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Publié le par Florian Rouanet
Présentation : « Occitanie Libre » du Parti nationaliste occitan est un livret de 70 pages sortit en 1973 qui n’est plus édité. C’est une mine d’information qui réjouirait tous les identitaires et régionalistes intègres. Nous y retrouvons un programme politique traditionnelle pour la patrie méridionale. Le compte-rendu à la fin.
Un occitan d’Occident.
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Les différents chapitres sont titrés et sous-titrés selon ce qui suit :
– L’Occitanie. L’économie occitane et les classes sociales. La culture occitane. Les structures familiales et éducatives. La politique en Occitanie. La théorie ethniste.
– Positions et orientation politique du P.N.O. (Objectifs principaux. Objectifs « secondaires », objectifs intermédiaires, voies et moyens -au plan : politique, socio-économique, socio-culturel, socio-affectif et familial, organisationnel et propagandiste, international).
– Brève histoire du P.N.O. et du mouvement politique occitan (1959-1962 : Le P.N.O. naissant, 1962-1968 : La réaction pro-française, le C.O.E.A., 1968-1970 : La crise, 1970-1972 et ensuite ? : La percée.
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I. L’Occitanie :« L’Occitanie, ou pays de la langue d’Oc, est l’ensemble des territoires où l’Occitan est la langue indigène, sous l’une ou l’autre de ses formes. Soit à peu près trente-deux départements de l’État français, plus le val d’Aran dans l’État espagnol et une douzaine de vallées du versant et des Alpes du Sud, dans l’État italien. »
« Ce territoire est peuplé d’environ treize millions d’habitants, dont quelque 250.000 dans l’État italien et quelques milliers dans le val d’Aran ; les Occitans émigrés sont nombreux, sans doute près de deux millions dans la seule région parisienne, compensant vraisemblablement un nombre comparable de non-Occitans résidant en Occitanie. »L’économie occitane et les classes sociales :« Dans l’ensemble l’économie occitane est arriérée, sous-développée, le pays meurt (…). Les capitalistes nationaux occitans ou ce qu’il en reste sont relégués dans des petites entreprises qui vivotent ou font faillite ; la bourgeoisie nationale est elle aussi en voie de liquidation (notes : Précisions que tout capitaliste occitan n’est pas forcément un capitaliste national, puisqu’il peut être au contraire plus ou moins intégré au capitalisme français, anglo-américain, etc., et collaborer au pillage de son pays : c’est ce que l’on appelle bourgeoisie compradore ou collaboratrice). »
« Les « colons » français, venus du nord, appartiennent généralement aux couches dominantes : hauts fonctionnaires, cadres supérieurs ; par contre, les immigrés du bassin de la Méditerranée se partagent avec les autochtones les « basses besognes » : ouvriers agricoles, manœuvres du bâtiment, dockers… »
« Les immenses ressources naturelles de notre pays, minières et énergétiques, sont pillées sans profit pour nous : l’hydroélectricité, le gaz naturel, l’uranium, la bauxite, le plomb et toutes sortes de métaux non ferreux, le sel, etc., ne payent aucune redevance à la région où ils sont extraits, ne sont le support de pratiquement aucune activité sur place. De même, les ressources touristiques, le soleil, la mer, la montagne, sont l’occasion d’importants profits pour les promoteurs et industriels du nord. Par contre, l’impérialisme français n’hésite pas à mettre des milliers de mineurs occitans au chômage (…) »
« L’Occitanie est un pays qui meurt économiquement, qui se transforme en un vaste désert humain -prêt à se repeupler par la suite à partir d’oasis coloniales ?- »
« Cette solidarité entre classes nationales n’est pas le fruit de l’imagination ou de la volonté de quelques révolutionnaires occitans, elle est inscrite dans les conditions objectives de l’Occitanie, elle est une communauté d’intérêts réels, elle implique un combat commun pour leur satisfaction. Depuis quelques années, une prise de conscience de cette solidarité nécessaire commence à apparaître, d’abord au plan local quand se constituent des comités pour la défense de l’emploi regroupant toutes les couches de la population autour d’une usine menacée de fermeture, ensuite – encore timidement – au plan régional quand des syndicats et autres organisations se retrouvent dans des « comités régionaux pour la défense de l’emploi ». Mais il reste beaucoup de chemin à faire pour que l’union des classes nationales occitanes se réalise, tant dans le développement de leurs consciences de classes que dans la prise de conscience nationale occitane : ces deux consciences sont d’ailleurs liées. »La culture occitane :
