• Ordre d’Ancien régime, monarchie rénovée du fascisme : le glaive et l’autel ?



    Monarchie et unité visible, corps intermédiaires, principe de totalité, organicité nouvelle & la Croix parfois manquante…

  • ⚔️ Quand l’épée s’allie restaure l’ordre monarchique, mais manque de l’Autel ⚔️


    ⁂ 𝔄rène du quadrilatère

    ℭher lecteur, permettez que nous examinions avec sagacité ce que fut l’échec interne au fascisme, non en ses apparences caricaturées, ou en ses conflits géopolitiques, mais en son fondement véritable. Il s’agissait, disons-le derechef, d’une chirurgie politique sur le corps malade de l’Europe moderne, malade d’avoir succombé aux poisons instillés par les larges effets de 1789. Nous explorerons ici singulièrement l’angle catholique.

    L’Ancien Régime, quant à lui, pour majestueux qu’il fût — dans son respect globalement témoigné envers les Ordres naturel et surnaturel —, ne s’écroula point par la seule violence des cercles subversifs et licencieux : il avait déjà laissé percer en son sein les fissures fatales : embourgeoisement, causes sociales intempéries, absence de défense, féminisation des décisions et de l’aristocratie. Là s’engouffrèrent quelques forces auto-dissolvantes, armées des débuts de l’individualisme et du parlementarisme, lesquelles achevèrent enfin de ruiner l’unité et l’organicité du royaume.

    C’est là que, le fascisme, surgissant tel un gladiateur nouveau dans l’arène des nations européennes, tenta d’appliquer le remède, non sans décisionnisme. Il dressa quatre piliers, deux hérités de la Tradition classique (monarque, corporations), deux forgés comme néo-antidotes aux vices de 1789 — totalité, organicité.

    📖 — Réflexion doctrinale sur les limites d’une tentative de restauration et les conditions d’un ordre véritable

    🎙️ Antenna I.O. Vox Frequencia


    ☧ 𝔏exique de cogneur

    « MONARCHIE, subst. fém. : Gouvernement d’un seul chef suprême. » — https://www.cnrtl.fr/lexicographie/monarchie
    « CORPORATISME, subst. masc. : Système d’organisation économique et sociale fondé sur les groupements professionnels. » — https://www.cnrtl.fr/lexicographie/corporatisme
    « TOTALITARISME, subst. masc. : Régime tendant à soumettre l’ensemble des activités humaines à une autorité centrale. » — https://www.cnrtl.fr/lexicographie/totalitarisme
    « ORGANICITÉ, subst. fém. : Caractère de ce qui fonctionne comme un organisme vivant. » — https://www.cnrtl.fr/lexicographie/organicité


    ᛟ 𝔄ncienne école éprouvée

    « Les principes d’une société d’inspiration fasciste seront clairs, mais non le détail de son organisation. Ainsi s’agira-t-il de faire revivre la grandeur et les principes ayant présidé à l’existence d’un passé politique majestueux et tombé en décadence, mais non de faire revivre ce passé même ; le futur ne sera reproduction du passé que dans la forme d’une transfiguration. »
    — Joseph Mérel, Pour un fascisme du jour d’après, 2022.

    « Force est de proclamer que le souci fasciste de réhabilitation de l’ordre naturel a objectivement servi les intérêts de l’Église plus sûrement que les politiques bien-pensantes se réclamant du Christianisme. C’est là un constat plus actuel que jamais, en notre temps qui voit se consommer les ultimes conséquences mondialistes de la « victoire » de 1945, tragique défaite de la race blanche et de la chrétienté. »
    — Joseph Mérel, Comme un agneau muet, 2021.

