• Tyrannie et servitude volontaire avec La Boétie – Le Précepteur



    Agir sur ce qui dépend de soi

  • Citations et biographie :

    « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. »

    « Chose vraiment surprenante (…) c’est de voir des millions de millions d’hommes, misérablement asservis, et soumis tête baissée, à un joug déplorable, non qu’ils soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient redouter, puisqu’il est seul, ni chérir, puisqu’il est, envers eux tous, inhumain et cruel. »

    Discours sur la servitude volontaire.

    Étienne de La Boétie naît à Sarlat dans le Périgord en 1530. Issu d’un milieu aisé et cultivé il est attiré, à l’instar de nombreux jeunes nobles et bourgeois de son temps, par l’étude des civilisations grecque et romaine, auxquelles d’ailleurs il fait très souvent référence dans son ouvrage. Il a 18 ans lorsqu’il rédige le Discours de la servitude volontaire,  qui deviendra son œuvre la plus connue.  Rédigé en 1549 donc et publié en 1576, le Discours de la servitude volontaire prend le contrepied de l’œuvre de Machiavel Le Prince, écrite en 1513 et dédiée à Laurent de Médicis, seigneur de Florence. Au contraire, dans sa thèse proto-anarchiste La Boétie, plutôt que de légitimer le pouvoir, soutient que la puissance du tyran repose exclusivement sur le consentement populaire. Une fois que le peuple refuse cette puissance, le pouvoir du tyran s’écroule.

    Il intègre dès l’âge de 23 ans le parlement de Bordeaux et participera par la suite, en tant que médiateur, aux négociations entreprises entre catholiques et protestants durant les guerres de religion. Marié avec la veuve du frère de son ami Michel de Montaigne, il meurt de dysenterie ou de peste en 1563.

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    Analyse politique :

    Dans la lignée du courant humaniste français, il nous manquait encore une référence à Étienne de La Boétie.

    La servitude des hommes est librement consentie, c’est ce en quoi le peuple est consentant plus que victime – contre cette erreur grossière de l’anarchisme de gauche ! – par rapport à ses représentants selon l’architecture doctrinale de notre humaniste.

    C’est ici que l’on retrouve l’idée d’agir dans le cercle où l’on peut encore faire quelque chose – de se soucier de ce qui dépend directement de nous (propos d’Épictète). Cela évite que l’individu se décharge de sa responsabilité propre en la redirigeant sur la situation qu’il subit de la part de gouvernants.

    On ne peut réduire les évènements historiques à de la pure conspiration pour cette raison infantilisante. Plutôt que de mettre les gens en position de victime et d’éternels dominés, en reprochant à l’oppresseur de l’être, on les responsabilise.

    Autrement, il existe plusieurs raisons à cette complicité ou docilité de la personne envers son bourreau. Il s’agit de l’abandon de sa liberté pour un peu de confort pratique, éduqué à l’obéissance qu’il est. Ce qui revient au final à quelque chose de plus insidieux que le classique syndrome de Stockholm – aimer son violent oppresseur.

    Les principes de la domination politique sont d’ailleurs plus pervers en régime dit démocratique et représentatif, mais le processus reste le même, car dans tous les cas, il s’agit d’administrer la Cité. De plus, lorsque la situation échappe à un régime, une dictature militaire reste plus sûre d’elle-même et donc rationnelle.

    En tant que solution, La Boétie préfère l’idée de désobéir et de mépriser le pouvoir plutôt que de le combattre frontalement, car le combattre – outre la difficulté et la dangerosité de le faire – c’est surtout le valider, avouer la place qu’il tient. C’est sa théorie de l’émancipation qui se réduit à dire trois fois non, afin de rendre illégitime le tyran, car paradoxalement, c’est le pouvoir qui a davantage besoin du peuple, que le peuple de lui ; si l’on s’affranchit par la raison du moins.

    Veillons à garder le calme des veilles troupes et incarnons cette force matérielle, afin de faire advenir des jours meilleurs sans Crif, sans flot migratoire continu, sans passeport sanitaire et sans masque facial.

    Livre à la Fnac

    La vidéo suivante est concoctée par Le Précepteur, une chaîne de philosophie :

    Résumé de la thèse de son discours :

    – Le pouvoir des tyrans ne repose que sur l’abandon du pouvoir du peuple.

    – Le tyran est souvent un homme faible, comme les autres. Seuls les crédules peuvent l’idolâtrer.

    – Il n’y a d’oppression que volontaire.

    – Les peuples sont responsables de leur mise sous tutelle

    – L’usage de la raison fera disparaître chez les peuples le besoin d’être trompé et dominé.

    – Les tyrans créent une structure de pouvoir très élaborée, consistant en une hiérarchie à plusieurs niveaux, composée d’une conspiration des complices.


