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Publié le par Florian Rouanet
📌 Fátima 1982, Juan María Fernández y Krohn, sédition, baïonnette, dérive, Vatican II 🎯
⁂ 𝔄rène du zèle indiscret
Désordre, 𝔬̂ lecteur, que celui qui saisit l’âme déréglée lorsque la passion s’empare des choses du Ciel et s’emporte au jugement privé !
À moins que, activité de l’ombre, cela puisse s’apparenter et faire écho au tyrannicide thomiste : précédent des agissements ont eu lieu dans l’ordre politique avec colonel Jean Bastien-Thiry, lequel fut l’organisateur de l’attentat du Petit-Clamart contre Charles de Gaulle, le 22 août 1962, ou encore la tentative de Maxime Brunerie, le 14 juillet 2002 contre Jacques Chirac.Quiconque scrute les annales troublées du dernier demi-siècle ne saurait contourner cet épisode tragico-burlesque survenu sur la terre consacrée du Portugal, où la piété mariale la plus suave servit de théâtre aux gesticulations d’un prêtre engagé.
Résumé global
En le douzième jour du mois de mai 1982, alors qu’une foule de fidèles s’était rassemblée dans la clairière de la Cova da Iria pour rendre grâce à la Sainte Vierge un an après l’attentat de la place Saint-Pierre, un prêtre d’origine espagnole, Juan María Fernández y Krohn, surgit armé d’une baïonnette de trente-sept centimètres. Poussé par un but précis, cet ecclésiastique entendait frapper à mort Jean-Paul II, qu’il accusait de fomenter la ruine de la chrétienté sous le couvert des réformes de Vatican II.
Arrêté incontinent par la garde avant qu’il ne pût accomplir son dessein — bien qu’il blessât probablement légèrement le « pape polonais » —, le coupable fut promptement livré aux juridictions lusitaniennes. Cet acte fou fut aussitôt désavoué et condamné sans réserve par les autorités d’Écône avec lesquelles le susdit sacerdotal avait déjà rompu tout commerce spirituel, illustrant jusqu’au bout l’exaltation individuelle.

📽️ Documentation audiovisuelle
Σ 𝔓lan d’attaque
Sommaire
Ⅰ. 🧭 L’assaillant : de l’étoffe du lévite à l’exaltation du sectateur
Ⅱ. ⚔️ Ce qui s’est passé à Fátima : le fer et le sanctuaire
Ⅲ. 🛡️ Ses motivations : l’abîme du jugement privé
Chroniques d’une bévue tragique en terre lusitanienne
Ⅰ. 🧭 L’assaillant : de l’étoffe du lévite à l’exaltation du sectateur
Né sous les cieux d’Espagne, Juan María Fernández y Krohn n’était point à son origine un quidam dépourvu d’instruction, loin s’en faut. Avocat de formation, nourri d’études juridiques et économiques, ce jeune homme brillant manifesta de bonne heure une ardeur intellectuelle qui l’orienta vers le service des autels.
En l’année 1978, il reçut le sacrement de l’ordre des mains de Monseigneur Marcel Lefebvre au séminaire d’Écône. Toutefois, la nature de Krohn laissa germer amertume, orgueil, dispute.Récemment ordonné, le jeune prêtre ne tarda point à s’avérer ingouvernable pour ses supérieurs. Estimant la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X bien trop timorée dans ses remontrances à l’endroit de Rome, il se persuada qu’il lui appartenait de trancher de lui-même la question du Siège apostolique. Rompant tout commerce avec Écône, il s’installa dans les parages de Mantes-la-Jolie et commença d’arpenter les routes de France, célébrant des offices davantage clandestins à Pontoise ou à Rouen pour une poignée d’initiés.
Son but ne fut point que théorique ; elle s’extériorisa bientôt par des esclandres publics où l’homme laissa éclater son tempérament bilieux. C’est ainsi qu’on le vit troubler une cérémonie présidée par le moderniste cardinal Lustiger au Sacré-Cœur de Montmartre, puis invectiver le chef du gouvernement espagnol à l’aéroport d’Orly. Ces gesticulations marquaient le basculement d’un esprit habité par des visions apocalyptiques, ajoutant au combat légitime de la foi, le cabotinage exalté.
┌─────────────────────────────────────────┐ │ Juan María Fernández y Krohn │ │ Sacerdote ordonné à Écône (1978) │ └────────────────────┬────────────────────┘ │ [ Rupture privée ] │ ▼ ┌─────────────────────────────────────────┐ │ Errance & gesticulations │ │ (Paris, Pontoise, Rouen - 1980-1982) │ └────────────────────┬────────────────────┘ │ [ Obsession pour Fátima ] │ ▼ ┌─────────────────────────────────────────┐ │ Attentat contre Wojtyla Jean-Paul II │ │ (Fátima - 12 mai 1982) │ └─────────────────────────────────────────┘Ⅱ. ⚔️ Ce qui s’est passé à Fátima : le fer et le sanctuaire
La foule était immense et réunie en ce mois de mai 1982, le Jean-Paul II effectuait un pèlerinage au sanctuaire de Fátima. Il y venait en « rock star pénitente ». Lui qui a échappé, une année auparavant, aux balles tirées par le Turc Ali Ağca sur la place Saint-Pierre.