    « Si l’on nous demande de “nous situer”, c’est-à-dire de déclarer nous-mêmes ce que nous sommes et où nous sommes, alors il faut entendre la réponse qui est la nôtre. C’est une réponse qui modifie la formule de François Brigneau, ou plutôt qui l’accomplit et l’épanouit dans sa complète vérité : Nous sommes à droite de l’extrême-droite. Ce n’est point mépris non différencié pour tous ceux et tout cela que le jargon officiel présente comme “l’extrême droite”. Mais d’abord c’est, ici encore, refus de l’arbitraire de gauche qui inspire et impose un faux classement. Il n’y a en réalité aucun extrémisme, de droite ou d’ailleurs, à vouloir fonder la vie sociale sur “travail-famille-patrie”, “Dieu premier servi”. »
    — Jean Madiran, « Notre politique », Itinéraires, n° 256, septembre-octobre 1981. Wikipedia-ENG

    « … la Nation italienne, laquelle, sous la conduite sûre du Chef du gouvernement, s’achemine à affirmer de mieux en mieux dans le monde sa volonté de vie et de puissance économique, morale et spirituelle. »
    « Je veux faire une déclaration d’ordre général très explicite. À juste titre, l’honorable Barzilai disait que, de même qu’on est toujours jacobin pour quelqu’un, de même on est toujours impérialiste pour quelque autre. Et la politique italienne a été soupçonnée d’impérialisme. J’ai déjà expliqué, dans une interview reproduite par mille journaux américains et diffusée par l’United Press, ce que je pense du phénomène impérialiste. Il faut s’entendre, je crois, et sur ce point je suis aussi conforté par des études et des livres qui appartiennent au patrimoine commun de la culture, que tout être vivant, s’il veut vivre, doit avoir des tendances impérialistes ; et que, par conséquent, les peuples, qui sont la somme coordonnée et consciente des êtres vivants, s’ils veulent vivre, doivent développer une certaine volonté de puissance ; autrement, ils végètent, vivotent et seront la proie d’un peuple plus fort, qui aura davantage développé cette volonté de puissance. »
    — Benito Mussolini, Senato del Regno, Atti parlamentari. Discussioni, Legislatura XXVII, 1ʳᵉ session (1924-1926), tornata du 28 mai 1926, p. 5882. & p. 5893.


    Σ Plan d’attaque par manche

    📌 I. La monarchie, clef de l’unité visible
    📌 II. Le corporatisme, renaissance des corps intermédiaires
    📌 III. Le totalitarisme bien compris, ou l’État gardien de la finalité
    📌 IV. L’organicité, l’homme inséré dans le grand corps de la civilisation
    📌 V. La Croix parfois manquante : limite et faillite
    📌 VI. Les figures incarnées : Louis XVI, Mussolini, Franco

    Analyses, histoire, corrections et futur !

    📌 I. La monarchie, clef de l’unité visible

    Tout ordre véritable requiert un principe d’unité, un sommet au-delà duquel nul ne discute.
    La monarchie, sous son sens le plus noble, ne doit pas être une fantaisie dynastique ou dogmatique-gallicane, mais la traduction politique de l’unité.

    Or, l’Ancien Régime s’écroula précisément parce qu’il avait miné lui-même ce principe. Les Parlements, ces foyers de résistance juridique, transformés en bastions d’opposition permanente, rongeaient l’autorité royale. La monarchie française, autrefois « absolue » (Louis XIV) et jadis féodale/subsidiaire, se diluait dans des compromis successifs, perdant peu à peu cette majesté qui l’avait rendue inviolable. Louis XVI, homme de piété mais de faiblesse, incarna tragiquement cette fissure : lorsqu’il hésita à se servir de la force, il abdiqua l’unité incarnée qu’il devait défendre.

    La Révolution, flairant cette brèche, enfonça la porte déjà entre-ouverte. Les jacobins, « forts » de l’idéologie individualiste, réduisirent à néant ce principe d’unité organique, instaurant à sa place la tyrannie de l’assemblée. L’État, au lieu d’un corps hiérarchisé, devint un champ de bataille permanent, entre le pouvoir et l’individu coupé de ses racines naturelles.

    La leçon est claire : sans une tête unique, visible, assumée, la société se délite en factions. L’unité monarchique n’est point seulement un avantage politique, ni l’apanage exclusif des royalistes ; elle est une nécessité organique.


