• L’Ave Maria d’Adrien Arcand

  • Voici un « Ave Maria » que vous pouvez réciter, en omettant la seule petite partie signalée (soulignée dans le texte), étant déconseillée par le chanoine qui suivait Adrien Arcand de près. Le militant national-socialiste chrétien canadien avait ses imperfections, ce qui ne retire rien à ses grands mérites d’homme politique et de foi :

    Je vous salue, Marie.

    Je vous salue, la belle entre les belles, la pure entre les pures.

    Je vous salue, enfant immaculée qui vient de naître, la seule des enfants des hommes qui, depuis Eve, ait été épargnée du péché originel.

    Je vous salue,  gentille fillette élevée dans le temple, sous l’aile protectrice de l’Esprit, votre époux Divin.

    Je vous salue, jeune vierge de quatorze ans, tellement blanche et tellement pure que Dieu Lui-même devait s’unir à votre chair pour former le corps humain de Son Fils, le Rédempteur, le Sauveur, le Juge des hommes.

    Je vous salue, fille parfaite du Père, en qui Il a mis de toute éternité Ses complaisances.

    Je vous salue, épouse immaculée de l’Esprit Saint, Lequel procède de l’amour du Père pour le Fils et de l’amour du Fils pour le Père : donc de l’Amour-Dieu Lui-même.

    Je vous salue, mère du Fils ; mère joyeuse de la Nativité, mère souffrante de la Passion, mère triomphante de la Résurrection, mère glorifiée de l’Assomption.

    Je vous salue, fille-épouse-mère de Dieu. C’est le plus ineffable et le plus charmant mystère qui soit en vous, ô Marie. Aucune autre créature ne fut et ne sera jamais digne et capable de ce triple rôle de fille-épouse-mère d’un même être, et encore moins de Dieu : c’est contre la Loi. Il fallait donc que l’intervention personnelle et immédiate de Dieu, auteur et maître de la Loi, pour vous combler de cette gloire unique.

    Et il fallait que Dieu Lui-même fut l’objet de votre filiation, de votre union et de votre maternité pour que ce fût possible. L’Ave Maria devrais être repris et complété afin qu’on vous chante, vous bénisse et vous glorifie dans le triple mystère dont vous êtes le sujet, et qu’on chante ainsi la deuxième strophe du doux Ave Maria :

    Sainte Marie, Fille parfaite du Père, Épouse du Saint-Esprit, Mère du Fils, priez pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

    Je vous salue, Marie, apothéose et glorification de la création rachetée.

    Je vous salue, Marie, revanche de l’humanité déchue, car c’est grâce à vous que le Sauveur a pu nous être donné. Si, lorsque l’archange Gabriel fut envoyé par Dieu pour chercher votre réponse, vous aviez refusé de servir, comme le fit Eve notre mère commune, combien de siècles encore aurait-il fallu attendre le Promis si désiré ? Comme Lucifer dans les premiers temps, Eve céda à la tentation de devenir comme Lui, d’être au-dessus de la création, de n’avoir plus à Le servir, afin de se faire servir elle-même. Vous, ô Marie, n’avez pas hésité un seul instant à vous proclamer la servante du Seigneur, à vous soumettre à Sa volonté.

    Je vous salue, Marie, plus grande qu’Eve dans sa splendeur première, car vous ne deviez pas tomber ; vous deviez vous-même devenir un tabernacle vivant du Rédempteur ; Son premier temple ; Son premier calice ; Son premier ciboire.

    Je vous salue, Marie, qui avez fourni au Sauveur des hommes la substance de Son sang, de Ses os, de Sa chair, de Son être physique tout entier ; et Qui, ressuscité et toujours vivant, est au ciel avec ce corps divinisé.

    Je vous salue, Marie, dont il me semble que je communie lorsque je communie au corps de Dieu votre fils ; car le sang et la chair dont Il nourrit ceux  qui ont faim et soif de vie, n’est-ce pas le sang et la chair qu’Il a tirés de vous, ô Mère compatissante et magnanime ?

    Je vous salue, Marie, qui, par anticipation de votre soumission en votre consentement de servir, avez été soustraite aux flétrissures du péché originel, et avez été ainsi élevée au-dessus de toute humanité, de toute race et nationalité.

    [Ne portant pas ce misérable fardeau qui nous afflige tous, vos pauvres enfants, vous n’avez en vous aucun atavisme de sang ou de race, aucune particularité de famille ou de nation. Vous ne fûtes d’aucune race, pas plus de la juive que d’aucune autre, parce que votre sang n’était pas du sang juif, mais du sang de toute perfection, du sang de la quintessence humaine comme l’était celui de la première Eve, qui n’était d’aucune race ou nation, matis dont sont toutes les races et nations.  Il fallait qu’il en fût ainsi pour que  le Sauveur fût, comme être humain, la perfection des hommes.] *(1)

    Et parce qu’il en était ainsi de vous, ô Marie, aucun être humain n’était d’essence assez pure et parfaite pour être uni à vous. Personne n’était digne de la Fille parfaite du Père, sauf Dieu Lui-même. Aucune autre que vous n’était digne d’être Mère de Dieu. Et il ne se pouvait pas que la Mère de Dieu eût connu d’autres époux que Dieu.

