• Ernesto Giménez Caballero, un fascisme à l’espagnole



    Ernest le Chevalier fascisant et fascinant

  • Outre les références fascistes espagnoles de Ledesma Ramos et de José-Antonio Primo de Rivera, vous pouvez retrouver « Ernest Chevalier » (Ernesto Caballero). Il est né le 2 août 1899 et décédé un 14 mai 1988 à Madrid. C’est un écrivain, intellectuel et diplomate espagnol, figure marquante de l’Avant-Garde et un introducteur du fascisme en Espagne.

    D’un point de vue littéraire, il est assez comparable à Maurice Bardèche chez nous si l’on veut, et en ce sens que Caballero a vécu l’après-guerre aussi. Pour approfondir l’analyse, nous dirions qu’il a en quelque sorte essayé de fabriquer une doctrine de troisième voie présentée comme une alternative au libéralisme et à l’expérience révolutionnaire soviétique, à un moment où l’Espagne – historiquement le « bras droit de Rome » – a « transcendé » à la fois le matérialisme socialiste oriental et les doctrines individualistes occidentales.

    Les ouvrages de notre pan-latiniste défendaient l’esthétique fasciste à l’espagnole, ils se regroupent dans une œuvre non traduite dans la langue de Molière avec ces trois ouvrages en particulier : « Genio de España », « La nueva catolicidad » (qu’Adolf Hitler détenait dans sa bibliothèque) et « Con Arte y Estado ».

    El señor Caballero fut pareillement un doctrinaire national-catholique proche du Caudillo. Ce premier a projeté l’idée d’un fascisme pan-latin qui a jeté les bases d’un nationalisme espagnol fort entre autres choses – mimant le racialisme et la linguistique germanistes. Cependant, là n’est pas le point nodal de la question. En 1938, il s’avère que Pilar Primo de Rivera, la sœur de l’illustre José-Antonio, avait rendu visite à Hitler pour lui offrir le glaive du Roi Ferdinand.

    C’est ainsi qu’arrive l’expression d’une théorie complètement frauduleuse. Dans son ouvrage intitulé « Memorias de un dictador », Caballero affirme qu’il y eut un projet de « mariage » entre Hitler et Pilar afin de fonder une dynastie fasciste germano-espagnole en Europe qui ramènerait l’Espagne au centre du Vieux Continent, comme à l’époque de l’empereur Charles V (Charles Quint), en ressuscitant le Saint Empire romain germanique. Selon lui, les Goebbels en furent – prétendument – témoins.

    Bien que Caballero paraisse être un auteur sincère sur certains points très précis, il a bien dû se laisser emporter dans une bouffée délirante durant l’après-guerre à ce propos. Ici ce serait son côté un peu grande gueule un peu l’image d’un Léon Degrelle du reste, lequel est également accusé d’avoir exagéré sa place et sa participation dans le courant historique fasciste.

    Il aura fini par dire un peu tout et son contraire, et mieux vaut ne pas le suivre dans tous ses propos, surtout après-guerre !

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    L’entretien complet pour les hispanophones :

    https://www.youtube.com/watch?v=U1-dmB6SXfE&feature=youtu.be


  • 15 commentaires




    Il n'est qu'un "friki" ( un fou)! Il nomme comme ami un assassin cheff de tcheka "Alberti", et nous fait voir que l'alliance avec la judéo-naçonnique république des USA est possitive. Non, il n'est aucunement un exemple ni de fasciste ni de nationaliste; il termine par demander la "liberté et la démocratie" et par louer les jésuites! Excusez-moi de vous contrer mais c'est ainsi... Supprimez cela, s'il vous plaît!


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    @ Gallardi-Bela Un seul point dépareille la cohérence de votre commentaire : la pique contre les jésuites, qui tombe ici comme un cheveu sur la soupe. Je ne vais pas juger les jésuites, faute de les connaître personnellement, mais historiquement ils furent le truchement de la volonté du pape, et les antijésuites étaient pour cela les ennemis de l'Église catholique (on songe au fameux "complot jésuite", qu'évoquèrent notamment des membres de la franc-maçonnerie, en une inversion accusatoire destinée à détourner les regards de leurs actions). Peut-être (je n'en sais rien, faute de connaître des membres de la SJ) les jésuites sont-ils aujourd'hui déchus autant ou plus que le reste de l'Église, mais c'est un état récent. Sans lien donc (j'imagine) avec le propos de cet auteur, qui me paraît avoir été fantaisiste plutôt que fou (ajoutons qu'un chrétien ne qualifie pas autrui de fou, ou n'est plus chrétien).


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    La spéculation autour d'un hypothétique « mariage » entre le Führer et la cadette du vibrant fondateur du phalangisme tient évidemment d'une fantaisie pure et simple qui ne reposait que sur la seule recommandation subjective de Caballero ; recommandation qui ne vît jamais le jour. Cet entretien ne s'est tenu que dans le cadre d'un voyage de camaraderie avec la section féminine du NSDAP, et pour cause, elle partit même visiter Salazar et Mussolini durant la même année, ce qui ne signifie donc rien, si ce n’est une rencontre politique en tant que représentante du régime franquiste. En vérité, c’est lors d’une invitation à Weimar, par la Europäische Schriftstellervereinigung (23-26 octobre 1941), présidée par Goebbels, que Caballero, commença à aborder cette idée d’une union entre Hitler et Primo de Rivera, auprès de l’épouse du Premier Ministre, Magda. Mais les dialogues que contiennent ses mémoires ont été purement inventés. D’autant qu’il prétend avoir rencontré la famille Goebbels et Hitler aux côtés du Caudillo, ainsi que du ministre des affaires étrangères de la Phalange Ramón Serrano Suñer, et de Pilar Primo de Rivera elle-même. Or, cette affirmation est fausse puisque le dernier instant où Primo de Rivera vît Hitler, remontait à trois ans en arrière. De même que Franco ne s’est jamais rendu en Allemagne avec elle. En fait, Franco n'a rencontré Hitler qu'une seule fois pendant la Seconde Guerre Mondiale, à Hendaye, à la frontière entre l'Espagne et la France, pour discuter de questions stratégiques au fur et à mesure que la guerre progressait. En outre, Franco hésitait à s'impliquer personnellement avec Hitler de peur de s'aliéner les « Alliés ». Au lieu de cela, ce sont ses diplomates les plus « fascisants » et germanophiles, dont Suñer et Primo de Rivera, qui maintenaient des liens avec le Reich, voyant par-là un moyen de l’assister lors du conflit, au cours de discussions, pour tenter de mettre fin à la neutralité de Franco. Au surplus, la question dudit « mariage » ne peut tenir la route, car en tant que pangermaniste, Hitler n'aurait jamais accepté l’idée d’épouser une Ibère, c'était aux antipodes de sa conception völkisch qui plus est. Après ses critiques contre le mélange interethnique des monarques médiévaux, mais surtout de la monarchie des Habsbourg, on se doute bien qu'il n'allait pas appliquer le contraire derrière contre toute attente. Et l'on peut difficilement suspecter un homme aussi intègre qu'Hitler d'infidélité (en effet, il était à ce moment-là en concubinage avec Eva Braun, qu’il n’a d’ailleurs jamais trompé, selon le témoignage de son intendante Anni Winter). Dans son ouvrage « Recuerdos de una vida » paru en 1983, Pilar elle-même a démenti cette rumeur : « Nous avons fait plusieurs voyages dans les pays de l'Axe, invités par des organisations de femmes et par la jeunesse d'Italie et d'Allemagne ; dans ces pays, nous avons tout vu, le bon et le mauvais, mais l'excès de discipline, surtout en Allemagne, et certains concepts religieux et politiques ne nous ont pas accompagnés. Lors du premier de ces voyages dans l'Allemagne d'Hitler, je suis allée avec Blanca Tetuán et Javier Conde, qui parlaient couramment l'allemand et nous ont fait plonger dans les racines de tout ce qui était si différent de ce que nous pensions, mais, d'autre part, dans certains aspects dignes d'admiration : environ tout leur servait. Par la suite, Vicky Eiroa, Carmen Werner, Carmen de Icaza, Gloria González Allas (plus connue sous le nom de Gloria Navas), Luisa María de Aramburu, María Ontiveros, Julia Alcántara, une grande camarade et la deuxième conseillère municipale centrale de O.J. ; des représentations du Front de la jeunesse, avec José Antonio Elola à la tête, qui a toujours maintenu la dignité de notre position, sans céder à l'admiration de ce que nous avons vu. Lors d'un de ces voyages, j'ai été chargé par le Caudillo de donner à Hitler une épée de Tolède en son nom. C'est sur cette livraison de l'épée que j'ai vu Hitler pour la première et dernière fois ; mais c'est de là que doit venir la rumeur selon laquelle j'allais l'épouser, ou parce que l'historien, et grand ami à moi, Giménez Caballero a conçu cette idée, rien de moins, pour faire l'unité de l'Europe, idée qu'il a même communiquée indirectement à Hitler lui-même par l'intermédiaire d'Edith Faupel et de Magda Goebbels, et aussi au chef de guerre et à mon oncle Anton pour me la communiquer, comme je l'ai appris récemment de Giménez Caballero lui-même, que je remercie d'ailleurs de m'avoir fait autant confiance. Mais la vérité est que je n'ai jamais connu un tel projet, et que je n'y aurais jamais consenti, entre-autres parce que je n'ai jamais eu le sentiment d'être le dépositaire d'une mission aussi importante et, en outre, parce que ma vie privée n'était que la mienne. Au moment où j'ai remis l'épée à Hitler, l'amiral Magaz, qui était vice-président du gouvernement de mon père, était ambassadeur d'Espagne ; ce fut une rencontre importante pour moi, et je sais d'ailleurs qu'il a envoyé par la suite un compte-rendu très favorable de notre voyage. Je pense que cela doit être dû à la réponse que j'ai donnée à deux ultras allemands qui voulaient monter la Phalange contre Franco, parce qu'ils pensaient que cela me flattait, et ils m'ont demandé si cette épée était envoyée par Franco ou par la Phalange. J'ai répondu que Franco était alors le chef de la Phalange. » (p.60).


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    Au juste, serait-il expédient de qualifier les partisans de Caballero de « cabalistes » politiquement parlant ? :D


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    Ach! Zette kvestionn è bour moi. Die Antwort ist : Nein, Herr GmH! Remarquons qu'Hitler méprisait les völkisch : seul bémol, formel, à votre propos. D'ailleurs il est certain que je ne vous apprends rien, tant vos connaissances en ce domaine sont étendues. Remarque bis : Hitler a fait interdire tous les mouvements cabalistes. Conscient de ce qu'ils étaient, ou simplement des fruits de leurs doctrines, il prit ainsi la seule décision lui permettant de mettre en œuvre sa politique. Mais on ne devrait plus voir une telle cohérence sur ce point dans les mouvements ou 'racistes' 'nationalistes' (latissimis sensibus).


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    Votre objection omet qu'Hitler distinguait l'idéal völkisch de ses adeptes et que s'il méprisait et rejetait effectivement ses derniers, il n'en reste pas moins qu'il revendiquait ce premier dans une optique bien différente. Il semble bien que j'avais auparavant eu l'occasion de souligner cette nuance à vos côtés, si tant est que vous soyez la même personne avec laquelle j'ai pu dialoguer, la dernière fois que j'ai tenu un échange sur ce sujet au travers de cet espace. Rappelons que ce courant, cultuel, était fort varié, s'agissant d'une nébuleuse. Il était réparti en deux sphères : l'une était plus d'ordre mystique et encline à l'idéalisation de l'antiquité purement nordique à la suite d'une redécouverte des références communes germaniques enfouies durant des siècles en opposition à la gréco-romanité (ce qui inexorablement amenaient à certaines dérives en lesquelles d'aucuns avaient penché en faveur d'un pseudo-christianisme ethnique extirpé de l'Ancien Testament, et d'autres refusaient plus catégoriquement la religion au profit d'un culte panthéiste de la race à l'instar des aryosophes) ; tandis que l'autre, bien plus naturelle, agraire, pourvoyait à la terre en faisant de la population rurale le modèle d'une anthropologie politique, tels les Germains de Tacite et des renaissantistes italiens ou comme le moujik des slavophiles. Hitler, lui, se rattachait à la seconde catégorie. Dans tous les cas, il s’agissait de réagir aux conséquences de l'ère napoléonienne et de l'industrialisation, mais avant tout de s’opposer au processus de désagrégation qui menaçait le peuple, et de l’inciter à une plus forte conscience de soi. Par conséquent, lorsque mon précédent commentaire se référait équivoquement à une conception völkisch chez Hitler, j'entendais seulement par-là le fait d'être fort « particulariste », ou au mieux ethno-centré dans un sens allemand si l'on peut dire.