    📌 II. Le corporatisme, renaissance des corps intermédiaires

    Si l’unité est le sommet, comme avec un Pontife, le corporatisme est la trame. Les sociétés européennes se tenaient jadis par leurs communautés de métier, d’art, de fonction, où l’homme trouvait place, discipline et dignité.

    La Révolution, en détruisant ces corps, livra l’homme isolé à l’État et au marché. L’individu, nu et désarmé, fut broyé entre deux géants : le Léviathan administratif et la pieuvre capitaliste — ce qui est plus que jamais encore le cas ! D’où l’explosion à termes de luttes sociales, de la misère ouvrière, des idéologies rouges de vengeance, également matérialistes.

    Le fascisme, en Italie notamment, tenta une restauration organique. Le Duce ressuscita les corporations comme antidote au marxisme et au libéralisme. Il voulut replacer l’économie dans un cadre de charité organique, réactivée et greffée sur un sol moderne.

    Il n’en reste pas moins que le principe est juste, intemporel : l’homme n’est point pur atome, mais une cellule d’un corps professionnel, enraciné dans la discipline du métier. Sans corporatisme, le social demeure un désert, où l’individu livré à lui-même finit par se révolter ou se corrompre.


    📌 III. Le totalitarisme bien compris

    Le mot fit trembler, tant il fut caricaturé. Pourtant, il faut le redéfinir avec rigueur. Le totalitarisme bien compris n’est point la tyrannie aveugle d’un despote jaloux (type Caligula), mais c’est l’intégration totale de la vie sociale dans une finalité supérieure.

    Dans la cité antique, dans la Chrétienté médiévale, nulle sphère ne s’arrogeait le droit d’exister en dehors de la finalité commune. Tout, de la famille à l’art, du commerce à la guerre, se subordonnait à l’ordre du Bien, du Beau et du Vrai. Ce doit être respiration d’une société, où l’individuel trouvait sens et accomplissement dans le collectif, avec ses « autres soi-même ».

    Le fascisme reprit ce principe en le poussant jusqu’au bout : le Chef se devait d’être le gardien. Il ne s’agissait pas de surveiller chaque geste par caprice, mais de s’assurer que rien ne s’écarte du but commun. C’est là une discipline, non une servitude
    Certes, ce principe peut être dévoyé lorsqu’il se coupe de la transcendance, il virerait à la tyrannie pure. Mais bien employé, il est l’armature de tout ordre véritable. L’État n’est plus un prédateur ni une machine soi-disant neutre : il devient le garant du Tout, le dépositaire de l’âme collective, l’être d’une nation en acte.


    📌 IV. L’organicité

    Ici se trouve la clef anthropologique. L’homme n’est point une monade isolée —de même que son cerveau et ses bras se répondent l’un et l’autre —, un atome juridiquement libre, mais un être inscrit dans des communautés ethniques/historiques qui le précèdent et le dépassent.

    La Révolution proclama l’individu souverain, « citoyen » abstrait, détaché de ses appartenances, de son héritage patrimonial et immatériel. Ce fut l’illusion fatale, impasse : un peuple n’est point la somme de ses individus, mais un organisme vivant.

    L’organicité enseigne que la nation est un corps, et que chacun y est membre. L’individu humain vit de la communauté comme la cellule vit du corps social. Il reçoit d’elle nourriture, enseignements, sens, et lui rend en retour sa fonction propre.
    L’homme et le peuple sont insérés dans le grand corps de la civilisation.

    Le fascisme, ici, toucha juste. Il rappela que l’homme seul n’est rien ; qu’il ne se comprend que dans le peuple, dans la civilisation, dans l’ordre supérieur qui l’englobe. Mais là encore, faute parfois d’ancrage spirituel suffisant — il est en Europe une réaction chrétienne laïque pour une part non négligeable —, ce principe demeura partiellement formel, et ne se grava pas assez dans l’âme des générations.