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  • 4 commentaires




    […] Lire aussi le discours sur la servitude volontaire de La Boétie. […]


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    https://mouvement-transitions.fr/index.php/intensites/le-contresens/sommaire-de-contresens/729-n-14-michel-magnien-la-boetie-democrate : « Comment, pourquoi le célèbre Discours de la servitude volontaire de La Boétie, l'ami de Montaigne, a-t-il pu être lu comme un texte célébrant la liberté démocratique alors qu'il respire le mépris du peuple ? Comment un pareil contresens peut-il avoir été obstinément reconduit dès l'époque qui l'a vu naître ? Comment a-t-il pu même être mis au service des causes les plus diverses ? | La réponse de Michel Magnien est double. La première raison de ce contresens, nous montre-t-il, est historique : en publiant ce texte “au sein de pamphlets appelant à résister à l’oppression, et identifiant explicitement le tyran […] à Charles IX puis à Henri III”, le parti protestant a orienté les lectures ultérieures de façon décisive. Mais la seconde raison, à la fois historique et transhistorique, se révèle la plus déterminante, et la plus paradoxale : si le parti protestant a pu enrôler de la sorte le Discours de La Boétie à sa cause, c'est en raison de sa généralité et de sa plasticité : ce texte reçoit sa frappe de l'imitation des Anciens, de la convocation présente de leur vertu passée.(…) Cette édition est envisagée dès l'Avertissement comme une “réhabilitation”, marquant, dans le sillage de Lamennais, la volonté de ne plus faire “de Montaigne que l'appendice de La Boétie tandis que La Boétie, qui était cependant un autre homme, n'a été jusqu'ici que l'appendice de Montaigne” : Vermorel entend bien “rétablir cette mâle et austère figure de patriote démocrate”, puisque, sous la plume du jeune journaliste socialisant, La Boétie devient l’un des “ancêtres [62] héroïques de la Révolution de 1789”, le premier homme à avoir “mis son talent au service des idées démocratiques et libérales [63]”. On lit ici déjà tout l’argumentaire des républicains et libéraux qui lutteront durant le début de la Troisième République pour imposer cette figure de jeune penseur audacieux, de préférence à l’auteur par trop conservateur et monarchiste des Essais. Ce mouvement connaîtra son acmé en 1892 lors de l’inauguration à Sarlat, avec force démonstrations républicaines [64], de la statue de la Boétie, qui tient son manuscrit du Contr’un dans la main gauche… [note 64 : Lors de cette inauguration (le 4 juillet 1892), le Ministre de l'Instruction publique, Léon Bourgeois, présentera La Boétie comme “l’un des précurseurs de la Révolution” (cité par J.-J. Escande, “La statue d'E. de La Boëtie”, in Histoire de Sarlat, Sarlat, Lafaysse, 1936, p. 479-485). Voir aussi les analyses d’A. Compagnon (“Le centenaire d'un centenaire”, in Chat en poche. Montaigne et l'allégorie, Paris, Seuil, 1993, p. 15-50), qui montre comment l’inauguration de Sarlat a interdit la célébration du troisième centenaire de la mort de Montaigne. »] | En réalité les révolutionnaires, et plus tard les admirateurs de 1789, méprisaient le peuple (leurs appels au Peuple et à la Nation avaient les accents, les buts et la sincérité de ceux de Staline en appelant à la Sainte Russie en 1942) et se considéraient comme l'élite éclairée, exactement comme les aristocrates qu'étaient Montaigne et La Boëtie ; ce dernier souhaitait au fond et appelait de ses vœux une république de nobles (comme, en dépit de ce qu'on l'appelait un royaume, le désastreux régime de la Pologne de ce temps). Le F.·. Léon Bourgeois (pour qui la F.·.M.·. va avec la République, au sens de régime d'une élite par opposition au puvoir personnel des véritables monarchies) avait bien compris cela. Il voyait fort bien où allait La Boëtie, le petit copain de Montaigne. C'était à juste titre qu'il s'en réclamait. | La Boëtie souhaitait un écrasement sanglant du protestantisme par un régime où les parlements et les notables l'emporteraient sur le roi, l'établissement d'une foi unique où l'Église aurait pour seule raison d'être l'accomplissement des rites, où elle abandonnerait les dogmes et serait régie par l'État. Ainsi, par sa préférence pour les régimes court-circuitant l'alliance de la plèbe et du monarque, par son ritualisme, pat son gallicanisme et par son relativisme, il fut un précurseur du mouvement parlementaire d'opposition à l'absolutisme qui préfigura et favorisa la révolution. Le monde moderne n'aurait déplu à cet auteur (et à son petit copain Montaigne) que par le mépris qu'il affiche pour la fonction guerrière (mépris qui couvre pudiquement son interventionnisme belliciste). https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1924_num_10_47_2315_t1_0214_0000_2 | En présentant mes excuses, pour le cas où il me lirait, à « 𝑉𝑖𝑘𝑡𝑜𝑟 𝑣𝑜𝑛 𝐵𝑒𝑟𝑔 », sûrement peu content de me relire, et en laissant chacun admirer avec bonne conscience de vrai hommededroite les modèles de ce qui nous détruit, les prophètes de 1789, et pourquoi pas le monde merveilleux né de l'avènement de ce régime de notables imaginé par leurs auteurs de référence.


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    […] les indispensable, il vous faut connaître aussi La Boétie et la littérature classique en […]


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    […] cette lecture avec l’Art de la guerre de Sun Tzu, Propaganda d’Edward Bernays, le discours de la servitude volontaire de La Boétie et Psycologie des foules de Gustave le Bon. On admirera in fine les éléments culturels […]


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