• A quoi l’élection de Donald Trump peut-elle nous servir ? (Fide catholica)



    Une mise au point pratique et utile.

  • « Peut-être plus que jamais, une grande partie du monde, et tout spécialement l’Europe occidentale, a les yeux rivés sur l’élection américaine. En particulier sur Donald Trump. Il faut dire que la classe politique française est tombée à un tel niveau de médiocrité qu’on se prend à envier les passions américaines. Peut-être parce que l’enjeu est palpable, tandis qu’en Europe, on aurait presque tendance à croire notre sort scellé. A tel point que Donald Trump est devenu le président putatif, le leader par procuration d’une vaste nouvelle opinion publique à travers toute la vieille Europe décatie et décadente.

    Turning Point 2020

    Il faut dire aussi que cette élection américaine de 2020 a quelque chose de tout à fait unique, même pour l’histoire des Etats Unis. On sait que la course électorale américaine a toujours été une sorte de grand barnum, dans lequel les deux candidats rivalisent de grandiloquence ou de fausse modestie, mais avec toute la puissance du style de Broadway ou d’Hollywood. Mais là encore, cette élection de 2020 a quelque chose de spécial. Celle de 2016 l’était déjà. Après deux décennie de règne absolu du « deep state », des Bush, des Clinton et d’Obama, la candidature de Donald Trump surprit beaucoup de monde. Son élection stupéfia et sidéra l’establishment, bien au-delà des seuls Etats Unis.

    Certes, Donald Trump vient des grandes familles américaines. Mais il incarne aussi le business man typiquement new-yorkais. Il est à lui seul une sorte d’icône de l’Amérique contemporaine, bien plus que ne le furent les Clinton, et même peut être les Bush.

    Aussi, l’actuelle campagne électorale de 2020 revêt quelque chose d’unique. Elle semble être un tournant pour les USA, autant que pour le reste du monde, particulièrement l’Europe. Tous les observateurs admettent qu’ils n’ont jamais assisté à un tel phénomène, à une telle énergie.

    Depuis plusieurs jours, nous recevons ces images impressionnantes, ces foules gigantesques qui se massent aux meetings de Trump et qui déferlent des quatre coins des états, ces foules qui s’alignent sur des dizaines de kilomètres le long du trajet du président.

    Ces foules qui vont jusqu’à troller le piteux candidat Biden, en poursuivant son bus de campagne ou en lui réservant un accueil gentiment moqueur et tonitruant dans les localités où il se rend, et où à peine quelques dizaines de sympathisants démocrates, parfois moins, daignent venir l’écouter bafouiller derrière son masque.

    Nous sommes là face à un degré de popularité et d’enthousiasme qui a rarement été jamais observé dans l’histoire politique récente de l’occident.

    Cette énergie dépasse de loin les rives américaines : elle se ressent puissamment dans nos pays d’Europe occidentale, piégés et comme pieds et poings liés par une élite politique plus médiocre que jamais.

    Un président par procuration

    Dans un tel contexte, beaucoup de français ont les yeux rivés sur l’élection américaine et portent de grandes espérances sur la réélection de Trump. Mais quelles espérances au juste ?

    Si cette attente témoigne assurément d’un rejet complet de notre système politique tout entier, elle se porte parfois sur des désirs vagues et passionnels.

    On dit que Trump va « round up » toute l’élite pédocriminelle, qu’il va en finir avec l’état profond et qu’il va empêcher le « grand reset ». On pense que Trump va avoir pitié de nous, et va concocter un plan secret pour éjecter Macron et permettre la mise en place d’un gouvernement souverainiste en France.

    Ce sont là de belles rêveries, mais la réalité politique est toute autre. Quel intérêt Trump aurait-il de se soucier du sort d’une France qui n’a plus les moyens de sa totale souveraineté ?

    Il vaut mieux nous demander pourquoi nous devrions nous soucier de la réélection de Trump, dans notre situation actuelle.

