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Publié le par Florian Rouanet
Le règne de la muselière physique et mentale (extrait de l’éditorial) :
« Ce monde est complètement fou. Si un Poilu disparu il y a quelques décennies revenait aujourd’hui en France, il ne reconnaîtrait pas son cher pays. Il verrait en effet dans les rues des individus de tous âges masqués, y compris des enfants et des vieillards, des gendarmes et des policiers vérifiant que tout un chacun porte bien la muselière qui ressemble furieusement à une serviette hygiénique et punissant au moyen d’amendes à 135 euros les rares distraits et récalcitrants ne s’étant pas munis de l’instrument de servitude. Cette année 2020 nous aura réservé décidément bien des surprises : pendant près de trois mois nous avons été assignés à résidence, n’ayant le droit de quitter notre domicile qu’une fois et une heure par jour, comme les détenus qui peuvent se promener dans la cour de la prison pendant soixante minutes quotidiennes, et uniquement pour aller faire nos courses au supermarché. Nous avons dû montrer à la police ou à la maréchaussée un document dûment rempli et signé attestant des raisons de notre bref déplacement. Les grands media nous ont enjoint d’applaudir chaque soir à vingt heures les soignants à la façon d’automates ou de marionnettes téléguidés. Et désormais il faut porter dans la rue et dans les espaces clos le masque, naguère décrié ou jugé inutile par les pouvoirs publics, et désormais considéré comme bienfaisant et protecteur.
Outre que nous avons tous l’air ridicule affublés de ce masque (et c’est sans doute aussi ce qui est voulu), qui ne voit qu’il est en réalité très mauvais pour la santé de l’utilisateur, surtout s’il est porté pendant de longues heures sans discontinuité ? La Providence nous a créés de telle manière que nous puissions résister nous-mêmes à des virus et à des microbes et il n’est nul besoin de muselière pour cela. Autrefois on apprenait à l’école que l’on inspirait pour prendre de l’oxygène puis que l’on rejetait le dioxyde de carbone, avec ce masque nos sécrétions ne s’évacuent guère, c’est un nid à staphylocoques, comme le dénoncent des médecins, nous avons de surcroît le sentiment d’étouffer et les personnes qui portent des lunettes sont très gênées par la buée engendrée. Bref, alors même que le virus est en voie d’extinction sous nos latitudes, qu’on ne compte que quelques morts quotidiens sur 67 millions de Français et assimilés (et encore faudrait-il être sûr que ces quelques décès soient dus exclusivement au Covid-19), c’est une vraie folie et une insupportable tyrannie que de rendre obligatoire le port de cette muselière. Ce que les pires tyrans dans l’histoire n’avaient pas pensé ou osé faire, nos dirigeants actuels le font, et on impose même le port du masque aux enfants dans les écoles en cette rentrée scolaire particulièrement ubuesque.
Mais la muselière physique n’est jamais que le symbole, le prolongement et le couronnement de la muselière mentale qui se fait de plus en plus coercitive et oppressante. L’hystérie ne concerne pas seulement le Covid-19 mais se donne libre cours dans de nombreux domaines. Ces dernières semaines ont ainsi été marquées par une aggravation considérable de la répression. Fermeture de chaînes Youtube, suppression de comptes Facebook, VK et Instagram, garde à vue pendant 48 heures et mise en examen d’Alain Soral, interpellé et menotté dans la rue en plein Paris le 28 juillet 2020 par quatre policiers de la Brigade de Répression de la Délinquance contre la Personne (BRDP) pour, tenez-vous bien, « provocation publique, non suivie d’effet, à la commission d’un crime ou d’un délit portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Un délit de presse passible de cinq ans de prison ferme. Les pouvoirs publics, et les organisations communautaires auxquelles ils obéissent au doigt et à l’œil, ont déterré du code pénal des législations datant de la fin du XIXe siècle lorsque la IIIe République faisait face à un fort et violent courant anarchiste qui avait été jusqu’à assassiner plusieurs chefs d’Etat. Décidément, comme le disait Maurras, « la République gouverne mal mais se défend bien ». Car qui réellement porte aujourd’hui atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, sinon précisément les malfaisants qui nous oppriment ?
Si Soral a été libéré le 30 juillet contre l’avis du Parquet qui réclamait sa détention provisoire, les mises en examen et procès pleuvent contre le président d’Egalité et Réconciliation. Mais aussi contre votre serviteur qui fait face ce mercredi 2 septembre à six procès jugés le même jour devant la XVIIe chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris pour un éditorial de RIVAROL sur la panthéonisation de Simone Veil en juillet 2018, pour une vidéo et différents écrits datant de deux ans. L’hystérie a également été totale à la suite du tag découvert le 21 août sur le centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. Alors que chaque semaine, dans l’indifférence générale et un silence sépulcral, des églises sont profanées, des cimetières vandalisés, des statues de la Sainte Vierge ou des saints maculées, des croix renversées, y compris au sommet de collines ou de montagnes où elles avaient été plantées souvent depuis des décennies voire des siècles, un simple graffiti qui n’insultait personne et qui demandait seulement que toute la vérité fût faite sur la tragédie qui eut lieu le 10 juin 1944 dans ce village de Haute-Vienne près de Limoges, a suscité les cris d’orfraie de tous les partis politiques, de tous les ministres, jusqu’au Premier, du chef de l’Etat lui-même et de son prédécesseur, François Hollande, qui a longuement disserté sur les mobiles supposés de l’auteur ou des auteurs du graffiti.
On le voit à ces quelques exemples, non exhaustifs, nous vivons dans un pays occupé, dominé, asservi, colonisé. Pas seulement par des populations étrangères, dont certains éléments commettent des crimes affreux, comme en témoignent les supplices en juillet de Philippe à Bayonne, d’Axelle à Lyon ou de Mélanie près d’Agen, mais aussi par un pouvoir et des coteries qui ne cessent de nous humilier (y compris par le port du masque), de nous ruiner (le confinement aura détruit une bonne partie des milieux indépendants et entrepreneuriaux en France), de nous tympaniser, de nous tyranniser et de nous sacrifier. Et de sacrifier d’abord les plus faibles d’entre nous. Avec l’avortement étendu à neuf mois de grossesse en cas de détresse psycho-sociale. Et l’euthanasie appliquée aux malades jugés incurables ou gênants et aux vieillards à coup de Rivotril et autres produits mortifères. Il est vraiment temps que les choses changent, même si à vue humaine cela paraît très compliqué. […] ».
Jérôme Bourbon.
Rivarol du 2 septembre 2020, N° 3436


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