    Je vous salue, Marie, infaillible et immortelle enfant de la race humaine. Car, ô Marie, après votre réponse qui devait sceller le sort du genre humain : «Je suis la servante du Seigneur», vous ne pouviez plus faillir ni tomber dans l’imperfection : Dieu était en vous, comme Père, comme Époux, comme Fils.

    Immortelle, ô Marie, car ne portant pas la faute originelle, vous n’avez pas porté la sentence«Tu mourras de mort».

    Non, cette sentence ne pouvait frapper la Fille parfaite, l’Épouse, la Mère de Dieu, vous n’êtes pas morte, car vous n’avez pas eu besoin de résurrection pour monter au ciel avec votre corps triomphant. Votre assomption, dans une apothéose béatifique de tous les glorifiés, fut l’entrée vivante du ciel d’un corps que la terre déchue ne pouvait prendre. Le Fils devait réserver à Sa Mère bien-aimée la même entrée triomphante qu’il fit Lui-même dans son royaume.

    Je vous salue, Marie, la seule de toutes les créatures humaines qui n’avez pas eu besoin du baptême ni du pardon.

    Je vous salue, Marie, qui glorifiez la race humaine dans le ciel. Grâce à vous, au-dessus des purs esprits, la race humaine tient dans la création dans le ciel, la première place après Dieu. Lucifer  fut autrefois le premier après Dieu ; en le conquérant, en lui écrasant la tête vous vous êtes rendue digne à sa place, et ainsi l’humanité est glorifiée par vous, élevé au-dessus de toute autre créature.

    En votre personne, la création humaine est reine du ciel et de toute autre création ; parce que, grâce à vous, règne au ciel un Dieu-Juge inséparablement uni à un corps humain.

    Je vous salue, Marie, devant qui tous les élus, purs esprits, prophètes, pontifes, martyrs, docteurs, apôtres, vierges, enfants sans tâche, âmes régénérées, s’inclinent avec respect et amour comme devant leur reine, leur mère et leur sœur.

    Je vous salue, Marie, seul trait d’union qui relie l’essence humaine créé à l’essence divine créatrice.

    Je vous salue, Marie, qui êtes au ciel avec un corps humain comme le nôtre, comme votre divin Fils. C’est une attestation de votre élévation que, seule avec l’Homme-Dieu, vous avez le privilège de régner dans Son royaume avec un corps humain. Et là, vous avez des attitudes humaines comme Lui, dont vous avez voulu être sa servante.

    Et là, vous avez, comme Lui, des oreilles humaines qui peuvent entendre notre voix humaine ; vous avez des yeux humains qui peuvent voir nos supplications, nos bras tendus vers vous, ô bonne Mère.

    Je vous salue, Marie, mère de Dieu mais aussi Mère de l’humanité depuis que Jésus, du haut de sa croix, vous avez donnée comme Mère aux hommes. Ô Marie, sœurs de tous les êtres humains par la descendance d’Eve, ma sœur ; Mère humaine commune, ma Mère, vous par qui Dieu, Jésus, est notre frère en humanité, je vous bénis !

    Je vous salue, Marie, don de Dieu à l’humanité affligée. Car si Dieu nous a donné Sa vie, Sa grâce, Sa chair et Son sang. Il nous a aussi donné Sa mère, à l’heure de son agonie.

    Je vous salue, Marie, médiatrice parfaite entre Dieu et les hommes. Si Dieu ne peut rien refuser à Sa fille-épouse-mère, quelle certitude nous avons d’obtenir ce que nous demandons de Lui, dans le cadre de Sa volonté, quand c’est vous qui le demandez pour nous !

    Je vous salue, Marie, à qui, comme Jésus Lui-même je puis dire «Ma mère». C’est, ô Marie, le plus sublime privilège  de l’humanité de pouvoir, comme le Dieu Éternel, vous appeler sa mère. C’est par ce côté que, sur la terre et dans le ciel, la créature peut le plus étroitement se rapprocher de Son créateur.
     
    Je vous salue, Marie, objet des plus profonds mystères, source des plus grandes espérances, soutien de la plus robuste foi, prétexte du plus ardent amour, intermédiaire de tous les bienfaits divins.
     
    Priez pour nous, misérables pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort . Ainsi soit-il.

    Adrien Arcand – Mon livre d’heures.

    Serviam, la pensée politique d’Adrien Arcand – Anthologie – Annexe 1 Ave Maria – pages 311 à 315.

    (1) Le chanoine Panneton recommandait de supprimer ces deux phrases, estimant erronée la théorie voulant que la Très Sainte Vierge ne fût point de race juive et reprochant à Adrien Arcand d’oublier que « Dieu (était) assez puissant pour purifier par sa grâce même un sang plus ou moins contaminé par les faiblesse de certains ancêtres du Christ. »


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