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Publié le par Florian Rouanet
J-L Mélenchon mais avec une Croix gammée ?
Inégale et irréconciliée !⁂ 𝔄rène des dossiers que l’on tait
Avouons, 𝔬̂ lecteur, qu’à Intégralisme Organique nous sommes si intégralistes que seuls nous pouvons traiter pareil sujet : ailleurs on le tait par pudeur, ou on le braille par sectarisme. On connaît la réussite électorale d’un Édouard Drumont à Alger ; on connaît le passé houleux de la Palestine, de nos jours « État israélien » : de l’eau a coulé sous le pont.
Reste le dossier que chacun ferme à double tour, celui des Arabes et des Maghrébins qui, de 1940 à 1944, se mirent au service du Reich.L’étude de Stefano Fabei, Les Arabes de France sous le drapeau du Reich (Ars Magna Éditions, mars 2005), en dresse le catalogue : comités, journaux, chefs et auxiliaires qui, de Paris à Berlin, voulurent rallier les sujets arabes de la France à la cause de l’Axe. Nous la suivons pas à pas, à l’historienne, sans autocensure et sans « sermon laïcard », en trois manches : les postes de France, ceux d’Allemagne, puis le reste du monde arabe – trois affaires qu’on confond trop.
Enfin, cela fera écho au moins partiel aux cavaliers marocains de Franco lors de la guerre d’Espagne.
P.-S. Au passage défileront des noms « pas très gaulois » : notre Éric « Zemmourix » intérieur est prié de rester assis, mais d’ouvrir l’œil !
- 🎯 Qui tait l’histoire la laisse aux marchands de sensations
- 📌 Fabei – Ars Magna – Paris – Berlin – Er-Rachid – Légion nord-africaine – Mufti – panarabisme – Kifahi
🎙️ 𝔄ntenna
La Brigade nord-africaine de la « Gestapo »

📽️ Documentation audiovisuelle
Aucune vidéo de référence n’a pu être vérifiée pour ce dossier ; l’ouvrage de Stefano Fabei en tient lieu.
☧ 𝔏exique martial
Trois mots-balises, relevés dans le Trésor de la langue française informatisé (CNRTL), pour baliser le terrain avant d’y poser le pied :
« COLLABORATION », féminin, Histoire (« En France sous l’occupation allemande ») : « Politique de coopération avec l’ennemi. » – Trésor de la langue française informatisé (CNRTL), article « collaboration ».
« PANARABISME », masculin, Politique : « Mouvement de renouveau religieux, ayant son origine dans le panislamisme et tendant à l’union politique de tous les pays arabes. » – Trésor de la langue française informatisé (CNRTL), article « panarabisme ».
« PANISLAMISME », masculin, Politique : « Mouvement politico-religieux qui, en réaction contre l’impérialisme européen, cherche à unir tous les Musulmans en une seule nation islamique. » – Trésor de la langue française informatisé (CNRTL), article « panislamisme ».
ᛟ 𝔄ncienne école
Pour jauger l’enrôlement de peuples entiers sous le drapeau d’une puissance étrangère, la voix du Pape Pie XII, dans l’encyclique Summi Pontificatus (20 octobre 1939), version française publiée sur le site du Saint-Siège :
« Si l’on excepte la Tunisie, jusqu’en mai 1943, la seule communauté arabe avec laquelle le Reich fut en contact immédiat fut celle de France. Les relations entre les Allemands et les nombreux maghrébins résidant dans l’Hexagone furent sereines et cela permit le développement d’une collaboration politique et militaire.A partir de 1941, les Allemands publièrent une revue illustrée en français et en arabe, al-Dunya-al-Jadida, par l’intermédiaire de laquelle ils diffusèrent leur programme politique. Une autre revue, Lisan al-‘Asr, s’adressa à la dizaine de milliers de soldats maghrébins internés dans les camps de prisonniers. En plus de cela, à Paris, le bureau chargé de la propagande arabe, le Werbestelle für Araber, s’occupa de la publication de plusieurs opuscules de propagande.De nombreux arabes étaient affiliés aux partis fascistes français et ils étaient disposés, de ce fait, à collaborer à la cause de l’Axe et de l’Allemagne. Pour d’autres, membres des mouvements indépendantistes du Maghreb, le Troisième Reich apparaissait comme le garant de la future liberté arabe hors du joug colonial français.Cette brochure raconte l’histoire de ces militants maghrébins, de leurs initiatives courageuses et de leurs espoirs déçus. »– Stefano Fabei, LES ARABES DE FRANCE SOUS LE DRAPEAU DU REICH
« Et les nations en se développant et en se différenciant selon les diverses conditions de vie et de culture, ne sont pas destinées à mettre en pièces l’unité du genre humain, mais à l’enrichir et à l’embellir par la communication de leurs qualités particulières et par l’échange réciproque des biens […] »
– Pie XII, Summi Pontificatus (20 octobre 1939).Σ 𝔓lan d’attaque
Trois manches, trois terrains : les postes de France, ceux d’Allemagne, puis les horizons du monde arabe.
