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Publié le par Florian Rouanet
Profitons du fait d’être prolixe et prolifique pour publier de nouveau les textes rédigés par ces demoiselles !
Nous vous faisons découvrir ci-dessous l’expérience personnelle d’une fille ayant connu l’école la maison, laquelle instruction est tant menacée aujourd’hui comme le sont le reste de nos libertés concrètes, comme celle d’aller et de venir entre autres choses.-*-
« Tu es en quelle classe ? »
Cette question, quel écolier ne l’a pas entendue ? Pour les enfants dont l’univers se réduit à l’école, ou plus précisément à leur classe, cette question est primordiale. Vous n’êtes pas de leur classe ? Soit, vous êtes trop grand, soit trop petit. Et si par malheur vous êtes trop petit, mais dans leur classe, ou de leur âge mais plus avancé, ou en retard… alors, un immense problème se pose pour leur petite tête.
Combien de fois n’ai-je pas dû répondre à cette autre question : « Mais tu as sauté des classes ? ». Une enfant de mon âge pensait que je mentais quand je déclarais que je n’étais déjà plus en primaire alors que j’avais seulement 9 ou 10 ans.Et puis quand tout à coup vous êtes obligé d’avouer que vous ne mettez jamais, ô grand jamais, les pieds à l’école, là vous êtes décidément un extraterrestre.
Je n’ai jamais demandé la classe des autres, je m’en fichais du moment que je m’entendais avec eux.Pour beaucoup de gens, l’idée même de ne pas envoyer ses enfants à l’école est impensable, impossible. On s’imagine qu’il n’y a pas d’autre solution, qu’enfin, l’école laïque, gratuite et républicaine est le passage obligé vers l’âge adulte.
Pourtant, la loi déclarait l’instruction obligatoire, mais point l’école, et celle-ci pouvait parfaitement être dispensée par les parents, ou des maîtres, des professeurs particuliers, comme aux époques ultérieures.D’ailleurs, jusqu’à présent, des parents soucieux de la bonne éducation de leurs enfants ont usé de ce droit. Pour créer des écoles ne dépendant point de la sacro-sainte éducation républicaine, ou pour prendre en main eux-mêmes, avec leurs grâces d’état données par Dieu, l’éducation intégrale de
leurs enfants.Je fais partie de ces enfants chanceux qui ont pu profiter de leur enfance pour faire mille-et-une choses que le rythme scolaire ne permet pas. Je fais partie de ceux qui pouvaient passer des après-midi à dessiner, jouer, sortir en promenade, s’occuper des poules. De ceux que les professeurs de
musique pouvaient prendre à n’importe quelle heure la semaine, de ceux qui peuvent pratiquer deux ou trois activités sportives sans être épuisé le week-end, de ceux qui ne se sont jamais levés à 6 heures du matin pour prendre un bus scolaire. De ceux enfin, qui ont pu profiter de leurs frères et sœurs beaucoup plus que quelques heures le soir et le week-end, alors qu’on aspire seulement à dormir et à ne pas être ennuyé par les rires de la petite dernière.C’est un autre monde que certains ne s’imaginent pas et que la majorité des gens ne connaîtront jamais. C’est pourtant une possibilité ouverte à tous, c’est une liberté qui n’oblige point : certains seront plus à l’aise dans un milieu scolaire, d’autres pas.
Le 13 août prochain, le Conseil Constitutionnel se prononcera sur une loi dont certains articles sont destinés à vérifier que les enfants de la France sont bien élevés en parfaits républicains. Cette loi a été votée et revotée par une Assemblée molle et moutonnante. Maintenant, pour instruire son enfant – pesons bien ces mots –, il faudra demander l’autorisation. Est-ce mon enfant ou celui de la République ?
Tout n’est pas encore joué, mais la Gueuse continue de dévoiler son vrai visage.
Saluons l’action courageuse du député Gregory Labille, qui rassemble patiemment des députés pour faire une saisine du Conseil Constitutionnel, et des diverses associations saisissant le même Conseil via des portes étroites rédigées par des avocats de talent.
Tout est lié, toutes les libertés bonnes doivent être supprimées pour laisser place aux libertés mauvaises, toute licence pour faire le mal, mais aucune pour faire le bien.
Pour nous, ayons sous les yeux l’étendard de la Croix, et l’espérance du Ciel, et comme François Athanase Charette de la Contrie, général vendéen, nous pourrons dire :
« Combattu… souvent
Battu… parfois
Abattu… jamais ».Pour nos enfants, nos écoles, et la liberté de choisir le meilleur plutôt que « le moins pire ».

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