Au milieu de cette assemblée de priants, Fernández Krohn cheminait, ayant fait l’acquisition à Paris d’une baïonnette de collection longue de trente-sept centimètres, il avait traversé la frontière en train, camouflant l’arme blanche sous ses habits ecclésiastiques. Profitant de la cohue et vêtu de sa soutane, il parvint à s’approcher à portée du « Souverain Pontife matériel » (lol), alors que ce dernier s’avançait au milieu de la multitude.
L’agresseur s’élança, l’arme dressée, en hurlant des imprécations avant de porter un coup vers la personne ciblée. Le zèle furieux fut brisé in extremis par les forces de l’ordre et les pèlerins voisins qui se jetèrent sur l’intéressé pour le maîtriser.
Si le Vatican dissimula sur le moment la gravité de l’impact pour ne point troubler la cérémonie, les témoignages ultérieurs — notamment ceux du « cardinal Stanisław Dziwisz » — confirmèrent que la baïonnette avait bel et bien atteint sa cible, entaillant le corps du polonais et maculant de sang ses vêtements. Néanmoins, « saint Jean-Paul II » avec calme suzerain, poursuivit la liturgie sans rien laisser paraître de sa blessure, tandis que l’assaillant était traîné manu militari dans les geôles lusitaniennes.Ⅲ. 🛡️ Ses motivations : l’abîme du jugement privé
Interrogé par les magistrats puis présenté devant la cour de justice de Leiria, Fernández Krohn étala l’éventail de ses visées doctrinales. À l’entendre, son geste relevait d’une nécessité absolue pour le salut de la Sainte Église. Il s’était persuadé que ledit Pape était un agent du communisme international et un artisan conscient de la destruction de la chrétienté. Il professait sans ombrage un constat sede vacante porté jusqu’au paroxysme de la véhémence physique.
Mais encore, l’esprit du condamné était hanté par l’affaire du troisième secret de Fátima. Convaincu que la Vierge Marie avait explicitement prophétisé la défection du sommet de la hiérarchie et la ruine de la foi lors des réformes dites conciliaires, il accusait ledit Pape d’enfouir la vérité pour poursuivre ses desseins modernistes. C’est ainsi que, par un basculement, le coupable affirmait défendre la vérité de l’Évangile, en enfreignant au moins en apparence le Commandement divin qui interdit le meurtre.
Il va sans dire que la Fraternité Saint-Pie X, par la voix de ses responsables, rejeta catégoriquement l’entreprise criminelle, qualifiant l’acte de pure démence.
Krohn fut abandonné de tous, jugé et condamné par les tribunaux portugais à une peine de six années et demie de prison pour tentative d’homicide, assortie de sept mois supplémentaires pour outrage à la cour, tant son insolence demeurait vive durant les échanges.
Division puis scandale, libéré après trois ans de détention puis expulsé du territoire, il finit par abandonner l’habit ecclésiastique pour sombrer dans d’autres errances du côté de la Belgique, achevant de démontrer que l’indiscipline avait ici mené à la ruine morale.ℭoup de grâce
Que conclure, 𝔬̂ lecteur, de cet épisode sinistre, sinon qu’il offre la plus saisissante illustration de dérives du sentiment individuel ? Quand un lévite en vient à substituer sa propre fantaisie à l’esprit de suite, à un certain complotisme, au lieu de se retremper dans la discipline des siècles, il cesse in fine d’être un soldat du Christ pour ne plus figurer que parmi les hystériques qui embarrassent la cause qu’ils prétendaient servir.
L’agression de Fátima demeure un acte fou. Il y a un temps pour tout, et le vrai combat pour la Tradition ne s’accomplit point toujours par le fusil à l’épaule, sinon par la fermeté de la doctrine, la hauteur de la vie spirituelle et le respect inébranlable de l’ordre sacré.
— La Rédaction pugilistique-lettrée !
📚 Pour approfondir
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Abbé Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme, Londres, 1797-1798.
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Joseph de Maistre, Du Pape, Lyon, Rusand, 1819.
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Mgr Marcel Lefebvre, Ils l’ont découronné, Éditions Fideliter, 1987
🥊 𝔑𝔬𝔰𝔞𝔯𝔱𝔦𝔠𝔩𝔢𝔰𝔡𝔢𝔩𝔞𝔖𝔱𝔯𝔞ß𝔢
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