« Il existe une langue occitane, qui n’est pas du « français d’oc » pas plus que de l’ « espagnol dégénéré » ou du « bâtard d’italien ». Si, sous François 1er, les armées françaises avaient conquis l’Italie et que cette conquête ait été durable, les dialectes italiens, du piémontais au sicilien, auraient sans doute été ravalés au rang de « patois », morcelés, infestés de mots français, mais il serait tout aussi impropre de parler de « français de si ». Le seul français est le « français d’oïl ». »« Comme toutes les langues du monde, l’occitan se présente sous la forme d’une multitude de parlers proches, entre lesquels on peut se comprendre immédiatement ou au bout d’un temps assez bref d’accoutumance, au contraire des langues étrangères, qu’il faut apprendre, plus longuement. Il n’en existe pas une variété officielle pour des raisons évidentes (historiques, politiques…), mais cette situation est commune à beaucoup de langues dans le monde. »« La langue parlée par une population est à la fois le reflet de sa façon de vivre – c’est-à-dire de sa culture – et l’outil qui lui sert dans toutes ses relations humaines ; de plus, les échanges culturels, intellectuels, seront bien plus denses à l’intérieur d’une même communauté linguistique qu’avec d’autres communautés. D’où la coïncidence sur les mêmes territoires, dans les mêmes populations, d’une identité linguistique et d’une identité de « caractère national », de culture. Et même si la langue indigène recule considérablement devant une langue étrangère, l’identité culturelle-nationale se maintient encore quelques temps.C’est pourquoi les villes sont occitanes, même si l’occitan n’y est presque plus parlé. »« Le français sert de plus en plus de langue commune entre les Occitans qui ne se connaissent pas bien – par exemple, qui ne sont pas de la même région -, ce qui accentue la fragmentation, l’émiettement des dialectes.Les parler occitans sont infestés de mots français à peine adaptés, les mots occitans originaux traditionnels se perdent. »« La riposte occitane à ce dépérissement culturel, à cette assimilation, n’est pas nouvelle, mais ses résultats furent plutôt maigres pendant le siècle où justement les seuls problèmes culturels furent posés, de la création du Félibrige – en 1854 – à celle du Parti Nationaliste Occitan – en 1959. Actuellement, le nombre de lycéens étudiants l’occitan augmente régulièrement et considérablement ; des formes d’expressions modernes, chanson et théâtres engagés, sont apparues, elles ont rompu le cercle étroit de quelques centaines de personnes qui « faisaient de l’occitanisme » ; la plupart des Occitans savent maintenant qu’ils sont Occitans, ce qui n’était pas le cas, et de loin, il y a cinq ans. »Les structures familiales et éducatives :« Il ne faut pas s’étonner si les manifestations de « révolte de la jeunesse » en Occitanie sont beaucoup moins opposées aux adultes-parents qu’elles ne le sont en France : les relations entre classe d’âge ne sont pas les mêmes, les jeunes sont beaucoup plus aimés par les adultes qui soutiennent fréquemment des mouvements lycéens »« La jeunesse occitane est le fer de lance de la révolution occitane de demain »La politique en Occitanie :« L’Occitanie a été conquise par la France, en partie militairement, en partie par des mariages entre familles princières ou autre marchandage entre États. L´histoire de cette conquête dure du XIe siècle (annexion de l’Auvergne) et de 1209 (début de la croisade des Albigeois » par le massacre de toute la population de Béziers, 20.000 habitants) ».« Le personnel politique de l’État, même et surtout quand il a été occitan – Henri IV, IIIe République, [on pourrait ajouter Pierre Laval] – n’a jamais fait que de la politique de la nation dominante de cet État, la nation française, et de la classe dominante de cette nation.