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    Je me garderai de contester votre analyse, avec laquelle je suis largement d'accord (même, et j'en suis surpris, sur des points où il me semblait que les récentes analyses historiques sur ces questions de frontières politiques et d'influences étaient peu connues) ; par contre, je sollicite un exemple d'utilisation par Hitler du mot völkisch dans ce second sens. En vous en remerciant par avance.


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    Vraiment je n'aurais pas cru que ma question aurait posé problème. Je vais la reformuler. Je prie qu'on veuille bien me citer un cas où Hitler aurait employé le mot völkisch dans ce second sens. Je ne dis pas qu'il ne l'a pas fait : je demande qu'on me cite un cas où il l'aurait fait. J'observe que le lien entre le national-socialisme et la mouvance völkisch est souvent invoqué par ceux qui condamnent le régime hitlérien. Or je crois que c'est une erreur. « Le mot völkisch pourrait être traduit par le terme neutre “ethnique” si le fait qu'il ait été un terme de prédilection des nazis [sic] ne lui donnait pas aujourd'hui une connotation raciste aussi marquée. Voir aussi la note de bas de page n° 1 concernant les diverses significations du mot Volk (peuple). » – Michael Mertes (traduction de Claire Skalmowski), Les Questions allemandes au XXᵉ siècle : identité, démocratie, équilibre européen. In: Politique étrangère, n°3-4 - 2000 - 65ᵉ année. pp. 799-813. DOI : https://doi.org/10.3406/polit.2000.4984 https://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_2000_num_65_3_4984 Je ne me rappelle pas un cas où Hitler aurait employé le mot völkisch dans un sens favorable. Et je ne demande qu'à être détrompé. Bien sûr, s'il s'agit de dire que le nationalisme hitlérien s'appuyait sur l'appartenance raciale, personne ne le contestera ; mais ce n'est pas ici ce que je discute.


