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Publié le par Florian Rouanet
À propos de l’origine catholique du mot de « félibre » et de sa signification (titre particulier des poètes occitans) :
« Ce mot de Félibre pourtant, mystérieux au point qu’il était incompréhensible, d’où venait-il ?… « On le trouva, dit Mistral, dans une poésie légendaire que M. Mistral [son père] avait recueillit à Maillane, poésie qui se récite encore en guise de prière dans certaines familles du peuple. » [Frédéric Mistral, Mémoires] C’est la Vierge qui parle à Jésus dans ce naïf cantique, énumérant ses douleurs, et elle dit entre autres choses : [Français : La quatrième douleur que j’ai soufferte pour vous, – O mon fils tant précieux, – C’est quand je vous perdis, – Que de trois jours, trois nuits, je ne vous rencontrais, – Quand vous étiez dans le temple – Et vous discutiez – Avec les tirons de la loi, – Avec les sept Félibres de la loi. » [vous trouverez la version rédigée en occitan dans le livre]. « M. A. Jeanroy [et son article sur le mot félibre, Romania, 1894, tome XXIII] semble avoir enfin restitué au mot tout son vrai sens, en le rapprochant de l’espagnol feligrès, qui signifie paroissien, client, mais qui, venant de filius ecclesiæ pouvait signifier au Moyen-Âge fidèle ou prêtre et qui signifie encore en catalan, enfant de chœur, et c’est le sens le plus probable surtout si on le compare au mot voisin tiroun, qui vient sans doute du latin tiro (conscrit). » [pages 446-447]
Ce nom évitait de reprendre celui alors désuet et archaïque des « troubadours » tout en le rappelant par la même occasion.
Ensuite M. Ripert conclut son livre de ces mots : « De jeunes poètes, je le sais par leur talent et leur audace, affirment la vitalité de la langue d’oc, et pourtant leur public, il faut bien le constater avec peine, se restreint de plus en plus. Il n’importe après tout que le provençal ait le sort du grec homérique et du latin virgilien, si Mirèio se range à côté de l’Odyssée et de l’Énéide au nombre des grands poèmes de la civilisation méditerranéenne. Proclamons avec Théophile Gauthier que le « buste survit à la cité » et disons hardiment qu’un chef-d’œuvre subsiste bien au-delà du langage dans lequel il fut écrit. Mais sans vouloir préjuger de l’avenir, on peut s’accorder dans une admiration commune du dix-neuvième siècle provençal. »
Hélas, dès la seconde moitié du XIXe siècle, il n’y avait plus que la bourgeoisie provençale qui parlait sa langue et c’est ainsi qu’une langue finit par devenir langue morte : lorsqu’elle n’est même plus populaire. Toujours est-il que, comme le signifiait M. Ripert in. Avec Mistral sur les routes de Provence : « Toutes les routes de Provence mènent à Mistral ».

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IVe couverture : « Publié en 1917, cet ouvrage, mise en forme d’une thèse de doctorat, nous donne les clefs de la compréhension de la renaissance de la littérature provençale au XIXe siècle qui devait, sous l’impulsion de Mistral, mener au félibrige et au développement d’une forme accomplie de poésie en langue d’Oc. L’auteur y voit le résultat d’un renouveau du « patois » et l’influence des « poètes-ouvriers ». » PDF complet et gratuit
Émilie Ripet, La renaissance provençale 1800-1860 (couronné par l’académie d’Aix en 1917 avec le prix Thiers).Dans les personnalités essentielles de ce courant, outre Frédéric Mistral, nous pouvons retrouvés divers traditionalistes avec Jasmin, Joseph Roumanille, l’abbé Lammenais [dans la première partie de sa vie avant de devenir moderniste], Théodore Aubanel, etc. (ou encore l’histoire linguistique avec les grammairiens comme Louis Alibert).

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