« La conscience claire d’une identité nationale semble avoir été totalement absente plusieurs siècles, de la fin du XIIIe jusqu’au félibrige ; et celui-ci, contemporain de tant de monuments de renaissances nationales en Europe, renoncera assez vite à la politique pour ne plus s’occuper que de langue et de littérature ».« Dans les années 1920-1939, la Catalogne voisine vit presque aboutie ses revendications politiques, par la création dans la République espagnole d’une Generalitat de Catalunya très largement autonome ; le mouvement occitan noua des relations encore plus étroites avec Barcelone, mais rien ne se fit pour le politiser, malgré même l’illusion assez répandue alors que Catalogne et Occitanie ne formaient qu’une communauté nationale… Après 1945, les « occitanistes » continuent dans la même voie étroite, de plus en plus littéraire, et Robert Lafont, alors secrétaire général de l’I.E.O. – Institut d’Estudis Occitans -, se heurte à des communistes quand il veut y poser les problèmes socio-économiques. »« Le premier mouvement politique occitan naquit en 1959 de la rencontre de cette situation, d’une théorie révolutionnaire générale susceptible d’y être appliquée pour la comprendre et pour servir de guide à une action visant à la transformer, enfin de militants révolutionnaires, qui fondèrent le Parti Nationaliste Occitan. »II. La théorie Ethniste :« La prédiction de la disparition rapide de la classe des petits-propriétaires – petits paysans, artisans, petits commerçants – s’est révélée fausse, au moins, dans la plupart des pays, beaucoup plus lente qu’il n’était prévu ; et c’est entre autres choses pour ne pas avoir assez tenu compte de cette classe « condamnée à brève échéance » que les Partis Communistes ont été impuissants devant la montée du fascisme entre les deux guerres. »« La lutte pour l’indépendance nationale est pour la quasi-totalité des nations du monde la seule lutte progressiste décisive ».« Autre est la question de la direction de cette lutte de libération nationale (…). L’expérience monte que ce rôle revient toujours, au moins dans les luttes qui réussissent, à une nouvelle couche sociale d’organisateurs socio-politiques spécialisés (que Lénine appelait « révolutionnaires professionnels ») et issus de ces diverses classes traditionnelles, pour former par la suite avec les hauts-salariés – techniciens, cadres, intellectuels – la classe dirigeante de la société socialiste, qu’on peut appeler « techno-bureaucratie » : responsable qualifiés de la politique et de l’économie. »« Pour toutes les nations, l’indépendance nationale, et son corollaire la voie nationale du socialisme, sont une nécessité actuelle, c’est la phase actuelle du progrès. »Positions et orientation politique du P.N.O. :« L’existence d’une nation occitane et sa situation coloniale d’une part, la théorie ethniste et ses implication d’autre part, fondent l’existence d’un Parti Nationaliste Occitan. »« Le programme fondamental du P.N.O. est son programme Inter-Nationaliste »Objectifs principaux, indépendance : politique, économique et culturelle :
« (…) création d’un État occitan souverain, dirigé par des forces authentiquement nationales, entretenant des relations pacifiques avec toutes les nations du monde. »
« De façon que le peuple occitan retrouve sa personnalité propre, ses capacités créatrices, un « art de vivre » original, ce qui exige d’abord et surtout une « reconquête » linguistique, au terme de laquelle l’Occitan ait repris sa place dans tous les aspects de la vie sociale. »
« Corrélativement, le P.N.O. estime que l’interdépendance, c’est-à-dire la collaboration sur des bases égalitaires entre toutes les nations est seule compatible avec l’indépendance nationale. »Objectifs « secondaires », objectifs intermédiaires, voies et moyens (au plan : politique, socio-économique, socio-culturel, socio-affectif et familial, organisationnel et propagandiste, international) :
« Il importe aussi que ces régions soient des zones ethniquement homogènes, et que des relations étroites s’établissent entre les différentes régions occitanes, conduisant à un d’ensemble « multi-régional » occitan autonome dans le cadre d’une fédéralisation de l’État français (…) pour une large autonomie des sept grandes régions occitanes – Auvergne, Dauphiné, Gascogne, Guyenne, Languedoc, Limousin, Provence – unies selon un système fédéral dès (et même avant) l’indépendance. »
« Le P.N.O. estime nécessaire de mettre un terme au dépérissement de l’économie occitane et à l’exode de la population. Il réclame des aides étatiques et régionales importantes pour la défense de l’emploi, la création d’usines à partir des ressources naturelles du pays et d’industries légères dans les zones qui se dépeuplent, l’amélioration des moyens de transport, en particulier du réseau ferroviaire. »
« Des mesures « négatives » sont aussi nécessaires : retrait du marché commun, restitution des terres spoliées par l’État français (camps militaires…) et les grandes sociétés touristiques. Corrélativement au retour prévisible de nombreux Occitans émigrés dans leur pays, il sera nécessaire pendant assez longtemps de contrôler l’immigration étrangère – française notamment – en Occitanie : en effet, la proportion d’étrangers est d’ores et déjà trop importante pour permettre leur assimilation dans certaines régions, devenues des colonies de peuplement. Les étrangers déjà installés chez nous et qui ne s’assimileraient pas pourront rester comme étrangers ou rentrer chez eux ; mais il est probable que les colons français seront plus particulièrement incités à partir. »
« Le nombre d’étrangers d’une part, la forte dénatalité occitane d’autre part, conséquences de la colonisation, rendent particulièrement grave le problème démographique de notre pays. L’invasion démographique est une forme d’impérialisme le plus efficace contre laquelle nous avons à lutter. Il faut, en gros, distinguer actuellement deux catégories d’immigrés en Occitanie : les colons (généralement français, allemand, néerlandais…) qui doivent être vigoureusement combattus ; les victimes de l’impérialisme français (généralement venus des pays du bassin méditerranéen) susceptibles de se joindre à la lutte de libération nationale occitane contre les colons (et leurs alliés occitans), – et il va de soi que le P.N.O. les y appelle. ».
« La géographie et l’histoire de l’Occitanie doivent être enseignées comme matières obligatoires ; une place croissante doit être faite à la langue occitane traditionnelle et moderne, à la vie « régionale » dans la presse écrite, à la radio et à la télévision. »
« Le P.N.O. encourage tous efforts et œuvre lui-même dans le sens de l’unification de la langue occitane ; sitôt cette unification réalisée, cette forme unifiée de la langue devra être utilisée comme seconde langue officielle et enseignée obligatoirement dans tous les établissements de tous degrés en Occitanie ; il s’ensuivra une période de bilinguisme probablement, avec le français (…) au terme de laquelle l’occitan sera la seule langue officielle et pratique de la population, les autres langues étant étudiées comme langues étrangères. »
« Citons par exemple la lutte dans le domaine de l’habitat et de l’architecture, devant aboutir au dépeuplement des « grands ensembles », à la restauration des maisons traditionnelles défigurées par l’ « urbanisme sauvage ». »
« La situation démographique de l’Occitanie étant proprement catastrophique dans la plupart de ses régions, par les effets combinés d’une faible natalité et d’une forte émigration, le P.N.O. entend qu’il soit remédié : les primes de natalité et allocations familiale doivent être substantiellement relevées, principalement dans les régions sous-peuplées ; des primes supplémentaires doivent être versées aux familles élevant leurs enfants en Occitan ; des écoles maternelles et des crèches doivent être créées en nombre suffisant. »
« Le P.N.O. n’est pas (au moins pour le moment…) cette organisation d’avant-garde, ne serait-ce que parce que les organisations de masses n’existent pas encore. Mais il en proclame la nécessité, et il travaille à la reconstruire, par la formation de militants nationalistes-révolutionnaires conscients et avancés, les actions qu’il entreprend sur tous les fronts sociaux et politique, et sa propre structuration double : suivant des divisions géographiques en groupes et fédérations, suivant des divisions de « spécialisation militante » en « fronts ». »
