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Publié le par Florian Rouanet
Une révolution n’est pas mono-factorielle et non totalement imprévisible :
Il n’est pas possible de penser que nous sommes parfaits en ce monde, tiraillés que nous sommes vers le péché. Et ainsi, penser que tout le mal vient de l’ennemi, comme avec la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle, en faisant l’impasse sur tous les autres facteurs, et notamment notre part de responsabilité et inaction, tombe dans l’inexactitude.
Ce mode de pensée, souvent 1) surnaturaliste et 2) conspirationniste, en milieu catholique, mène à l’angélisme, à l’auto-victimisation et à l’attentisme, où tout serait vu comme merveilleux et parfait, dans nos cercles proches.Aussi, il n’est pas permis de penser, pour être en phase avec la réalité, que tout arrive du jour en lendemain :
De même que le modernisme culminant au Vatican, ne survient pas de nulle part et d’un seul bloc nouveau : de même, la Révolution française, est née aussi en bonne partie à cause des insuffisances de la fin de la Monarchie française.
Durant ces derniers siècles, retirez la franc-maçonnerie de l’équation : il restera la nature humaine, son orgueil, ses conflits et autres ennuis.
Et encore, nous ne remontrons même pas ici aux perturbations protestantes en France, allant jusqu’à faire apostasier en outre, la moitié de l’Europe… !
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France, athéisme et fin de monarchie, il s’agit ici de trouver des références notamment écrites de promotion de l’athéisme entre les XVI et XVIIIe siècles français, pourtant encore dit « très chrétien ».
La monarchie française, traditionnellement surnommée « fille aînée de l’Église », incarne jusqu’au XVIIIᵉ siècle l’idéal d’un royaume profondément dévot et catholique. Pourtant, derrière cette façade se développe progressivement une critique radicale du christianisme, portée par des penseurs qui profiteront d’un contexte de centralisation culturelle et d’imprimerie florissante pour diffuser des idées contraires à la foi de nos pères.
Les premières remises en question : XVIᵉ et XVIIᵉ Siècles
Dès le XVIᵉ siècle, certains humanistes ouvrent la voie à une « pensée critique ». Michel de Montaigne, dans ses Essais (1580), initie une réflexion sceptique, posant les limites de la connaissance humaine et des certitudes dogmatiques : il diffuse déjà, à minima, un agnosticisme. Étienne Dolet, quant à lui, poussait plus loin le trait : car cet « érudit », accusé d’hérésie fut exécuté en 1546, devenant une sorte de figure tragique de l’anticléricalisme.
Au XVIIᵉ siècle, les écrits se multiplient, bien que souvent ils demeurent clandestins. Les pamphlets critiquant l’Église circulent dans des cercles cultivés, nous y reviendrons, du temps des derniers rois de France.
Le XVIIIᵉ Siècle : offensive des Lumières
Le XVIIIᵉ siècle marque un tournant. L’Encyclopédie (1751-1772), dirigée par Diderot et d’Alembert, se présente comme un manifeste intellectuel visant à « éclairer les esprits ». Sous couvert de science et de philosophie, ces articles critiquent ouvertement l’Église, remettent en question l’existence de Dieu et valorisent le rationalisme. Ce travail est diffusé à grande échelle, malgré les interdictions.
À ce stade, Voltaire joue d’ailleurs un rôle de premier plan avec ses écrits, tel que le Traité sur la tolérance (1763). Mais c’est surtout sa littérature et son ironie qui séduisent, rendant les idées anticléricales « à la mode », accessibles à un public élargi.
Jean Meslier, quant à lui, prêtre défroqué, laisse après sa mort un Mémoire contre la religion (1729), l’œuvre radicalement athée sera publiée clandestinement, mais influencera durablement lesdits libres penseurs. Ce cas est particulièrement révélateur, car en dépit de ses fonctions, il rédige un plaidoyer pour l’athéisme, accusant la religion d’être un outil d’oppression, faisant ainsi écho à Etienne Dolet, précédemment cité (et ce, bien avant que ne survienne le marxisme matérialiste !).
Paradoxe au cœur de la Monarchie « Très Chrétienne »
Il est frappant de constater qu’une monarchie se revendiquant gardienne de la foi catholique a laissé prospérer, impuissante, voire pire, un tel terreau d’athéisme, d’anticléricalisme (les maçons de la IIIe République n’ont rien inventé !) et d’agnosticisme… Lesdits abus du clergé dénoncés et combinés à une mollesse inactive royale ont favorisé ces diffusons.
Louis XV et Louis XVI n’ont pas su, ou pu, ou encore voulu (surtout pour le second), contrer efficacement ces courants. La censure, bien qu’appliquée, s’est avérée insuffisante.
Louis XV & Louis XVI
Si Louis XV restait officiellement dévot, et a même réagit contre l’installation des premières loges maçonniques – soutenu par le Cardinal de Fleury et sa Police royale -, à la suite des condamnations papales de Clément XII (encyclique, In Eminenti), son règne vit clairement un affaiblissement de la répression et une montée des Lumières.
En effet, l’aristocratie, dévouée à Louis XIV, le Roi soleil, s’est ennuyée à la suite de son trépas et à fini par « se divertir » en lisant les penseurs nouveaux dans leurs salons bourgeois, maçonniques et libéraux…
- Diffusion de l’athéisme :
- Des auteurs derechef comme Diderot, lequel publia La Lettre sur les aveugles (1749), furent accusés de promouvoir l’athéisme.
- Voltaire, bien que déiste, dénonce dans certains écrits le cléricalisme, ouvrant la voie à un anticatholicisme, non et post-protestant.
- La publication de l’Encyclopédie (1751-1772) introduit de manière semi-voilée, des critiques sur la religion.
- Réactions de l’Église et de l’université :
- En 1759, l’Église obtient la condamnation officielle de l’Encyclopédie par Rome et la censure royale.
- L’Université de Paris, condamne régulièrement les doctrines contraires à la foi chrétienne, qui nie explicitement l’existence de Dieu, mais les réactions s’affaiblirent au XVIIIᵉ siècle. Par exemple, en 1624, de plus haute vigueur, la Sorbonne condamnait les œuvres de René Descartes pour leurs implications contraires à la sainte théologie chrétienne.
Louis XVI (1774-1793) : passivité face à l’irréligion
- Essor de l’athéisme sous couvert des Lumières :
- Des philosophes comme d’Holbach et son Système de la Nature (1770) formulent ouvertement des doctrines matérialistes et athées.
- Ces écrits se diffusent dans les cercles intellectuels (le poisson pourrissant toujours par la tête !).
- Réactions ecclésiastiques :
- L’Église catholique condamne systématiquement ces ouvrages et appelle à leur interdiction, mais elle est affaiblie par la crise financière et politique du royaume (de surcroît, en France gallicane, et ses parlements, sa voix passe difficilement, ce qui est un comble).
- Réactions royales faibles :
- Louis XVI, roi débonnaire, préoccupé par la crise révolutionnaire, n’imposa pas de mesures rigoureuses et viriles, en réaction.
- La Révolution française (1789) marqua une rupture, avec la foi catholique et instaurera le culte de la Raison, ce qui institutionnalisa durablement une forme d’athéisme et de « déisme » politique radical.
La lâcheté fera le reste, la deuxième partie du XVIIIe siècle incarnait déjà « la fin d’un monde » pour reprendre une expression d’Edouard Drumont.
Tous ces types d’exemple riches en enseignements sont inspirés de libres-propos échangés entre Vincent Reynouard et Oremus
- Diffusion de l’athéisme :

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