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Publié le par Florian Rouanet
De l’origine à nos jours ?
Un camarade et correspondant, à force d’entendre parler de la contre-révolution catholique de la 2e génération, pour la distinguer de Joseph de Maistre (1ère génération ayant connu l’Ancien régime), se demande, quels sont les auteurs qui pourraient siéger au sein de la 3e génération de la Contre-Révolution catholique (prenant forme depuis l’essort du protestantisme avec la Contre-Réforme catholique) !
C’est une excellente question, et, si l’on peut rajouter le britannique thomiste, Edmund Burk pour ce qui est de la première génération : qui peut-on placer dans la 3e génération, avec ses particularités ?
Le nationaliste Charles Maurras, malgré tout, ainsi que Léon de Poncin et, un peu plus tardivement certes, Gustave Thibon.
Aussi, Carl Schmitt, lequel à un côté moins réactionnaire, disons que ce n’est pas Davila, il y mérite bien une place, au sens large, bien que partagé avec la Révolution conservatrice allemande (son époque).
À ce stade, les frontières sont parfois plus floue. Et même le fasciste catholique Joseph Merel pourrait être ajouté, tant il propose la réaction fasciste, comme étant le meilleur pour la Contre-Révolution révolutionnaire catholique.
Nous vous proposons, certes à notre sauce, un pannel contre-révolutionnaire par génération, cependant des historiens, placés à droite ou bien neutre/objectif, devraient s’y pencher !
Malgré une vision assez large, prendrons le soin de ne pas intégrer : les partisans du traditionalisme philosophique (abbé de Lammenais) et les suiveurs de Vatican II, tel un Philippe de Villiers…
L’expression de contre-révolution peut réunir à elle l’opposition à 1789, mais en y ajoutant catholique on réduit le panel évidement.
Le nationalisme français expliqué par ses maîtres
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Un grand tableau pour la Contre-révolution :
La contre-révolution catholique s’affirme historiquement comme une réaction vigoureuse contre les bouleversements provoqués par la Révolution française. Ce courant intellectuel et politique s’oppose radicalement à l’idéologie des Lumières et défend une vision traditionnelle de la société, centrée sur l’autorité, la religion et la monarchie. Cette pensée se subdivise en diverses générations, chacune apportant une réponse propre aux défis de son époque.
Après avoir abordé les deux premières générations, nous allons enrichir notre réflexion à propos de la troisième et y intégrer l’ensemble des auteurs, précédemment mentionnés, tout en gardant le souci de la cohérence historique et doctrinale.Première génération : Joseph de Maistre et ses contemporains
La première génération de penseurs contre-révolutionnaires se distingue par une défense intransigeante de l’ordre ancien, celui qui précède – et non qui procède de –, la Révolution de 1789.
Joseph de Maistre (1753-1821) est ici la figure centrale. Originaire de Savoie, après un long passage coupable en franc-maçonnerie, il se fait l’avocat d’un retour à une monarchie théocratique, où le pouvoir politique est soumis à une autorité transcendante.
Son ouvrage « Les Soirées de Saint-Pétersbourg » reflète sa croyance en une histoire régie par la providence divine (surnaturalisme ?), où les souffrances humaines servent à rétablir l’ordre divin.
À ses côtés, Louis de Bonald défend également une vision traditionnelle de la société. Il critique la Révolution comme une rupture dangereuse avec l’ordre naturel voulu par Dieu, insistant sur l’indissociabilité entre l’autorité religieuse et monarchique. Bonald et de Maistre partagent cette idée d’un retour à l’unité spirituelle et politique.
Dans cette première vague, il convient aussi de citer Edmund Burke, dont l’influence, bien que britannique, s’étend au-delà de son propre pays. Son ouvrage « Réflexions sur la Révolution en France » est une critique pénétrante des idéaux révolutionnaires, qu’il accuse de détruire les fondements toujours classiques de la société.
Ajoutons également, pourquoi pas dans la génération zéro, Jacques-Bénigne Bossuet, précurseur des idées contre-révolutionnaires, bien que gallican, avec sa défense du droit divin des rois, une pensée qui influencera durablement les penseurs de cette première génération.
Enfin, l’abbé Augustin Barruel, dans ses « Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme », lequel développe une des premières théories du complot révolutionnaire, accusant la franc-maçonnerie, les Lumières (pré-libéralisme) et le jansénisme d’avoir orchestré la Révolution.
Deuxième génération : Donoso Cortés et Antoine Blanc de Saint-Bonnet
La deuxième génération se distingue par son combat contre les conséquences à long terme de la Révolution française, à savoir la montée du libéralisme, du socialisme et des révolutions de 1848. Ils n’ont pas connu la fin de Monarchie française d émeut vivant.