« (Le P.N.O. soutient) toutes les luttes visant à sauvegarder l’indépendance ou à réaliser l’unité de quelque nation (il ne s’agit pas de soutenir n’importe quelle action séparatiste menée avec une étiquette « nationale » par quelque clique « régionale », comme la bourgeoisie arabe du Liban ou les « nationalistes » croates) (…). Il est en particulier solidaire des autres mouvements de libération des autres colonies françaises. »
« Le P.N.O. conscient de l’inter-dépendance de fait des nations, agit pour la coopération égalitaire sur la base de l’intérêt réciproque et pour l’amitié entre toutes les nations ; il est favorable à une réorganisation de l’O.N.U. sur la base des principes internationalistes ethnistes, pour qu’en soient membres les seuls états correspondant réellement à une nation [en vue de la constitution d’une Internationale ethniste]. ».Brève histoire du P.N.O. et du mouvement politique occitan :
« En 1958, au terme d’un itinéraire politique personnel (Action française, Anarchisme, Quatrième Internationale, Nouvelle Gauche), François Fontan avait élaboré la théorie ethniste, pour l’essentiel ; d’autre part, il s’était découvert occitan et avait perçu ce que sa théorie impliquait pour l’Occitanie. »
« Le mouvement culturel (l’I.E.O.) entièrement tenu en mains par des intellectuels, souvent universitaires, liés à la « gauche » française ; Fontan allait y être déclaré indésirable. D’autre part, la guerre d’Algérie était en cours, le putsch d’Alger venait d’amener de Gaulle au pouvoir ; à la fin de l’année 1958, Fontan reconnaît dans le gaullisme la seule force politique française -parmi celles susceptibles de prendre le pouvoir à cette époque, ce qui excluait le P.C.F. – désireuse de suivre une ligne d’indépendance nationale française, anti-atlantiste et anti-européaniste, ce qui impliquait dans un premier temps le retrait de l’Algérie, puis ensuite une lutte économique et politique anti-américaine, retrait de l’O.T.A.N., contrôle de l’économie par l’État, orientation vers le neutralisme, et enfin – cette dernière phase n’a pas pu commencer de se réaliser -, l’étatisation progressive de l’économie, une transition vers le socialisme ; il adopte donc une position de soutien critique du gaullisme, ce qui lui vaut d’être exclu de l’U.G.S. (Union de la Gauche Socialiste). »1959-1962 : Le P.N.O. naissant :
« À cette époque où presque personne ne savait ce qu’était l’Occitanie, le premier travail des militants du P.N.O. était de rechercher des personnes portant un intérêt à la langue (« aux patois »), de discuter avec eux, de chercher à les convaincre d’abandonner l’illusion qu’ils étaient « Français », à leur faire adopter la conscience nationale occitane et à les amener à militer pour la libération de leur pays. »
« Le soutien à des militants du F.L.N. et à des déserteurs de l’armée française devait amené Fontan en prison à Nice »1962-1968 : La réaction pro-française, le C.O.E.A. :
« Quel est le premier soucis des dirigeants de l’I.E.O. qui créent le C.O.E.A. [Comitat Occitan d’Etudis e d’Accion] ? Reconnaissant le caractère occitan des luttes socio-économiques et politiques qui se mènent en Occitanie, veulent-ils y apporter une contribution progressiste occitaniste ? NON : de leur propre aveu (voir le nº 17 de la revue « VIURE ») ils veulent éviter que les « jeunes ne soient tentés d’aller vers le P.N.O. ». »
« Pendant les six années qui vont de la fin de la guerre d’Algérie à mai 68, le mouvement progressiste occitan a peu progressé, en grande partie grâce à son détournement par le C.O.E.A. dans un sens réactionnaire, objectivement au service de l’impérialisme français (et peut-être même consciemment). »
« La principale conséquence de la politique gaulliste chez nous est un aggravement des contradictions économiques entre la France (du Nord), de plus en plus équipée, rationalisée, et une Occitanie laissée pour compte, ruinée par le développement du Nord et la perte de l’outre-mer « français » à l’exploitation duquel participaient les bourgeoisies occitanes de Marseille à Bordeaux. »1968-1970 : La crise :