    📌 V. La Croix parfois manquante : limite et faillite du fascisme

    Arrivons au point décisif, à la cerise sur le gâteau. Les quatre piliers – unité monarchique, corporatisme, totalitarisme, organicité – dressaient un édifice puissant. Pourtant, il fallait le légitimer davantage par la clef de voûte : la Croix. Cela a été certes partiellement fait, notamment dans une Italie restait assez catholique et par un Concordat clairement établit.

    Le fascisme, qu’il fût italien ou allemand d’ailleurs, honora parfois la Religion. Il allait même dans son sens en de nombreux points politiques sains. Il ne faut pas que la foi reste ornement, référence culturelle ou identitaire.
    Or, sans surnaturel affirmé, tout ordre naturel se décompose. L’autorité politique, même magnifiquement agencée, s’effrite si elle ne s’élève vers Dieu. Les vertus naturelles – courage, loyauté, justice – sont nécessaires, mais elles ne suffisent pas. Il faut les vertus surnaturelles : foi, espérance, charité — et les placer en Dieu !

    Sans la Croix, le fascisme ne serait qu’un glaive. Et un glaive sans Autel finit par se briser. Il a su corriger l’Ancien régime et penser les plaies anti-catholiques, mais pas toujours embrasser tout ce que cela impliquait spirituellement.


    📌 VI. Figures incarnées : Louis XVI, Mussolini, Franco

    L’histoire, miroir fidèle des principes, illustre par des hommes ce que nous énonçons par concepts. Trois autres noms surgissent, tels des témoins éclatants des forces et des manquements de leur temps.

    • Louis XVI, d’abord, image tragique de la césure monarchique. Prince pieux, mais hésitant, il n’incarna pas suffisamment l’unité nécessaire à la survie du royaume. Il voulut concilier l’inconciliable, pré-libéralisme oblige, céda à la logique parlementaire et, par ses concessions, ouvrit la brèche à la tourmente. La Révolution ne le fit point choir d’un seul coup ; il s’était déjà défait lui-même en tolérant l’ennemi (souvent franc-maçon) dans son palais. Sans guerroyer, le glaive monarchique ne tranche plus lorsqu’il est rouillé par le doute !
    • Mussolini, quant à lui, tenta la résurrection du corporatisme. Dans une Italie disloquée par l’individualisme libéral et la lutte des classes, il remit debout les corporations, en restaurant une organisation organique des métiers. Mais il échoua à donner à ce système la profondeur spirituelle et la durée institutionnelle qu’il réclamait, essentiellement à cause de ses ennemis géopolitiques cela dit.
    • Enfin, Franco, lui, incarne la Croix retrouvée. L’Espagne, ravagée par la guerre civile, se releva sous son glaive militaire, mais aussi sous son Autel. Le Caudillo plaça l’unité nationale sous le signe du catholicisme intégral, il est vrai. Il pratiquait même assidument en privé. Les processions parcouraient également les rues ; les croix dominaient les places publiques ; la foi catholique était proclamée comme clef de l’État. Franco, en revanche, n’a gardé que les deux premiers points monarchiques susdits, et ne forgea pas une monarchie catholique solide pour l’après-guerre, bien au contraire, il livra les clefs au traitre Juan Carlos. Son œuvre, privée d’héritier enraciné, se dissipa sitôt son corps déposé au sépulcre dans une Europe post-Nuremberg et post-Vatican II

    En effet, tout contexte différent qu’il y eut : la solution politique mussolienne est supérieure à Louis XVI et à Franco.
    Si en Espagne, Franco cocha bien plus cette case religieuse (obéissante, et jusqu’à Vatican II…), sa réaction n’a pas épousé les deux points innovants et intégraux de la proposition fasciste. À son actif, il comprit que sans l’Autel, le glaive ne dure point. Mais faute d’avoir restauré/maintenue ou proposé une monarchie ou un nationalisme catholique solide et transmissible, son œuvre elle aussi se dissipa à l’ère des « Droits de l’homme ».

    Trois exemples, trois leçons :

    • Un roi faible se perd et entraîne son peuple.
    • Un chef hardi bâtit, mais sans toute l’âme, alors son œuvre demeure transitoire.
    • Un caudillo catholique restaure, mais s’il ne transmet pas, sa victoire s’évanouit.