    Nos intérêts

    1. La réélection de Donald Trump nous profite en premier lieu dans la mesure où elle profite objectivement aux intérêts de nos frères catholiques américains. Force est de constater que depuis son élection, de nets et d’inattendus progrès ont été obtenus, par exemple pour conduire aux conditions constitutionnelles d’une abolition du droit à l’avortement.
    2. Elle nous profite dans la mesure où elle continue de contribuer à renverser l’emprise du libéralisme culturel qui domine l’Occident depuis plusieurs décennies. La campagne de 2016 avait déjà permis un important sursaut moral intergénérationnel aux USA, avec l’émergence massive d’une nouvelle opinion publique américaine, en particulier chez les millenials et la génération Z. Cette tendance s’est sensiblement amplifiée en 2020 et elle a largement dépassé les frontières américaines. Certes, en raison d’une représentante trop faible et peut être trop féminine, la droite nationale française, la France n’a pas pu profiter électoralement de l’effet Trump en 2017. Néanmoins, l’actualité américaine des quatre dernières années a indubitablement contribué à conscientiser et à étendre encore davantage la nouvelle opinion publique, en particulier par le retentissement mondial de l’affaire Epstein.
    3. Elle nous profite, car Donald Trump a pour le moment tenu une ligne relativement isolationniste, non seulement vis-à-vis du Moyen Orient, mais notamment vis-à-vis de l’Europe. Candidat du slogan America First, Trump concentre une bonne partie de son action politique dans la défense de l’économie américaine. Ce qui s’est traduit notamment par un accroissement des tensions politiques avec la Chine, en grande partie sur des questions commerciales. Cette redirection majeure de la géopolitique américaine a confirmé une certaine rupture entre l’exécutif et « l’état profond ».
    4. Elle nous profite, car l’environnement politique américain a changé, et nous comptons désormais beaucoup d’alliés potentiels, fort influents.

    Ceci étant dit, ces effets positifs demeurent pour l’instant tout à fait virtuels. En effet, nous profiterons peu de ces opportunités dans la mesure où nous restons les captifs du régime actuel, et ceci vaut également pour d’autres pays d’Europe occidentale. Tout simplement : nous ne sommes pas au pouvoir.

    Problématiques françaises et européennes 

    Tandis que les Etats Unis expérimentent une tentative de sursaut civilisationnel tout à fait historique, la chimère des Etats Unis d’Europe qu’est « l’Union Européenne », conduit le vieux continent toujours plus vers le déclin, notamment en raison de l’inadéquation radicale de cette superstructure. En outre, malgré des divisions nouvelles et croissantes d’une société américaine qui a sensiblement changé au cours des trois dernières décennies, Trump parvient à réunir autour de lui un large et solide consensus autour d’un patriotisme tant politique qu’économique.

    A l’inverse, dans la société française, et malgré l’émergence massive d’une nouvelle opinion publique partageant globalement un certain nombre de constats, le consensus semble inatteignable, du moins par la voie électorale classique, étant donné la saturation de l’offre politique et les divisions propres à la société française.

    En somme, nous semblons pour le moment pris au piège, notamment au niveau national. Or, si Trump remporte les élections, il accomplira ses quatre dernières années de mandat. Mais qui prendra sa suite ? Il serait naïf d’imaginer que les forces libérales-démocrates et « l’état profond » ne mettront pas ces années à profit pour trouver une nouvelle stratégie, autre que recycler de vieux caciques du parti ou de fomenter des mouvements de protestation qui ont fini par se retourner contre eux.

    De plus, à quelques heures du jour fatidique, de nombreux observateurs craignent de violentes réactions, peu importe l’issue du résultat. A Washington, New York ou encore Boston, magasins, institutions et même la Maison Blanche, ont barricadé leurs bâtiments. Il faut néanmoins souligner que la menace est réelle. Après le mouvement de protestation Black Lives Matter et son lot de destructions, la gauche radicale dans son ensemble se prépare plus ou moins ouvertement à réitérer l’exercice ces prochains jours.

    In fine, l’ère Trump s’achèvera tôt ou tard et la continuité de sa politique reste à ce jour incertaine, tandis que l’oligarchie globaliste demeure plus établie que jamais en Europe.

    Prendre exemple

    Nous pouvons en revanche nous inspirer de certaines méthodes employées par Trump et ses spin-doctors. Issu de l’élite des milieux d’affaires, et ayant travaillé ses réseaux autant que son personnage depuis plusieurs décennies, Trump a gagné le soutien d’une partie considérable de l’économie réelle, de l’Amérique des entreprises, des industries, des travailleurs indépendants et des salariés de la classe moyenne.

    Il a en outre su capter l’énergie, les passions et les attentes de la nouvelle opinion publique. Enfin, et c’est un point crucial : sa grande fortune personnelle lui a permis de s’élever au-delà des antagonismes politiciens et d’approcher la fonction présidentielle avec une certaine indépendance d’esprit et d’action, là où la plupart des présidents américains de ces dernières décennies semblaient bien davantage tenus par des contingences et des intérêts particuliers.

    Il nous reste à trouver, en France, des conditions analogues, et adaptables à notre société. »

    A quoi l’élection de Donald Trump peut-elle nous servir ?


  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !