• Giacomo Leopardi, pensée lyrique et patriotisme



    Le Dante du XIXème siècle italien.

  • Pour certains, il est l’Alighieri contemporain, notamment par son livre sur les Chants (Canti, 1831, Sopra il monumento di Dante). Il est également comparé à maints égards à Pétrarque ou à Blaise Pascal (version agnostique) par moment.

    Ce surdoué, réputé mélancolique, pessimiste et matérialiste grandit dans une Italie partagée entre le royaume des Deux-Siciles et les États pontificaux. En outre, les retombées internationales de la Révolution française commençaient à se faire ressentir.

    Dès l’âge de 20 ans, il lut tous les classiques et les modernes, sans dormir ni jouer la nuit venant. Formé à la littérature gréco-latine donc, il tenait aussi du classicisme italien, et influencera Nietzsche et Schopenhauer plus tard.

    C’est un rationaliste influencé par J-J Rousseau qui refusait l’idéalisme des Lumières, étant lui aussi un original. Admiratif de l’Antiquité, il est conscient des modifications qu’a amenées la rupture chrétienne par sa nouvelle conception du péché. Il est étiqueté réactionnaire malgré tout par son rejet du côté millénariste du progressisme et ses défenses pro-aristocratiques. Il est pour nous un moderne qui tenait de l’ancien monde, de l’Europe et du bassin méditerranéen, à l’instar de « Pic le gnostique » (sic), malgré les siècles écoulés.

    Son ouvrage « Il risorgimento » (renaissance, résurgence, etc), sera récupéré ultérieurement en science historique pour traiter de l’époque bourgeoise du XIXe siècle italien, grossièrement parlant.

    Néfaste ou incohérent pour les uns, génie pour les autres, toujours est-il qu’on lui reconnaîtra son héritage poétique, sa pensée lyrique et son travail philologique, ainsi que son originalité et sa haute culture qui tranche avec tous ces monuments de nullités à l’orgueil consommé sortant des fabriques de l’ENA, de Science Po et tutti quanti, dis-je, sans avoir cette curiosité nécessaire à tout apprentissage qui fortifie l’amour de la patrie et du patrimoine universel chez les sains d’esprit. La détestation des lois naturelles, des Français et des chrétiens apparait comme leur assurance-vie.

    Pour les Jean-Droite biberonnés aux seuls livres de Pierre Hillard (assez factuels, mais mêlés de conclusions curieuses par un manque de vision explicative du monde), n’ayez crainte d’étudier des auteurs variés, de façon distancée si nécessaire, car cela permet de voir la continuité de l’histoire et et de tirer un profit intellectuel et moral de chaque courant de pensée. C’est un peu comme avec la lecture de Victor Hugo, on peut le faire sans acquiescer à tout ce qu’il écrit, surtout pour ses prises de position philo-politiques par exemple. Idem avec les appartenances vraies ou supposées à la franc-maçonnerie de tel ou tel auteur : celles-ci ne changent rien à cette échelle pour la raison que les vertus naturelles peuvent être plus développées chez telle ou telle personne non-catholique).

    « Il est curieux de voir combien l’excellence adopte fréquemment les manières simples, alors que les manières simples passent si souvent pour un signe de médiocrité. »

    Les citations de Ouest-France.

    Enfin, nous vous recommandons à la lecture le dernier article plus exhaustif de Jeune Nation à propos de ce sublime et grand poète italien du XIXe siècle, hélas malvenu, souffreteux, malheureux et trop intelligent (à 16 ans, il commentait Plotin !), mais infiniment grand afin qu’il tînt et souffrît son adversité avec équanimité.

    Merci aux lamentables barjots-complots de ne pas bousiller nos algorithmes avec la – ô combien classique – réaction autistique de celui qui, au lieu de se former avec la littérature de tous les temps pour commencer, se jette immédiatement sur les titres bidons et sensationnels estampillés « illuminati aujourd’hui », « gnose intergalactique », « clones et sosies de Macron », « Trudeau et les réseaux pédo-satanistes », « Hitler, fils des Rothschild » et « supra-juifs, ou race extra-terrestre » (lol).

    Vers 1816, au fin fond d’une province pontificale d’Italie du Nord, un jeune homme mélancolique, pétri de lectures érudites, s’apprête sans espoir à l’« oeuvre de sa vie ». Ce jeune homme, c’est Giacomo Leopardi. Il écrit des poèmes renouant avec la plus haute tradition italienne, celle qui remonte à Pétrarque et au Tasse. En 1831 paraît la première édition des Canti. De la véhémence des premières canzones (À Angelo Mai, Brutus) aux méditations nocturnes des idylles (L’Infini, Le Soir du jour de fête, À la lune), en passant par les grands poèmes philosophiques (Le Genêt), le poète chante la solitude et l’exclusion, le temps répétitif et destructeur, le destin et la perte. Tour à tour élégiaque et révolté, nihiliste et exalté, Leopardi inaugure une forme nouvelle de lyrisme : du moi au nous, sa voix déplore au nom de tous la souffrance d’être. Ce recueil d’une noire beauté inspira des esprits aussi divers que Schopenhauer, Musset, Nietzsche et Giuseppe Ungaretti.

    IVème de couverture de ses Chants.


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  • 1 commentaire




    Le complotiste que je suis, sans rien préjuger du jugement des autres, ne vous reproche pas de louer les qualités littéraires d'un auteur dont vous dites vous-même qu'il fait, comme pour Hugo (comme pour quiconque, dirais-je), le critiquer en le lisant. | L'artifice de la rupture entre l'Antiquité et le christianisme, et le rejet du péché originel plus encore, sont vénéneux, mais chacun doit pouvoir juger par soi-même.| J'espère n'avoir pas gêné l'algorithme !


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