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    Veuillez m'excuser pour cette réaction tardive, ce n'est pas que votre interrogation aurait suscité un quelconque inconvénient (encore faut-il que je puisse, au préalable, la consulter pour cela !), mais que sa prise-en-compte m'avait fait défaut, puisque j'ignorais que vous me relanceriez compte-tenu de l'inactivité d'un Florian, rendant la durée d'approbation de nos commentaires relativement dense. Autrement pour vous répondre, cette expression a été si usitée sous un angle positif, par la plume du futur Chancelier, qu'il est abasourdissant, compte-tenu de votre jugement d'analyse, que cela vous ait échappé. Pour l'exemple, lorsqu'Hitler hérita du DAP (transformé en « NSDAP »), après la victoire interne qu'il a remporté sur son rival de la Société Thulé, K. Harrer, et qu'il fit l'acquisition de l'éditorial de cette dernière, le « Münchener Beobachter » - en y écartant l'imaginaire ésotérique qu'il contenait -, il l'avait rebaptisé en « Völkischer Beobachter ». Dans son pamphlet, Hitler a maintes fois indiqué qu'il préconisait l'instauration d'un État völkisch (traduit, je le rappelle, par « raciste »). Toutefois, puisqu'il s'agit - comme nous l'avions noté - d'une appellation assez polysémique, Hitler éprouva tellement quelques lacunes pour la définir, qu'il souligna d'abord son abscondité conceptuelle et son indétermination : « Le terme völkisch apparaît aussi peu clairement défini, il peut être interprété d'autant de façons, et servir dans la pratique à des usages presque aussi nombreux que le mot « religieux ». On ne peut guère non plus attacher à ce qualificatif une acception absolument précise, qu'il s'agisse de définition théorique ou d'acception usuelle. Le terme « religieux » ne peut être conçu qu'en rapport avec une forme bien déterminée des réalisations qui sont les siennes. C'est une très belle appréciation, le plus souvent aussi fondée, quand on qualifie la nature d'un homme de « profondément religieuse ». Sans aucun doute, d'aucuns seront-ils satisfaits d'une appréciation aussi universelle ; pour certains même, elle pourra évoquer l'image plus ou moins nette d'un certain état d'âme. Mais la grande masse ne se compose pas seulement des philosophes et des saints. Une pareille idée religieuse tout à fait générale ne fera le plus souvent que rendre à chacun sa liberté de pensée et d'action. Elle ne sera nullement mobile d'actions, comme le devient le sentiment religieux profond, au moment où un dogme précis prend forme dans le monde indéterminé de la métaphysique pure. Certes ce dogme n'est pas un but « en soi, mais un moyen ; mais moyen inévitablement nécessaire pour atteindre le but. Ce but cependant n'est pas purement idéal ; tout au contraire, au fond, il est éminemment pratique. Il faut, en effet, se rendre compte que les idéals les plus hauts correspondent toujours à de profondes nécessités vitales ; tout comme les canons de la beauté la plus parfaite découlent logiquement, en dernière analyse, de l'utilité. En même temps que la foi aide à élever l'homme au-dessus du niveau d'une vie animale et paisible, elle contribue à raffermir et à assurer son existence. Que l'on enlève à l'humanité actuelle les principes religieux, confirmés par l'éducation, qui sont pratiquement des principes de moralité et de bonnes mœurs ; que l'on supprime cette éducation religieuse sans la remplacer par quelque chose d'équivalent, et on en verra le résultat sous la forme d'un profond ébranlement des bases de sa propre existence. On peut donc poser en axiome que non seulement l'homme vit pour servir l'idéal le plus élevé, mais aussi que cet idéal parfait constitue à son tour pour l'homme une condition de son existence. Ainsi se ferme le cercle. Naturellement, dans la définition tout à fait générale du mot « religieux » sont incluses des notions ou des convictions fondamentales, par exemple celles de l'immortalité de l'âme, la vie éternelle, l'existence d'un être supérieur, etc. Mais toutes ces pensées, quelque persuasion qu'elles exercent sur l'individu, demeurent soumises à son examen critique et à des alternatives d'acceptations et de refus, jusqu'au jour ou la foi apodictique prend force de loi sur le sentiment et sur la raison. La foi est l'instrument qui bat la brèche et fraie le chemin à la reconnaissance des conceptions religieuses fondamentales. Sans un dogme précis, la religiosité, avec ses mille formes mal définies, non seulement serait sans valeur pour la vie humaine, mais, en outre, contribuerait sans doute au délabrement général. Il en est de même du qualificatif völkisch que du terme « religieux ». Lui aussi contient diverses notions fondamentales. Mais bien que de la plus haute importance, elles sont sous une forme si mal définie qu'elles ne s'élèveront pas au-dessus de la valeur d'une simple opinion admise, tant qu'elles ne seront pas envisagées comme principes fondamentaux dans le cadre d'un parti politique. » (Mein Kampf, Tome II, Chapitre I). De fait, il fut aussitôt réticent sur le fait de pouvoir l’employer, dans un premier temps, car chacun y suggérait sa propre représentation paradigmatique toute biaisée (à commencer par ses adversaires paganisants) : « Ce n'est pas en vain que le jeune mouvement, s'appuyant alors sur un programme défini, avait, à cet effet, employé le mot : « raciste ». Ce mot ne peut pas en effet, de par le caractère vague de la notion qu'il exprime, servir de programme à un mouvement et il ne saurait constituer un critérium sûr d'allégeance à un tel parti. » (Ibid., Tome I, Chapitre XII). Accessoirement, il faisait allusion au mauvais usage ou à l'abus de cette expression : « Plus cette notion est difficile à définir dans la pratique, plus elle admet d'interprétations ; plus celles-ci sont différentes, plus s'accroît aussi la possibilité de s'y rallier. L'introduction d'une conception si mal définie, si extensible dans un si grand nombre de directions sur le terrain politique, conduirait à supprimer toute solidarité étroite de combat. Car il n'y a pas de solidarité, si chaque individu. conserve le soin de déterminer sa croyance, et le sens de sa volonté. Il est également honteux de voir combien de gens promènent aujourd'hui le mot « raciste » sur leur casquette, et combien de gens ont une fausse conception personnelle de cette notion. Un professeur connu, en