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Publié le par Florian Rouanet
Langues et poésie :
Nous retrouvons ici une vraie poésie populaire et tragique, poésie d’un peuple au climat rude et ayant vécu dans la dureté ces derniers siècles : occupation espagnole dure.
L’allemand (ou haut allemand linguistiquement) est assez spécial en tant que langue à l’image du peuple qui la parle, c’est une langue assez savante, sans mots étrangers ; elle est toutefois en même temps pleine d’archaïsmes, de déclinaisons incessantes et qui ne servent pas toujours à grand-chose. Nous avons même deux déclinaisons (les masculins forts et faibles), fait unique pour une langue moderne.
Les Allemands s’y perdent eux-mêmes, c’est qu’ils ont une langue très discriminante, et avec la chute du niveau scolaire qui afflige aussi l’Allemagne, nous entendons plein de journaleux et d’hommes politiques qui disent au génitif das Auto des Präsident (la voiture du président) au lieu du correct das Auto des Präsidenten.
C’est ici que l’on identifie immédiatement le niveau d’instruction…Le néerlandais (bas allemand linguistiquement) ne s’embarrasse pas de tout cela et c’est une langue infiniment plus enracinée et populaire, elle se prête magnifiquement à la poésie.
Quant à l’espagnol (castillan), c’est la langue romane qui se prête le plus à la poésie. C’est aussi la langue romane qui fait le plus un avec le peuple qui la parle – et aussi la plus aristocratique -, on le constate au nombre important de chansonniers et de poètes sans instruction que la Castille a eus jusqu’à il y a peu.
Un vrai poète est instruit et lettré, non un fieffé philistin consommé. Exactement comme les aèdes qui déclamaient les hauts faits des héros homériques à Mycènes vers -1300. À l’exception que le contraire est valide, lorsque leur art est uniquement oral : ses adeptes avaient tout dans la tête, ce qui avait aussi de quoi impressionner par sa capacité a retenir, à scénariser avec une certaine spontanéité.
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C’est un poème magnifique, il prend aux tripes et transporte le cœur, connaître et se remémorer ces vers vous rend ému. C’est une ode à la Flandre, un poème d’amour et un poème nationaliste, dont la thématique de liberté patriotique n’est pas sans rappeler l’actualisation que nous avons faite dans nos colonnes du Loup et du Chien de La Fontaine.
Appréciez donc cette production du poète nationaliste flamand René De Clercq (à découvrir avec Albrecht Lodenbach de Roulers), Dat is van alle kwalen Vlaanderen uw grootste kruis :
Dat ist van alle kwalen C’est de toutes les misères
Vlaanderen uw grootste kruis Ma Flandre, ta plus grande croix
Dat al die u verraden Que tous ceux qui te trahissent
Zijn meester in uw huis; Soient maîtres chez toi;
Dat knechten van uw knechten Que les ilotes de tes ilotes
Voorzitten aan uw dis Président à ta table
En’t zaad der onberechten Que cette engeance illégitime
niet voelt wat onrech is. ne s’avise pas de l’injustice qui t’affligeMaar dat is in uw lijden Mais c’est dans ta souffrance
Een wondre Zegen Gods Une grâce magnifique de Dieu
Dat wie daar durft te strijden Que celui qui ose ici combattre
Al tirannij ten troots Malgré la tyrannie
Gevangen of verbannen Prisonnier ou banni
Te mideen ramp en nood Au milieu du désastre et du péril
Vrij man naast zijne mannen Homme libre avec sa truste
U liefheeft totterdood. T’aimera jusqu’à son dernier souffle.-*-
Merci à David Veysseyre pour sa traduction personnelle et fidèle.
Vliegt de Blauwvoet! Storm op zee!
België barst, nederland een!


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