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Publié le par Florian Rouanet
⁂ 𝔄rène des deux fléaux
Casseurs ou Marianne, 𝔬̂ lecteur, tel est le couple que l’on nous tend au lendemain des événements du 17 octobre 2026 : choisir entre la vitrine brisée et le képi qui la garde, entre l’émeutier et le ministère de l’Intérieur. Le Mouvement National-Catholique a refusé ce dilemme dans deux publications diffusées sur Telegram le 18 octobre. Nous les reproduisons ci-dessous à l’identique.
Il sied de les lire plume en main. Sur un point, l’ancienne école donne raison au Mouvement : l’émeute n’est point un droit, et la souveraineté du peuple n’est point la source du pouvoir. Sur d’autres, elle tempère : la forme du gouvernement demeure libre, l’ordre « prêt à l’emploi » appelle la circonspection, et le précédent vichyste, passé au crible de l’histoire, n’est point l’écrin que l’on croit.
- 🎯 Ni l’émeute ni l’urne souveraine : l’ordre vient d’en haut, mais ses voies demeurent à discerner 🎯
- 📌 Mouvement National-Catholique – 17 octobre 2026 – émeute – légitimité du pouvoir – Léon XIII – saint Pie X – Vichy
☧ 𝔏exique martial
Trois mots-balises, plantés avant l’assaut, pour que l’on sache de quoi l’on parle :
« DICHOTOMIE », nom féminin : « État de ce qui est coupé en deux. » – Dictionnaire de l’Académie française, 8e édition (1935), article « dichotomie ».
« SÉDITION », nom féminin : « Émeute populaire, révolte, soulèvement contre la puissance établie. » – Dictionnaire de l’Académie française, 7e édition (1878), article « sédition ».
« LÉGITIME », adjectif : « Qui a les conditions, les qualités requises par la loi. » – Dictionnaire de l’Académie française, 8e édition (1935), article « légitime ».
Σ 𝔓lan d’attaque
Trois manches : le texte, l’accord, la réserve.
Sommaire
- Ⅰ. 🧭 Les deux communiqués, sans rature
- Ⅱ. ⚔️ Ce que l’ancienne école accorde au Mouvement
- Ⅲ. 🛡️ Ce qu’elle tempère : forme, mesure et précédent vichyste
Où l’on découvre que ni le casseur ni le scrutin ne sont des oracles
Ⅰ. 🧭 Les deux communiqués, sans rature
Voici, dans l’ordre de leur diffusion, les deux publications du Mouvement National-Catholique sur Telegram, le 18 octobre 2026. Nous les donnons à l’identique ; seuls ont été omis les liens, que remplace une mention entre crochets.

Première publication (09 h 55), accompagnant une affiche intitulée « Ni République ni casseurs – pour une troisième voie nationale-catholique ! », qui oppose, barrées d’une grande croix, une scène de guillotine et un clocher en flammes :
Ni République ni casseurs,
Les deux faces de la même pièce démocratique,
Pour une troisième voie nationale-catholique !Seconde publication (10 h 43) :
Pour une troisième voie nationale-catholique !
Suite aux événements survenus hier dans plusieurs villes du pays, le Mouvement National-Catholique refuse la proposition qui est faite, de choisir entre les casseurs et la République qui serait le parti de l’ordre.
Depuis les premières émeutes de 1789 à ce qui s’est passé hier, la République a toujours été le parti du désordre.
C’est pourquoi, catholiques et Français avant d’être républicains ou quoi que ce soit d’autre, nous rejetons cette fausse dichotomie et appelons de nos vœux l’instauration d’un ordre politique garant de la sérénité, de la sécurité, des libertés et de la joie de vivre du peuple français.
Cet ordre politique ne doit recevoir sa légitimité que des plus hautes valeurs, celles venues d’en haut, notamment le Décalogue et toute la tradition catholique depuis Pierre et Paul, et non pas du suffrage universel direct qui donne à la première crapule venue le même poids électoral et politique que les hommes sensés, réfléchis, responsables et constructifs.
Ce nouvel ordre que nous appelons de nos vœux, il est déjà prêt à l’emploi, cela s’appelle le national-catholicisme. Nous en avons connu les prémices, en temps de guerre hélas, lors la parenthèse de l’Etat français entre la troisième et la quatrième Républiques, il est temps aujourd’hui de refonder l’Etat sur ces Principes vichystes de la Communauté et d’appliquer un authentique programme de renouveau français tel qu’il figure dans les documents du Mouvement National-Catholique !
Ⅱ. ⚔️ Ce que l’ancienne école accorde au Mouvement
Reconnaissons d’emblée ce que le communiqué a de fondé. Il refuse l’alternative entre l’émeute et le pouvoir en place, et sur ce premier point la doctrine antérieure à 1958 ne laisse nulle place au doute. Léon XIII, dans Immortale Dei, déduit des condamnations de ses prédécesseurs que l’origine de la puissance publique s’attribue à Dieu et non à la multitude, et que « le droit à l’émeute répugne à la raison ». Le casseur n’a donc point le magistère pour lui, et l’on se leurre en le dressant en champion du peuple.
