• Tour de France, Loiret (Orléanais) – Augustin



    Histoire et géographie française

  • Dans la région de l’Orléanais :

    Cette province, qui appartenait à Hugues Capet, avant qu’il fût roi de France, devint, sous Philippe de Valois, l’apanage de la maison d’Orléans.

    Les monuments druidiques sont très nombreux dans l’Orléanais, surtout dans la forêt d’Orléans et aux environs de Chartres, où les druides avaient établis leur sénat. C’était là qu’ils convoquaient les grandes assemblées de la nation gauloise, là qu’ils réglaient les intérêts du pays, qu’ils célébraient leurs sacrifices et qu’ils instruisaient les jeunes gens accourus de toutes les parties de la Gaule à l’unique source de lumière qui existât alors. Les druides ne confiaient rien à l’écriture ; aussi, quoique les études fussent très pénibles chez eux, elles ne duraient pas moins de vingt ans.

    L’Orléanais produit des céréales, du vin, des fruits, du chanvre, du safran ; ses forêts donnent de beaux bois de construction, et ses prairies nourrissent de nombreux troupeaux. La Beauce, qui fait partie du département d’Eure-et-Loir, est si fertile, qu’on l’a surnommée le grenier de Paris ; mais la Sologne, comprise dans celui de Loir-et-Cher, est une vaste plaine où croît à peine le sarrasin.

    Le Loiret :

    Orléans est une très ancienne ville, située sur le rive droite de la Loire, qui en fait l’entrepôt d’une quantité considérable de marchandises et le centre d’un grand commerce. Déjà florissante au temps des Romains, elle soutint contre Attila un siège mémorable, et fut sauvée par Saint-Loup, son Évêque. En 1428, assiégée par les Anglais, elle dut encore une fois sa délivrance à un secours inespéré du ciel, à Jeanne d’Arc. Plus tard, les calvinistes la dévastèrent ; mais elle répara promptement ses pertes ; elle s’agrandit, s’embellit et devint une riche et opulente cité.

    La cathédrale, connue sous le nom d’église de Sainte-Croix, est un chef-d’oeuvre de style saxo-gothique. Les fondements en furent jetés par Saint-Euverte, et, quoiqu’elle ait été plusieurs fois détruite avant d’être achevée il règne tant d’harmonie dans ses diverses partie, qu’on croirait que le plan en a été conçu et exécuté par un seul homme. Deux tours, délicatement travaillées, décorent le grand portail, et une flèche d’une hardiesse et d’une élégance remarquable couronnent l’édifice, un des plus majestueux et des plus anciens que possède la France.

    Parmi les maisons gothiques qu’on aime visiter, non seulement à cause des sculptures qui ornent, mais à cause des souvenirs qu’elles rappellent, on cite celle d’Agnès Sorel et celle de François Ier.

    Le château de la Source, situé à six kilomètres d’Orléans, est ainsi nommé parce que le Loiret commence à couler dans le parc qui en dépend. L’ancienne source de cette rivière ayant été obstruée en 1672 par un éboulement, les eaux diminuèrent ; mais elles se firent jour à peu de distance de là, et y formèrent un beau bassin au milieu duquel un jet continu forme à la superficie un bouillonnement impétueux, qui à fait donner à cette seconde source le nom de Bouillon, tandis que la première est appelée l’Abîme, à cause de son extrême profondeur.

    Beaugency, qui fait un grand commerce de vins, à une tour d’origine fort ancienne.

    Gien, situé au milieu d’un délicieux paysage et coquettement étagé sur une colline dont l’église Saint-Louis et les ruines d’un antique château occupent le sommet, offre l’aspect le plus pittoresque. Cette ville a des manufactures de faïences renommées.

    Montargis, encore entouré d’une partie de ses anciennes murailles, fait le commerce de grains, de cire, de miel, de cuirs et de bestiaux. De nombreuses papeteries et une filature considérable existent dans ses environs.

    A Nogent-sur-Vernisson, dans le parc d’un château, on voit les restes d’un amphithéâtre romain.

    Pithiviers, autrefois fortifié, n’a plus que les restes d’une tour très élevée, construite au Xe siècle par Aloïse de Champagne. Les laines, le vin, le miel, le safran, les gâteaux d’amandes et les pâtés d’alouettes sont les principaux objets de son commerce.

    Près de Pithiviers, au milieu d’une magnifique plaine, s’élèvent, sur une hauteur, les ruines d’une vieille église, et celles du château d’Yèvre-le-Grand, une des plus redoutables forteresse du pays.

    Bois-commun, bourg de l’arrondissement de Pithiviers, a une église dont le jubé passe pour un des plus beaux de toute la France.

    La France. C. Fallet. 1859.

    Prochainement, l’Eur-et-Loir.

    AUGUSTIN.


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