Bavière, militant célèbre, intellectuel distingué, ayant fait maintes campagnes, également intellectuelles, contre Berlin, rapproche la notion de « raciste » de la notion de « monarchie ». Cette savante cervelle n'a oublié qu'une chose, c'est d'expliquer de plus près en quoi nos monarchies allemandes du passé sont identiques à la conception moderne de « racisme ». Je crains bien que ce monsieur n'y arrive pas. Car on ne peut rien se représenter de moins raciste que la plupart des constitutions monarchiques. S'il en était autrement, celles-ci n'auraient jamais disparu, ou bien leur disparition prouverait que la conception universelle du raciste est fausse. C'est ainsi que chacun parle du racisme comme il le comprend ; mais une telle multiplicité d'interprétation ne peut pas être prise comme point de départ d'un mouvement politique militant. » (Ibid.). Pour information, ce professeur bavarois, combattant avec les « armes intellectuelles » et assimilant « völkisch » à « monarchiste », auquel Hitler songeait, n'est autre qu'un dénommé H. Bauer, un catholique réactionnaire du DNVP (une sorte de Front National allemand) qui présidait à cette époque la Société Thulé. Celle-ci, au rebours de l'opinion répandue de nos jours, n'était pas en réalité une obédience maçonnique, mais une association culturelle germaniste servant de paravent, pour la propagation d'idées païennes à Munich, à la véritable loge qu'était le Germanenorden et dont le siège était situé à Berlin ; la plupart des activistes de la Société - comme ceux qui accompagnèrent Hitler à ses débuts dans la vie politique (et encore, la plupart d'entre eux, tels Eckart, Feder, Rosenberg n'étaient que de simples « invités d'honneur », c'est-à-dire qu'ils n'en avaient même pas été membres, mais avaient seulement assisté à des réunions purement politiques) - n'étaient point des initiés, et n'avaient aucunement conscience des desseins réels, de l'origine, et même de l'existence de l'Ordre auquel ces personnes étaient subordonnées, puisqu'elles obéissaient à des considérations exclusivement politiques en lien avec un certain intérêt historique pour la Germanie primitive. En revanche, ceux-qui étaient entièrement guidés par l'idéologie de la loge, se tenaient à la tête du Parti concurrent du NSDAP, à savoir le DSP, et tentèrent, tout au long des années 20, de faire contrepoids à Adolf Hitler qu'ils voyaient d'un très mauvais œil. Il me paraît fondamental d'apporter ces précisions capitales car le fait qu'un simple national-conservateur comme Bauer ait pu administrer la Société Thulé démontre par ailleurs qu'elle n'était pas NS (mais au mieux, pangermaniste, ce qui ne signifie donc rien) et que le filon völkisch pouvait varier tant dans cette organisation, que dans d'autres comme celle d'Hitler. Mais c'est à lui que l'on doit son utilisation concrète, et lui-même affirme à cet égard que ce ne sont pas les néo-païens qui ont inventé ce concept, mais qu'ils ont a contrario tenté de s'en accaparer, après que les nationaux-socialistes l'avaient anobli : « Quand quelqu'un reproche aujourd'hui à notre mouvement d'avoir « pris à bail » l'idée raciste, il n'y a qu'une réponse à lui faire : Pas seulement pris à bail, mais rendu utilisable. Car ce que l'on entendait auparavant par ce vocable n'était pas le moins du monde capable d'avoir quelque influence sur le destin de notre peuple. Il manquait à ces idées une forme claire et cohérente. Le plus souvent, il ne s'agissait que de notions isolées sans rapport entre elles, plus ou moins exactes, qui n’étaient pas sans se contredire parfois, en tous cas, sans la moindre liaison intime. Et celle-ci eût-elle existé, elle eût été trop faible pour fonder et construire dessus un parti. Seul, le parti national-socialiste a mené à bien cette tâche. Si aujourd'hui toutes les associations, tous les groupes, grands et petits et, à mon avis, même de « grands partis » revendiquent le mot « raciste », c'est la conséquence de l'action du parti national-socialiste. Sans son travail, il ne serait même pas venu à l'idée d'une de ces organisations de prononcer seulement le mot « raciste » ; ce vocable n'aurait rien représenté pour eux, et leurs dirigeants surtout n'auraient jamais eu le moindre rapport d'aucune sorte avec lui. Seule, l'action du N.S.D.A.P. a donné à ce mot une signification substantielle, et l'a mis dans la bouche de tout le monde. Avant tout le parti a montré, par le succès de sa propre propagande, la force de l'idée raciste, et l'appât du gain a poussé les autres à en vouloir autant, tout au moins en paroles. De même que, jusqu'alors, ils avaient tout mis au service de leurs mesquines spéculations électorales, de même ces partis ne voient aujourd'hui dans le mot « raciste » qu'une formule vaine et creuse, avec laquelle ils tentent de neutraliser la force d'attraction qu'exerce sur leurs propres membres le parti national-socialiste. Car, seul, le souci de leur propre existence et leur inquiétude devant les succès grandissants de la doctrine de notre parti, dont ils pressentent aussi bien l'importance universelle que la dangereuse intransigeance leur mettent ce mot à la bouche : ils l'ignoraient il y a huit ans ; ils s'en gaussaient il y a sept ans ; il y a six ans, ils le combattaient ; l'année suivante, ce fut de la haine, et il y a trois ans, la persécution ; enfin, il y a deux ans, ils se l'annexaient, pour s'en servir comme de cri de guerre dans la lutte, de pair avec le reste de leur vocabulaire. » (Mein Kampf, Tome II, Chapitre IV). Quand Hitler dénonçait ceux qu'il appelait les réformateurs religieux à la vieille mode allemande tels les Ludendorff, Dinter, Reventlow et consorts (qui eux-mêmes méprisaient Hitler pour son attitude complaisante envers le catholicisme, et firent de lui un « agent du Vatican » ; c'est d'ailleurs à eux que l'on doit la théorie - reprise à ce jour par d'infâmes gauchistes athées obscurantistes pathologiquement désireux de diaboliser l'Église, ou même par certains conspirationnistes néo-païens anti-fascistes comme Oleg - selon laquelle le Führer faisait partie d'un vaste « complot » jésuite...), il leur dénia toute appartenance à l'idéal völkisch, les considérant comme ses fossoyeurs, parce que leur démarche était anti-populaire (« völkisch » dérive de « volk » qui signifie « peuple » compris dans une optique racialo-folklorique).