Du boulevard Lauriston aux salons de la Wilhelmstrasse : revue d’effectif
Ⅰ. 🧭 Les postes de France : Paris, ses comités et ses plumes
Avant l’Occupation, il y avait déjà à Paris des « Arabes de France » : ouvriers, étudiants, publicistes, et un parti pour les encadrer. Messali Hadj avait fondé l’Étoile nord-africaine, devenue Parti du peuple algérien, dissous à la veille de la guerre. Sous le Reich, rapporte le relevé tiré de Fabei, les débris de cette mouvance se partagèrent entre divers comités : le Comité d’action révolutionnaire nord-africain (CARNA), où l’on croise Rashid Amara, Sherif Bellamin, Mohammed Talebi ou Musa Belkerua (tous purs celtes par assimilation républicaine !) ; le Centre de propagande arabe, dit « Comité Yasin », au 118 de l’avenue des Champs-Élysées, du nom de ‘Abd al-Rahman Yasin, vieux militant du PPA ; et le Comité musulman de l’Afrique du Nord.
Figure de proue de cette cohorte : Mohammed al-Ma’adi, fils d’un caïd de Tlemcen, ancien officier français passé par la Cagoule et le Mouvement social révolutionnaire, directeur de la revue Er-Rachid, puis chef de la Légion nord-africaine. Brochant sur le tout, la Brigade nord-africaine, dite aussi « SS Mohammed » (mdr !) : constituée le 28 janvier 1944 sous le patronage de Helmut Knochen, elle comptait quelque trois cents hommes, sous la coupe d’Henri Lafont, de la Gestapo française de la rue Lauriston, et de son adjoint Pierre Bonny.
Autour de ces chefs, une petite administration de la propagande : Radio Paris-Mondial, avec ses sections algérienne, kabyle et marocaine ; Er-Rachid ; Lisan al-‘Asr, pour les prisonniers de guerre maghrébins ; al-Dunya al-Jadida, publication illustrée diffusée par l’occupant dès 1941. Côté français, deux partis ouvrirent leur porte : le PPF de Doriot, où siégea Fudil Si Larabi, ancien de l’Étoile, et le RNP de Marcel Déat, doté d’un comité nord-africain ; côté plumes, L’Atelier de Félicien Challaye et Les Nouveaux Temps de Jean Luchaire. Côté allemand, le bureau de recrutement et de propagande arabe de Paris, la Werbestelle für Araber, et les services de l’Abwehr, du capitaine Wilhelm Radecke, et du SD, de Hermann Bickler.
Toujours pas très gaulois tout ça, lol ! Belqasem Radjeff, Mohammed Igherbouchène, Djillali ben Thami…, etc. Mode Zemmour activé, ayons le calendrier des prénoms en main !
L’ironie, pourtant, s’arrête où commence l’Histoire : ces hommes étaient des sujets bien plus que des citoyens, et la République qui les tenait ainsi pouvait-elle s’étonner de les voir prêter l’oreille à d’autres sirènes ? Tous n’y laissèrent point que des plumes : Mohammed Bouras, président des Scouts musulmans d’Algérie, fut fusillé pour espionnage militaire au profit de l’Allemagne. Quant aux pétainistes, à ce que l’on rapporte, ils y mirent – parfois sinon souvent – plus de froideur que d’empressement.
Ⅱ. ⚔️ Les postes d’Allemagne : Berlin, le Mufti et la Wilhelmstrasse
Il sied de ne point confondre. À Paris, quelques centaines de militants, sujets de la France ; à Berlin, la diplomatie d’État. L’ambassadeur Otto Abetz règne sur l’ambassade de Paris ; à la Wilhelmstrasse, le ministère des Affaires étrangères aligne Fritz Grobba, délégué aux affaires arabes, l’ambassadeur Prüfer, responsable des Affaires arabes, et le sous-secrétaire d’État Ernst Woermann. Grobba projetait même un Comité pour les affaires nord-africaines.
Côté arabe, le Bureau du Maghreb, où siégeait Habib Thameur, du Néo-Destour tunisien, et divers comités berlinois : Comité de défense du Maghreb arabe, Comité des réfugiés politiques de l’Afrique du Nord, Comité pour la défense de la Tunisie. Mais la grande figure, c’est Amin al-Husayni, Grand Mufti de Jérusalem : en fuite d’Irak en mai 1941, passé par l’Italie, à Berlin en novembre, reçu par Hitler le 28 novembre 1941. Le Führer, rappelle le Musée mémorial de l’Holocauste des États-Unis, refusa pourtant de faire des déclarations publiques ou de conclure un accord fondé sur les demandes du Mufti de janvier 1941. Son cousin Safwat al-Husayni fut son envoyé à Paris.