« Mai 1968 n’a pas du tout été ressenti de la même façon en Occitanie qu’en France, a l’exception des seules universités, et dans la mesure où celles-ci constituaient – et constituent encore – des mondes clos, coupés de la réalité sociale ambiante et reproduisant une idéologie française bourgeoise. Les usines ne sont pas toujours mises en grèves ; quand elles l’ont fait, ce fut souvent tardivement et de plus ou moins bon grès ; les paysans sont restés massivement en dehors du mouvement. »
« Les Occitans émigrés à Paris et à Lyon ont été beaucoup plus mêlés à cette tornade sociale, sur leurs lieux de travail ou de résidence. (Comme dans beaucoup de mouvements de libération nationale, les émigrés jouent dans le mouvement un rôle important ; en effet, la prise de conscience nationale et son développement en action politique sont plus faciles pour quelqu’un confronté à un milieu étranger, différent). »
« Le P.N.O. prend l’initiative de rassembler le maximum de mouvements bretons, basques, occitans, catalans, corses, flamands, alsaciens-lorrains (et le M.F.E., Mouvement Fédéraliste Européen) autour de la candidature de Guy Héraud à la présidence de la république. »
« La percée des mots « occitan », « Occitanie », s’effectue dans la presse, à la radio – et dans le vocabulaire du public « cultivé » ; leur popularisation ne va pas tarder.
Autre signe de cette percée : l’intérêt soudain porté par l’extrême-gauche française à la question nationale dans l’hexagone. »1970-1972 et ensuite ? La percée :
« L’orientation du Parti pour un avenir proche est définie (ou confirmée) : action en direction des classes nationales, selon leurs problèmes particuliers, tendant à les unir d’abord localement dans des comités de défense de l’emploi, constitutions de groupes de jeunes Occitans – lycéens, apprentis, jeunes travailleurs… -. »
« Une clarification est nécessaire, car des centaines de bulletins d’adhésion ont été signés en dix ans, mais la plupart de ces adhérents ont été perdus de vue : tout le monde devra réadhérer…
Enfin, la circulaire sera développée, améliorée en contenu, tirage, présentation et diffusion : elle devient Lu Lùgar » (L’étoile du matin, prononcer « lou lugar, trimestriel). »
« On a assisté récemment à une tentative de récupération de grande envergure, menée par l’extrême gauche française – essentiellement les maoïstes de « La Cause du Peuple » et des courants de la gauche du P.S.U. : en posant à leur tour et dans leurs termes, et avec leurs moyens de propagande, le problème occitan, ils s’efforcent d’isoler le mouvement le plus radical, le moins récupérable, le P.N.O., en reprenant à leur compte d’ancienne calomnies et en en inventant de nouvelles (ainsi, nous serions racistes, parce que nous disons que tout immigré n’est pas automatiquement occitan, qu’il faut en plus un processus d’assimilation au cours duquel il adopte la langue et le sentiment national). Ces mêmes groupes gauchistes ont cru discerner en « Lutte Occitane » [émulation du C.E.O.A] un mouvement facilement récupérable – souhaitons qu’ils se trompent ! »
« la lutte occitane a besoin d’un mouvement politique de masses, des militants en ressentent l’absence, mais celui-ci risque fort de se faire attendre encore pas mal de temps. »
« Quoi qu’il en soi les conditions d’une pratique nationaliste-révolutionnaire occitane sont maintenant réunies : la situation politique et sociale aide les Occitans à prendre chaque jour davantage conscience de leur condition de colonisés ; par sa réorganisation et son développement, le P.N.O. peut devenir un des outils qui permettront de rassembler les luttes éparses de masses occitanes en une lutte de libération nationale. »☧Utile pour servir à l’histoire du courant philosophique de la politique occitaniste. Ceci traite du contexte de dépeuplement des campagnes, de guerre d’Algérie, de début du gaullisme. Une sorte de Jeune nation à l’Occitane, de par son aspect militant et national. François Fontan aura gardé une tare maurrassienne anti-impériale sur les nations, qui entache hélas un peu son œuvre en même temps de lui avoir donné une base venant compléter ses influences marxistes. Il est possible de se rediriger aussi vers Lo Lugarn (L’Étoile du Matin), périodique lancée en 1971 paraissant encore aujourd’hui.