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    Autre chose : Selon le principal hygiéniste du Reich, R. W. Darré, l'idée völkisch serait contre-révolutionnaire : « Nous voulons faire du sang et du sol le fondement d'une politique agraire allemande appelée à ressusciter la "paysannerie" et à vaincre ainsi les idées de 1789, c'est-à-dire les idées du libéralisme. Parce que les idées de 1789 représentent une Weltanschauung qui nie la race, l'adhésion à la paysannerie en revanche est le noyau d'une Weltanschauung qui reconnaît le concept de race. Autour de la paysannerie, les esprits du libéralisme sont séparés de ceux de la pensée völkisch. » (Neuadel aus Blut und Boden, 1934).


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    Je vous remercie grandement pour cette citation, pertinente j'en conviens (et je constate que la modération en a aussi accepté la formulation initiale : ce n'était donc qu'un délai, non un refus). Le diable toutefois est dans les détails, et objectivement l'adjectif völkisch se rapporte à des mouvements si variés qu'on serait, je crois, bien en peine d'en donner une définition utile. C'est un peu comme le troisième groupe en grammaire française : on y met ce qui a pour seul point commun de n'avoir pas sa place ailleurs. L'antilibéralisme est si peu un critère qu'on pourrait y regrouper n'importe quoi, quand même on se limiterait à une seule des définitions du mot libéralisme – lui aussi affecté, d'ailleurs, de polysémie gênante. L'opposition au libéralisme de 1789 est ainsi une constante de tous les mouvements contre-révolutionnaires ou monarchistes français, qu'on n'appelle jamais völkisch (et qui ne le sont généralement pas). Je n'ai trouvé que du mépris chez Hitler (pour ce que j'en connais, n'en étant pas un spécialiste) envers le mouvement völkisch ; et pour autant que le national-socialisme hitlérien ait pour pierre de touche l'hitlérisme, il me semble donc qu'on peut soutenir ici ce que j'ai dit. Toutefois, la valeur et la pertinence de vos analyses sur cette partie de l'histoire de l'Europe sont en règle générale bien supérieures à tout ce que je pourrais en écrire. Je tire l'échelle en général quand je vous lis, et copie vos commentaires toujours instructifs.


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    J'avais clairement demandé de ne pas approuver l'expédition du commentaire!


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    Il semblerait que la publication de mon pavé n'ait pas été validée auprès de l'administration...


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    C'est fait, au temps pour moi !


