaucoup de choses avec lesquelles je suis d’accord. Précisons déjà par rapport à l’association Unam Sanctam qu’il y a un site internet qui a produit des études théologiques qui sont intéressantes. C’est pour ça qu’il faut faire le discernement, c’est pas tout jeter à la poubelle…Il ne faut pas dire ces gens-là sont dingues, ils ne racontent que des bêtises… non, non. Ils ne racontent pas que des bêtises, ils racontent des choses très intéressantes, c’est ça le piège. »
    Plus loin il dit même que les arguments sont « pertinents » :
    « Ces arguments sont des arguments pertinents, chocs, intéressants qui pourront effectivement être utiles le jour où Notre Seigneur décidera effectivement de remettre un pape à la tête de son Eglise ».
    Mais à aucun moment l’abbé Rolland ne parle du fond et des arguments exposés sur Unam Sanctam. On aimerait pourtant qu’il nous dise les arguments qu’il a trouvés intéressants et qu’il formule ses objections, ce serait intéressant. Mais, non, en fait l’abbé Rolland ne va jamais réellement sur le terrain doctrinal, il lit tout sous le prisme de sa théorie explicative : c’est le diable qui a suscité ça pour diviser les catholiques. « Cette manœuvre vient du démon ! »
    Ensuite, il y a un long passage sur la question de savoir quels seront les évêques qui peuvent être invités. C’est un aveu en réalité. Etant donné que l’abbé Rolland ne dit à aucun moment que le CGI est contraire aux principes de l’Eglise et qu’il commence à discuter de qui peut y participer, c’est qu’il en valide donc le principe, sinon il n’évoquerait même pas les aspects pratiques. Dont acte. Au passage il met le doigt sur une question délicate, en effet, de la mise en pratique d’un CGI : faut-il vérifier la validité des ordres des évêques avant de commencer à organiser ce concile ou non ? Ce qui pose également la question de la validité des rites du Novus Ordo etc..

    Le problème, c’est qu’au lieu de rester que la discussion canonique ou théologique, l’abbé Rolland glisse alors sur le terrain de la théorie politique et balaie la question d’un revers de main en disant : c’est le fonctionnement des « groupes réducteurs ». Par principe, il affirme donc que les personnes à l’initiative du projet sont mal intentionnées. C’est toujours la même chose, il ne distingue pas la question théorique des aspects pratiques. C’est forcément la Franc-maçonnerie qui est derrière tout ça.
    En fait, au fur et à mesure la vidéo tourne très largement au règlement de compte avec le Père Jacques. Il y a un mélange des genres entre la discussion théologique (enfin il n’y a que dans le premier tiers de la vidéo que l’abbé Rolland se maintient sur le plan théologique) et le procès à charge contre le Père Jacques.
    Ce qu’on attendrait de l’abbé Rolland c’est qu’il distingue les deux aspects.
    En réalité, dans la partie finale, si on fait bien attention, l’abbé Rolland valide intégralement la proposition du concile général imparfait : « Est-ce que la Sainte Vierge a donné l’ordre de faire ce concile général, si c’est le cas, ALORS TRÈS BIEN, effectivement le miracle pourrait jouer, sauf que la Sainte Vierge n’a rien dit du tout, elle n’a pas donné d’ordre, c’est eux-mêmes qui prennent de leurs propres initiatives de prêtres et d’évêques le soin de faire ce concile, mais on ne leur a rien demandé, personne ne leur a rien demandé. »
    Cela revient à dire que le principe est bon mais que ce n’est pas le moment.
    Mais, en fait, dans son exposé, l’abbé Rolland ignore totalement le point principal qui est développé par le Père Jacques, à savoir ce principe selon lequel l’Eglise en raison de sa nature de société parfaite a TOUJOURS les moyens de se doter d’un pape et PEUT toujours le faire quelle que soit la situation. Ce qu’il ne comprend pas, ou ne veut pas comprendre, c’est que c’est la constitution divine de l’Eglise, et la doctrine de l’Eglise qui exige que la hiérarchie actuelle puisse et doive agir pour avancer vers l’élection d’un pape. Il n’y pas de signe particulier du Ciel à attendre. Ce n’est pas une question « d’impatience » de l’apparition de la part des conclavistes, c’est une question de conformité avec les principes et la doctrine.
    Ou alors, faudrait-il , selon l’abbé Rolland, que l’Eglise, même dans les situations régulières, attende que Dieu ait donné le feu vert ? Pour le coup c’est une nouveauté, c’est une « nouvelle théologie » qui soumet l’action des autorités de l’Eglise à une apparition providentielle. Mais qui sera le juge de l’authenticité de cette apparition ? « Nous, ce que nous disons, nous dit l’abbé Rolland, c’est qu’il faut attendre la désignation par Jésus-Christ, Saint Pierre et Saint Paul, de manière publique, manifeste, miraculeuse de celui qui sera choisi par le Ciel pour être le pape. »

    En vertu de quelle autorité l’abbé Rolland décide-il « QU’IL FAUT ATTENDRE », alors que la doctrine catholique n’enseigne rien de tel, bien au contraire, puisque selon la doctrine catholique, le siège étant vacant l’Eglise doit travailler à élire un pape. C’est écrit noir sur blanc dans les constitutions qui régissent la période de vacance du siège.
    D’ailleurs, comme l’abbé Rolland l’admet lui-même, « certes, il faudra bien que les évêques non una cum valides de cette terre participent à l’acceptation, valident ce choix de Jésus-Christ, c’est évident. L’Eglise de la terre doit entériner le choix de Jésus-Christ, de Saint Paul et de Saint Pierre. »
    Mais alors si cela relève, de manière générale, de l’autorité des évêques, pourquoi l’abbé Rolland en décide-t-il autrement que ces évêques qui ont commencé à se réunir ?
    Et pourquoi devrions nous attendre ? Parce qu’il y a eu une révélation privée en ce sens (Canori Mora, E. Taigi) nous dit l’abbé Rolland. On sait très bien que l’Eglise est toujours très prudente sur le sens à donner à des révélations privées. On ne peut pas se fonder uniquement sur des révélations privées pour aborder la crise de l’Eglise, surtout si c’est au mépris des principes fondamentaux.
    Au final tout repose donc non pas sur l’autorité des évêques ou la constitution divine de l’Eglise ou la doctrine mais sur l’interprétation personnelle que fait l’abbé Rolland de ces prophéties privées.


    Pourquoi l’Église convoque-t-elle des conciles ? Les Sièges vacants ipso facto et les conciles généraux parfaits et imparfaits

    Le sociabilisme “NUC” guérardien : pourquoi cette thèse est étrangère à la Tradition catholique

    Lefebvro-guérardisme contre conclavisme ? – Adrien Abauzit