    ☩ 𝔖entence par KO

    📜 Avertissement : Ce que la Providence enseigne par l’histoire est limpide. L’ordre « national et humain » doit se greffer à l’ordre divin, universel, civilisationnel, sinon il s’effondre dans sa superbe…

    Il est clair que ladite Révolution, en bonne comploteuse possédée de bistro, sut flairer les fissures béantes d’un Ancien Régime déjà fragilisé. Le parlementarisme même non républicain avait grignoté l’unité ; l’individualisme (de classe comme de chacun) avait rongé l’organicité. La scène était prête pour le carnage.

    Ainsi, cette révolution organique doit se faire, alors repensons-la avec ou sans Joseph Merel, car il nous faut catholiciser, mais aussi re-simplifier ledit fascisme, comme du temps de Maurice Bardèche !

    • Le fascisme, en réaction, rétablit l’idée d’un seul chef, la mono-archie : concentration de l’autorité en une figure visible, principe d’unité qui, par sa seule présence, suscitait discipline et cohésion.
    • Il ressuscita derechef le corporatisme, restituant aux métiers leur fonction organique, renouant avec la solidarité naturelle des corps sociaux, contre le libéralisme des siècles passés.

    Mais il ajouta aussi deux remparts inédits :

    • le « totalitarisme », non point tyrannie brutale, mais intégration de toute la vie sociale dans une finalité commune ;
    • l’organicité, ce rappel dense que l’homme n’est pas une poussière d’individus, mais une cellule d’un organisme plus vaste, peuplade, nation, civilisation ; mais aussi, bon sens populaire mêlé à la haute instruction aristocratique.

    Enfin, sans Croix, point de véritable restauration. Sans foi enracinée, point de force durable. Le miracle surgit parfois, tel sainte Jeanne d’Arc, mais l’histoire se bâtit aussi sur l’ordre naturel, soutenu par la grâce, incarné dans des hommes ordinaires et héroïques, debout dans la fidélité à la patrie, à la Grande Europe, et à Dieu !


    📚 Pour approfondir

    Maurice Bardèche, critique littéraire, essayiste et théoricien du nationalisme européen, a longuement traité du fascisme sous son angle doctrinal, civilisationnel et moral, bien au-delà du cliché journalistique. Voici quelques-uns de ses écrits majeurs :

    • Qu’est-ce que le fascisme ?, Paris, Les Sept Couleurs, 1961.
      — Ouvrage capital où Bardèche définit le fascisme comme une révolution spirituelle et morale visant à restaurer l’ordre, la hiérarchie et le sens du devoir, au-delà du libéralisme et du marxisme.
    • Nuremberg ou la Terre promise, Paris, Les Sept Couleurs, 1948.
      — Premier essai politique de l’auteur, dénonçant la falsification historique et morale du procès de Nuremberg, qu’il considère comme l’acte fondateur du nouvel ordre mondial antinational.
    • Sparte et les Sudistes, Paris, Les Sept Couleurs, 1969.
      — Parallèle saisissant entre les vertus viriles des cités antiques et celles du Sud confédéré, annonçant sa vision d’un fascisme héroïque et aristocratique.
    • Lettre à François Mauriac, Paris, Les Sept Couleurs, 1953.
      — Réponse cinglante à l’humanisme sentimental de Mauriac ; Bardèche y oppose une morale de la fidélité, du sacrifice et de la vérité virile.
    • Souvenirs, Paris, Les Sept Couleurs, 1977.
      — Mémoires politiques et littéraires où l’auteur revient sur son itinéraire intellectuel, son admiration pour Brasillach, et sa conception du « fascisme européen ».
    • Robert Brasillach et la trahison des clercs, article publié dans Défense de l’Occident, n° 43-44, 1957.
      — Hommage à son beau-frère ; Bardèche y développe la notion de fidélité esthétique et politique au service d’une Europe spirituelle.
    • L’Œuf de Christophe Colomb, in Rivarol, 1962.
      — Réflexion sur la renaissance possible d’un fascisme européen rénové, débarrassé des caricatures raciales ou policières.
    • Le fascisme et l’avenir de l’Europe, conférence prononcée au Cercle Européen de Paris, 1965 (texte reproduit dans Défense de l’Occident, n° 82).
      — Bardèche y esquisse l’idée d’un fascisme du XXIᵉ siècle : moral, communautaire et spiritualiste.