Juan Donoso Cortés (1809-1853), figure incontournable de cette période, voit dans les crises politiques de son temps une confrontation entre le christianisme et l’athéisme. Selon lui, seule une monarchie catholique autoritaire pourrait contenir la désintégration morale et politique engendrée par ces nouvelles idéologies.
Antoine Blanc de Saint-Bonnet (1815-1880), philosophe mystique français, partage cette critique de l’individualisme moderne et l’esprit bourgeois. Il développe une vision communautaire et religieuse de la société, considérant que la crise de la modernité est avant tout spirituelle. Son œuvre insiste encore sur le rôle rédempteur de la souffrance dans la réorganisation de l’ordre social.
Dans cette génération, il est indispensable de mentionner Louis Veuillot, journaliste catholique et défenseur acharné de l’Église contre les attaques du libéralisme et du rationalisme. Rédacteur en chef de « L’Univers », Veuillot joue un rôle important dans la diffusion des idées contre-révolutionnaires à travers la presse.
D’autres figures comme Jean-François de La Harpe, qui se détourne des Lumières après la Révolution, participent également à la structuration de cette pensée contre-révolutionnaire. Et, le comte de Chambord, prétendant légitimiste au trône de France, défend dans ses manifestes une restauration monarchique ferme, en opposition aux régimes issus des révolutions ou aux monarchies qui s’accommodent des principes démocratiques.
Troisième génération : Charles Maurras, Carl Schmitt et d’autres
La troisième génération de contre-révolutionnaires, laquelle émerge à la fin du XIXe siècle et s’étend au début du XXe, prend une tournure plus explicitement politique. Elle est marquée par la montée du nationalisme, du corporatisme et de l’antilibéralisme, souvent en réaction aux avancées du libéralisme parlementaire et du socialisme.
Charles Maurras (1868-1952), fondateur de l’Action française, en est une figure emblématique. Bien que personnellement agnostique, et ayant une première partie de sa vie plus païenne antique et provincialiste, il défend le principe d’une monarchie catholique française, souveraine, afin de restaurer l’ordre en France. Son « nationalisme intégral » s’oppose à la fois à la démocratie libérale et à l’internationalisme socialiste, faisant de lui un acteur central de cette troisième vague.
Carl Schmitt (1888-1985), juriste et théoricien politique allemand, bien qu’il ne soit pas directement issu de la tradition contre-révolutionnaire catholique, partage des affinités avec ces idées. Dans ses ouvrages comme « La Dictature » et « Le Concept de politique », il défend la nécessité d’une autorité souveraine capable de prendre des décisions dans des situations exceptionnelles. Son rejet du libéralisme et son soutien à un ordre autoritaire le rapprochent de la tradition contre-révolutionnaire.
Outre Maurras et Schmitt, nous retrouvons des figures plus contemporaines comme Léon de Poncins, essayiste catholique, qui prolonge les idées contre-révolutionnaires en critiquant le libéralisme, le communisme, et les sociétés secrètes. Gustave Thibon (1903-2001), bien que moins impliqué politiquement, critique également la modernité et prône une vision spirituelle de la société.
Ne négligeons pas également Henri Massis, critique littéraire et fervent défenseur de l’Occident chrétien, dont l’œuvre « Défense de l’Occident » s’attaque frontalement à la décadence morale moderne. Léon Bloy (1846-1917), bien qu’écrivain et mystique, s’inscrit lui aussi dans cette tradition par son rejet farouche des « valeurs » post-révolutionnaires et son appel à un retour aux racines chrétiennes.
Enfin, Georges Valois, ancien membre de l’Action française, évolue vers des idées plus corporatistes et fonde le mouvement « Le Faisceau », cherchant à concilier nationalisme et anticapitalisme dans une optique contre-révolutionnaire, à sa façon.
Conclusion
Avec cette troisième génération, marquée par un engagement plus politique, nous voyons un renouveau des idées contre-révolutionnaires adaptées aux réalités du XXe siècle.
Si Charles Maurras et Carl Schmitt se distinguent par leur rejet de la démocratie libérale, durant leur époques respectives, d’autres figures comme Léon de Poncins ou Gustave Thibon approfondissent la réflexion sur/contre la modernité à travers une critique spirituelle et philosophique.
En intégrant toutes ces figures, il devient évident que la pensée contre-révolutionnaire, loin de se figer, s’adapte aux contextes historiques successifs, tout en restant fidèle à ses principes fondamentaux.
Une quatrième génération pourrait même émerger après 1945, si ce n’est pas déjà fait (!), avec des auteurs comme Joseph Mérel, Jean Ousset et Marcel Clément, qui poursuivent la critique du libéralisme et prônent un retour à un ordre chrétien.

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