Le PNO existe toujours mais en conservant son sigle il s’est renommé « Parti de la nation occitane ». Une modernisation dans le mauvais sens du terme, indiquant une soumission au politiquement correct, en abandonnant de manière certaine les éléments jugés trop réactionnaires. À l’image du Rassemblement national. C’est-à-dire pour mieux vanter un souverainisme juridique plus qu’une vie organique de la Cité qui sentirait trop la chambre à air selon certains… Le programme du PNO de 1998 coupe déjà d’avec son passé en révisant les positions de Fontan (dépossession de nationalité des français et des allogènes), parmi les choses plutôt positive, c’est qu’il abandonne les lubies qui consiste à soutenir en matière géopolitique les régimes communistes.
De « fasciste » on peut relever leur prétention à unir les classes sociales dans leurs distinctions, a affirmer l’existence de la patrie et de son unité, à agir plus ou moins en faisceau, et à distinguer nettement entre eux et les autres.
Se remarquera l’absence de thème religieux sans doute pour éviter un conflit supplémentaire, cela dit ce n’est pas bien intéressant au niveau des mœurs : et au moins ne fait nullement référence à l’existence maçonnique dans les troupes occitanes.C’est peut être tant mieux au final, car chez les occitans certains osent se faire Cathare contre l’Église par traditionalisme et anti-impérialisme primaire…L’hostilité intra-européenne est dépassée, nous ne voulons pas d’une guerre des latins contre les germains, mais une vie sociale propre à leurs caractères. Et les occitanistes gauchistes de Toulouse sont d’un ridicule à cause de leur volonté cosmopolite orientaliste.
Issu de l’héritage du Félibrige (souvent catholique monarchiste), et en plus politique bien que toujours littéraire, il est multiple dans ses influences et ne saurait être réduit à une seule ligne, surtout quand on sait que ceux plus nationaux-socialistes de 39-45 ont été écarté après-guerre (Louis Alibert). Et nous savons qu’il faut toujours être dans le vrai.
Nous pousserons le thème de l’ethnisme dans d’autres articles. Le mouvement s’inspire du marxisme en se débarrassant toutefois de ses lubies matérialistes et en y ajoutant l’identité, la linguistique et le principe de hiérarchie. Ce n’est pas non plus imbue de défaut démocratisants et libertaire, tout en étant nationaux et sociaux cependant. Neutre en religion et libéral au niveau des mœurs (union libre, contraception, avortement dit exceptionnel) qui se répercute notamment sur la démographie tant décriée. Un chrétien ne saurait l’accepter. Enfin, ce qui transparaît un peu dans le texte, le racisme anti-français y est hallucinant comparé au traitement des extra-européens, mais ce fut un autre contexte certes. Voici dans ce qui suit les meilleurs passages ou ceux plus incisifs].
Une pensée doté d’un typique travers nationaliste qui consiste à discriminer tout ce qui est hors de la nation et à ne plus discriminer à l’intérieur (sexe, âge, classe). Un sophisme regrettable, qui conduit logiquement au jeunisme et au féminisme entre autres.


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