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    — La Rédaction

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  • 3 commentaires




    À l'attention des candaules légitimistes (cette étiquette devra être tenue pour synonyme de « gay » dans une France régénérée), le totalitarisme, compris dans sa plus noble et éthérée envergure, n'est point reliquat post-révolutionnaire appelé à forger une société uniforme sous les auspices de la raison et de la loi, écrasant les particularismes locaux, les corps intermédiaires et les identités traditionnelles. Le totalitarisme fasciste est plutôt l'expression holistique d'une nation en mouvement, subordonnant les impulsions populaires à un idéal commun, auquel le pouvoir étatique, en tant qu'il se veut immanent à chaque sujet voué à s'identifier au tout transcendant, recèle ses parcelles éthiques afin de prendre conscience de soi, donnant ainsi corps à une mission historique, autour de mythes fondateurs, de valeurs aristocratiques, et d'un sens du sacré. Il n'y a guère centralisation étatique froide, mais configuration radicale inclinant à unir le peuple non par la loi abstraite, mais par une volonté de puissance et un destin collectifs ainsi qu'une hiérarchie redéfinie - pas seulement en termes juridiques, mais suivant des critères spirituels et raciaux. A contrario, le « totalitarisme » jacobin représente une mécanique centralisatrice, dépourvue de toute dimension spirituelle ou organique, qui réduit l’homme à un simple rouage dans la machine d’État, soumis à des normes universelles et abstraites. Le fascisme, lui, rejette cette universalité niveleuse pour affirmer une identité organique et exclusive, enracinée dans la terre, le sang et la tradition. Le jacobinisme impose un pouvoir abstrait et bureaucratique, tandis que le fascisme incarne un pouvoir charismatique, mythique, lié à une vision spirituelle et sacrificielle. Le jacobinisme détruit les anciennes hiérarchies et particularismes, quand le fascisme cherche à les sublimer et à les réinterpréter sous un prisme nouveau, souvent mystique, mais toujours sacré. Pour le jacobinisme, l’individu est citoyen universel, atomisé dans la loi, alors que pour le fascisme, il est membre d’un organisme plus vaste, participant à une destinée. Tout ceci dénote un clivage totalitaire entre d'un côté, l'anthropocentrisme des « Lumières » (incluant sa progéniture métastatique : libéralisme, communisme) lui-même hérité de la sophistique protagoro-gorgienne, et d'un autre, le réalisme métaphysique (fascisme) tiré aussi bien du catholicisme (en particulier aristotélo-thomiste) que de l'idéalisme platonicien. Le savantasse infatué Alain de Benoist se plut, dans une verve à saveur nietzschéenne, à soulever la porosité des idéologies modernes au monothéisme, voyant dans ce dernier la genèse du totalitarisme sous toutes ses formes. Cette proposition n'est que partiellement vraie, dans la mesure où la gauche a déployé - en les dénaturant - les linéaments totalisants de la pensée chrétienne (universalité, normativité, ordre global) comme référentiel sécularisé en une morale humanitaire inversée, fondamentalement culpabilisatrice et cosmopolite. Et le fascisme, c'est-à-dire la droite non-réactionnaire, ne fît que s'enquérir à ravir ce totalitarisme - originellement chrétien - à l'altérité, en lui faisant recouvrer l'armature conceptuelle dont il fut dépouillé par le jacobinisme et ses succédanés.


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    […] Ordre d’Ancien régime, monarchie rénovée, fascisme : le glaive et l’autel ? […]


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    […] Ordre d’Ancien régime, monarchie rénovée du fascisme : le glaive et l’autel ? […]


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