Sur la source du pouvoir, le Mouvement s’adosse pareillement à un fonds solide. Le même Léon XIII enseigne que « le pouvoir public ne peut venir que de Dieu ». Saint Pie X, dans Notre charge apostolique, adressée aux évêques de France à propos du Sillon, demande ce que devient l’autorité si le peuple en demeure le détenteur, et répond : « une ombre, un mythe ». Le communiqué n’invente donc rien lorsqu’il dénie au suffrage universel la qualité de source de la légitimité : il reprend, en des termes plus abrupts que ceux des Pontifes, une thèse que le magistère a soutenue contre les doctrines du droit nouveau. Le même Pie X rappelait, au demeurant, qu’« on ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l’a bâtie ».
Reste le vocabulaire. L’expression de « première crapule venue » ressortit à la bonne verve de tréteau plutôt qu’à la langue des encycliques, laquelle distingue soigneusement la source du pouvoir, qui est divine, de la participation du peuple à son exercice, que nous allons voir permise. C’est à cette distinction, plus qu’aux invectives, que tiendra la solidité de la thèse.
Ⅲ. 🛡️ Ce qu’elle tempère : forme, mesure et précédent vichyste
Mais l’ancienne école tempère ce que le communiqué durcit. Léon XIII écrit, dans la même encyclique, que « la souveraineté n’est en soi nécessairement liée à aucune forme politique » : elle s’accommode de formes diverses, pourvu qu’elle serve le bien commun. Il va plus loin : on ne réprouve pas en soi que « le peuple ait sa part plus ou moins grande au gouvernement », chose qui, en certains temps, « peut devenir non seulement un avantage, mais un devoir pour les citoyens ». La doctrine condamne donc la souveraineté populaire comme source du droit ; elle n’interdit point, par elle-même, l’association du peuple au gouvernement. L’écueil serait de confondre les deux.
Dans Au milieu des sollicitudes (16 février 1892), le même Pontife pose que « tous les individus sont tenus d’accepter ces gouvernements » une fois constitués, sans rien tenter pour les renverser ni pour en changer la forme, et il distingue avec netteté le pouvoir de la législation : « La législation diffère à tel point des pouvoirs politiques et de leur forme » que, sous la meilleure forme, elle peut être « détestable ». De là sa consigne aux catholiques de France : combattre la mauvaise législation par « tous les moyens légaux et honnêtes ». La portée de cette ligne est débattue dans les milieux contre-révolutionnaires, mais le lecteur jugera si le programme de refondation de l’État qu’annonce le Mouvement s’y concilie ; il serait malhonnête de la lui passer sous silence.
Quant à l’ordre « prêt à l’emploi », Léon XIII lui-même avertit que « ce n’est pas chose aisée que de déterminer un mode unique et certain » pour réaliser le modèle chrétien de la société, car il faut l’accommoder à des lieux et à des temps très divers. Aucune recette, si séduisante, ne dispense du discernement.
Reste le précédent invoqué. Le communiqué donne pour « prémices » la parenthèse de l’État français et appelle à refonder l’État sur les « Principes vichystes de la Communauté ». Le texte ainsi désigné est celui que le maréchal Pétain fit paraître en 1941 dans le recueil La France nouvelle : Principes de la Communauté (Paris, Fasquelle). L’historien Henry Rousso décrit ce régime comme une « dictature charismatique », tributaire de l’occupation partielle puis totale du pays, qui chercha à imposer un ordre nouveau en rupture avec la République. Jean-Louis Clément, étudiant la réception de ces Principes par l’épiscopat, relève que le chef de l’État consulta les évêques sur le texte, que ceux-ci, en accord avec le Saint-Siège, œuvrèrent pour que le bien commun soit respecté. Le même régime promulgua, le 3 octobre 1940, un statut qui écartait les Juifs de la fonction publique et de diverses professions.
☩ ℭoup de grâce
Au terme des trois manches, le verdict est là. Notre Mouvement a raison de refuser que la République fasse figure de parti de l’ordre et l’émeute de parti du peuple : le magistère le suit sur l’illégitimité de l’émeute et sur l’origine divine du pouvoir. L’ancienne école n’a jamais enseigné qu’il fallût opter entre le désordre et l’ordre de l’adversaire, mais qu’il fallait chercher la Cté telle que Dieu l’a bâtie. Gong ultime, donc, et retour au vestiaire, plume en main.
– La Rédaction pugilistique-lettrée !
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👉 Telegram du MNC - Léon XIII, Immortale Dei, lettre encyclique, 1er novembre 1885.
- Léon XIII, Au milieu des sollicitudes, lettre encyclique aux catholiques de France, 16 février 1892.
- Saint Pie X, Notre charge apostolique, lettre sur le Sillon, 25 août 1910.
- Philippe Pétain, La France nouvelle : Principes de la Communauté. Appels et messages, 17 juin 1940 – 17 juin 1941, Paris, Fasquelle, 1941.
- Henry Rousso, Le régime de Vichy, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? » n° 1720, 2e éd. 2012.
- Jean-Louis Clément, « La hiérarchie catholique et les principes de la révolution nationale », Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 218, 2005/2.
🥊 𝔑𝔬𝔰𝔞𝔯𝔱𝔦𝔠𝔩𝔢𝔰𝔡𝔢𝔩𝔞𝔖𝔱𝔯𝔞ß𝔢

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