La plume n’était point en reste : le relevé cite Kifahi, version arabe de Mein Kampf. Quant à la propagande allemande en direction des prisonniers de guerre musulmans venus de France, l’historien américain Raffael Scheck en a fait l’objet d’un article remarqué. Retenons la leçon d’ensemble : Berlin « courtisa » les Arabes sans doute comme on courtise un levier, sans leur signer d’indépendance, escomptée ou non d’ailleurs.
Ⅲ. 🛡️ Le reste du monde arabe : émirs, princes et mirages d’Orient
Autour du Mufti gravitait toute une constellation. L’émir Shekib Arslan, intellectuel panarabe et diplomate ; l’émir ‘Ali, fils du chérif Hussein de La Mecque et prétendant au trône de Syrie, avec ses frères Fayçal (anti-sionistes d’après guerres, avant que l’Arabie Saoudite ne rallie !), roi d’Irak, et ‘Abdallah, roi de Transjordanie ; Ibn al-Sa’ud, roi d’Arabie ; Fawzi al-Qawuqji, chef militaire nationaliste en relation avec Berlin. Le panarabisme, ce concept politique d’une union de tous les pays arabes, ne se confondait point totalement avec le sort de nos sujets de Paris : l’homme qui rêve de Damas n’est pas celui qui rêve depuis Belleville.
Plus loin encore, l’Italie, où un notable algérien, Si Mohammed Pascià, sollicitait un appui ; et l’Inde, avec Subhas Chandra Bose et sa Légion de l’Inde libre. Le Congrès de Bruxelles de 1927, où l’on croisait Nehru et Nguyen Ai Quoc, avait semé ; Berlin crut récolter. L’ombre de Guillaume II, que le relevé cite en référence historique, rôde sur ces espoirs : l’Orient arabe n’était point une jeune découverte du Reich.
Seul parallèle pour notre temps, et sous toutes réserves, faute de registre sous les yeux : on nous assure de première main que, parmi les commandes reçues par les éditions de Chiré, le titre le plus demandé de France serait Mon combat, du peintre autrichien que l’on sait, et que les noms des commanditaires seraient fréquemment d’origine maghrébine ! Rappelons que Kifahi figure déjà au relevé de Fabei. Si le fait se confirmait, il attesterait une curiosité tenace, et rien de plus : l’Histoire se lit déjà pour comprendre, non forcémment pour s’enrôler.
☩ ℭoup de grâce
Voilà, 𝔬̂ lecteur, la revue d’effectif : une poignée d’Arabes non négligeables et depuis la France se sont ralliés à des comités nationaux-socialistes, certains princes d’Orient, avec des services allemands, et des Français de toutes obédiences pour tenir le haut du pavé. Rien là de risible : de la misère coloniale à de l’opportunité militante, que seul un ordre juste aurait pu soutenir sans se trahir communautairement ni ethniquement.
Gong ultime : qui tait l’histoire la livre aux marchands de sensations ; qui la lit sans autocensure la rend à l’honnête homme.
À Intégralisme Organique, nous avons choisi.À savoir
- L’ouvrage de Stefano Fabei, Les Arabes de France sous le drapeau du Reich, a paru en mars 2005 chez Ars Magna Éditions.
- La Brigade nord-africaine fut constituée le 28 janvier 1944 sous le patronage de Helmut Knochen, avec Henri Lafont à sa tête.
- Le Grand Mufti de Jérusalem fut reçu par le Führer le 28 novembre 1941.
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– La Rédaction pugilistique-lettrée !📚 Pour approfondir
- Stefano Fabei, Les Arabes de France sous le drapeau du Reich, « Les Documents de Ars Magna Éditions », Ars Magna Éditions, mars 2005.
- Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallmann, Croissant fertile et croix gammée : le IIIᵉ Reich, les Arabes et la Palestine, traduit de l’allemand par Barbara Fontaine, Verdier, 2009.
- Raffael Scheck, « Nazi Propaganda toward French Muslim Prisoners of War », Holocaust and Genocide Studies, vol. 26, n° 3, hiver 2012, p. 447-477.
- Pie XII, Summi Pontificatus, 20 octobre 1939.
🥊 𝔑𝔬𝔰 𝔞𝔯𝔱𝔦𝔠𝔩𝔢𝔰 𝔡𝔢 𝔩𝔞 𝔖𝔱𝔯𝔞ß𝔢
- Le malaise catholique de la Milice française en 1944 & autres documentations – Catholique NS
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