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    Je vous réponds ici, afin de ne pas ajouter à la confusion, pour un tiers, que pourrait causer la publication de mon commentaire du 31 octobre avant même que fût publiée votre réponse du 30. Désolé pour ce retard à vous répondre ; par contre, votre retard antérieur d'abord ne m'a pas gêné le moins du monde, bien au contraire, et en plus n'est dû qu'au délai de modération (qui me convient d'ailleurs) : vous n'avez vraiment d'excuses à présenter à personne. Que vous soyez abasourdi de mon erreur, ou seulement surpris, voilà qui ajoute au compliment que vous me faites. Contrairement à ce que croient cetains, jugeant superficiellement, je ne suis pas un idolâtre du Führer, ni même simplement un connaisseur. Comme le Pr Faurisson, s'il m'est permis de faire allusion ici au dernier titan de l'histoire de France, je rechigne à plonger dans cette période, et le fais sans goût, poussé par l'utilisation politique qui en est faite. Je n'ai pas lu Mein Kampf, n'en ai que des éditions numériques (fr/en/de), dont je ne consulte que les passages concernés par les discussions auxquelles je participe ; ce type de lecture a bien peu d'effet sur la mémoire. Je m'intéressais à la Seconde Guerre mondiale quand j'étais enfant, à ses aspects militaires et diplomatiques, mais non idéologiques. Aujourd'hui, je regarde plus volontiers des siècles en arrière. C'est dire qu'on peut m'en apprendre sur ces chapitres. Je n'aurais avec votre réponse acceptée à retardement qu'un point de désaccord : à ma connaissance, ce fut le 9 août 1919 que le Münchener Beobachter devint le Völkischer Beobachter, tandis que cette revue demeurait largement sous le contrôle de l'auteur völkisch, ésotériste et franc-maçon Rudolf von Sebottendorf, donc sans qu'agît le N.S.D.A.P. qui n'en devint propriétaire que le 17 décembre 1920 ( https://de.metapedia.org/wiki/Völkischer_Beobachter#Geschichte https://de.wikipedia.org/wiki/Völkischer_Beobachter#Geschichte ). Comme on disait quand j'étais enfant que les lettres N.S., esquivant l'adjectif völkisch, avaient été adoptées sur proposition d'Hitler (aujourd'hui on dit l'inverse pour la seconde d'entre elles), qu'un article de la Revue d'histoire révisionniste (d'un auteur fort étranger à l'hitlérisme) avait évoqué la méfiance du N.S.D.A.P. envers l'adjectif völkisch, et qu'Hitler avait blâmé ces milieux, j'avais tiré l'abusive conclusion que vous savez, à laquelle il faut bien renoncer face à vos arguments. Je connaissais l'acception initiale, étymologique et peu impliquante, de völkisch, ainsi que l'acception se rapportant à l'ésotérisme, mais pas celle dont vous me prouvez qu'Hitler l'a façonnée après avoir adopté ce qualificatif. Je conclus des citations que vous avez fort pertinemment choisies qu'Hitler a rendu à ce dérivé de Volk une connotation qu'auraient encore en français le mot nation et l'adjectif national si le mensonge révolutionnaire ne les avait pas subvertis. Les cas que vous évoquez de « réformateurs religieux » sont de parfaits imbibés de ce qui détruit nos peuples. Qu'ils aient des épigones dans une période de déracinement culturel voulu, et imposé même, est tout, sauf surprenant. J'ai parcouru un peu les sites sur internet de ces milieux, et y ai trouvé : des cas limites, saoulés d'un ésotérisme qui n'est que l'enrobage de leurs perversions ; des agents doubles qui ne savent plus s'ils sont triples ou quadruples à force de noyauter la dissidence pour le compte des maîtres de notre temps ; et des jeunots fils ou petits-fils de soixante-huitards, manipulés par toute cette clique, et méprisant les anciens dont ils comblent la mesure. Après un siècle de fautes à Voltaire et de fautes à Rousseau et un siècle de mensonges littéraires à la Lamartine & Hugo, des décennies de débilités hollywoodiennes devaient fatalement accoucher de tels zigitos. C'est désolant. Ils ont au fond d'eux cette même fange qui fait aussi tout le gauchisme, et qu'ils se disent de droite ou gauche ils communient en une même ordure. Ce sont nos salafistes, qui « font du bon boulot », comme disent ceux qui s'en servent comme de serpillières bien pratiques, pour nettoyer tout ce qui subsiste de national et populaire (pléonasme voulu) chez les peuples d'Europe. Merci pour vos réponses.


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